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nachois, ou sauvages au sourire continuel, se réunissaient chaque année pour entendre la parole de Dieu, puis se dispersaient, et allaient ensuite porter eux-mêmes cette divine parole à leurs frères.
Ces Papinachois étaient de véritables apôtres. Une fois qu'ils avaient reçu le baptême, rien ne pouvait les ébranler dans leur religion. Le P. Nouvel rencontre un jour un de ces sauvages, qui avait été baptisé à Chicoutimi six ans auparavant, et l’interroge sur l’état de son âme: ‘‘ Je n'ai vu qu’une seule fois les Français depuis mon baptôme, répliqua-t-il; et après avoir été instruit et baptisé par le P. Druillettes, je me suis abstenu, depuis, de recourir au démon. J'ai toujours fait la prière qu’il m’a enseignée, et je compte le matin sur mes doigts les dix fois que je dis : Vous qui avez tout fait, ayez pitié de moi; et le soir, je répète cinq fois la même prière.”
Le P. Dablon, résumant dans l'automne de 1671 le travail des missions sauvages, écrivait :
‘Nous pouvons dire que le flambeau de la Foi éclaire à présent les quatre parties de ce nouveau monde. Plus de sept cents baptêmes ont consacré, cette année, toutes nos forêts. Plus de vingt missions différentes occupent incessamment nos Pères parmi plus de vingt diverses nations; et les chapelles, érigées dans les pays les plus éloignés d'ici, se trouvent presque tous les jours remplies de ces pauvres barbares, dans quelques-unes desquelles il s’est fait quelquefois dix, vingt et trente baptêmes en une seule occasion 1.”
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1 — Relations des jésuites, 1671.
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Un jour — c'était le 4 juin 1671 — un grand spectacle fut donné aux sauvages de l'Ouest, sur une éminence de Ia bourgade du Saut-Sainte-Marie. ‘‘ On avait convoqué, dit la Relation, les peuples d’alentour, de plus de cent lieues à la ronde, et il y avait des ambassadeurs qui représentaient quatorze nations différentes. ”
Une foule immense était répandue dans la plaine; et, sur la colline, M. de Luçon, venu pour prendre possession de ces contrées au nom du roi de France, plantait solennellement la croix, et y arborait ausei les armes royales.
‘La croix, dit la Relation, fut publiquement bénite, avec toutes les cérémonies de l'Eglise, par le supérieur de ces missions ; et pendant qu'on l’élevait pour la planter, on chanta le Vexilla Regis, que bon nombre de Français entonnèrent, àlagrandeadmiration des sauvages... Ensuite, l’écusson de Ja France ayant été attaché à un poteau de cèdre, fut aussi élevé au-dessus de la croix, pendant qu’on chantait l’Exaudiat, et qu’on priait en ce bout du monde pour la personne sacrée de Sa Majesté.”
Alors le P. Allouez, prenant la parole, électrise les sauvages par les accents enflammés de sa voix :
‘ Jetez les yeux, dit-il, sur la croix, qui est élevée si haut au-dessus de vos têtes: c’est là que Jésus-Christ, Fils de Dieu, fait homme pour l'amour des hommes, a voulu être attaché et mourir, afin de satisfaire à son Père éternel pour nos péchés. Il est le maître de notre vie, le maître du ciel, de la terre et des enfers. C’est Celui dont je vous parle sans cesse, et dont j’ai porté le nom et la parole en toutes ces contrées.
| spectacle fut ‘ Mais voyez minence de la convoqué, dit de cent lieues représentaient
en même temps cet autre poteau, où sont suspendues les armes du grand capitaine de la France, que nous appelons le Roi. Ce grand chef habite au delà des mers : il est le capitaine des plus grands capitaines, et n’a point son pareil au monde. Tous les capitaines que vous avez jamais vus, et dont vous avez entendu parler, ne sont que des enfants auprès de lui. Il est comme un grand arbre : les autres ne sont que de petites plantes, que l’on foule aux pieds en marchant.
‘* Vous connaissez Onontio, le célèbre capitaine de Québec; vous savez qu’il est la terreur des Iroquois : son nom seul les fait trembler, depuis qu'il a désolé leur pays et porté le feu dans leurs bourgades. Eh bien, il y a au delà des mers dix mille Onontios comme celui-là : ils ne sont que les soldats de ce grand capitaine, notre grand roi, dont je vous parle 1.” .
la plaine; et, dre possession plantait solenrmes royales.
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à ee ie is à bout du monde 4 C’est ainsi que les jésuites savaient accompagner de
l'accent du plus pur patriotisme l’enseignement religieux qu’ils donnaient aux sauvages. A l’exemple de Mgr de Laval, ils confondaient dans une même affection Dieu et : la France, et apprenaient aux sauvages à n’être pas seule- < . ment de bons chrétiens, mais des enfants soumis à levr ésus-Ohrist, F3 roi. Nous pourrons le constater encore d’une manière non
pommes, à voulu . . .
Père éternel . moins frappante au chapitre suivant. son Père € .
vie, le maître She lui dontje vous ? 1— Relations des jésuites, 1671. — Lettre historique 89e.
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