‹ Vie de Mgr de Laval [microforme]Chapitre 129 sur 163 · CE SR SSI RS SRE ER ESC PS · texte numérisé non relu

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t— Relations des jesuites, 1668,

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Un jour — c'était à la mission huronne, près de Québec — une pauvre sauvagesse, que l’on préparait depuis longtemps au baptême, tombe gravement malade ; on ne lui donne plus que quelques heures de vie. Elleavaitjusque-là refusé le baptême, dans la crainte que ce sacrement n’abrégeñt ses jours. $e voyant près de mourir, elle consent enfin à être baptisée.

‘ Dieu, dit la Relation, voulant la retirer entièrement de son erreur, permit que ces eaux sacrées lui fussent salutaires en même temps et pour l’âme et pour le corps. Cette guérison si inespérée lui äonna de si hauts sentiments de la Foi, et la mit dans un train de dévotion si rare, qu’elle ne marchait dans les rues qu’en récitant son chapelet, et servait d'exemple même aux plus ferventes de cette Eglise. ”

Ta fière de l’Incarnation raconte un autre fait non moins merveilleux :

‘ Un enfant mourut, dit-elle, après avoir reçu le saint baptême ; et comme la terre était toute couverte de neige, en sorte que ses parents ne le pouvaient mettre en terre, ils l’élevèrent en l'air sur un échafaud, selon leur coutume, et, pour lui faire honneur, l’ornèreut et entourèrent de peaux et de porcelaine.

‘* Une nuit, les loups affamés sentant l’odeur d’un corps mort, sortirent du bois et montèrent sur l’échafaud. Ils dévorèrent les peaux, les porcelaines et tout ce qui ornaït l'enfant, mais ne touchèrent point à ce petit ange. Le matin, les sauvages vinrent voir cette merveille, et tous commencèrent à louer et à estimer le saint baptême.

‘t Ce miracle, ajoute la Mère de l’Incarnation, n’a pas seulement eu son effet au lieu où il est arrivé; mais s'étant répandu dans les nations voisines, il a donné partout un grand crédit à la Foi 1,”

C'est ainsi que Dieu, par des prodiges éclatants, appuyait d'enseignement de l’évêque de Pétrée et de ses missionmaires. Aussi la Religion exerçait-elle partout un salutaire empire sur les âmes.

À quelques centaines de lieues à l’ouest de Québec, sur les bords Ces grands lacs Huron et Supérieur, quelques jésuites rivalisaient de zèle avec leurs confrères des mis- ‘sions iroquoises, et évangélisaient les Outaouais ou Algonquins supérieurs. Il y avait là, sur une immense étendue de terre, une dizaine de missions florissantes, dont les principales étaient celles du Saut-Saïinte- Marie, du Saint- Esprit, et de Michillimakinac.

Les jésuites avaient même pénétré plus loin encore, et -porté le flambeau de la Foi jusque chez la nation x Feu; tandis que le P. Albonel, prenant une direction tout opposée, s'était rendu jusqu’à la baie d'Hudson, en passant par Tadoussac et la vallée du Saguenay, et avait pris possession, au nom de Dieu et du roi de France, de ces vastes æxégions du nord.

En Les de Québec, à l'embouchure du Saguenay, floris- “sait la mission de Tadoussac ; et plus loin encore, sur la rive nord du Saint-Laurent, les tribus errantes des Papi-

1 — Lettre historique 84e.

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