‹ Vie de Mgr de Laval [microforme]Chapitre 136 sur 163 · Histoire du Montréal · texte numérisé non relu

Histoire du Montréal

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accompagna M. Dollier dans sa mission. C'était un jeune homme de beaucoup de talents et d’espérances !; il rédigea un rapport du voyage, et dressa, avec M. Dollier, une carte du pays qu'ils reconnurent.

Nos deux missionnaires se rendirent jusqu’au la? Erié. Sur les rivages de ce lac, ils plantèrent une croix, au pied de laquelle fut placée une inscription portant que, l’an du salut 1669, s'étaient arrêtés en ce lieu deux missionnaires du séminaire de Montréal, accompagnés de sept autres Français, et que, les premiers de tous les Européens, ils avaient passé l’hiver sur les bords de ce lac. L'inscription était signée de MM. Dollier et de Galinée.

Elle ne portait pas le nom de La fSalie. Celui-ci s'était sans doute séparé de ses compagnons; car il fut rencontré sur la rivière des Outaouais, vers la fin de l'été 1669, dans un temps, par conséquent, où les deux missionnaires devaient être fort loin 2.

MM. Dollier et de Galinée ne purent accomplir leur principal dessein, qui était de descendre au Mississipi, en suivant la rivière Ohio. Ils revinrent à Montréal de bonne heure dans l'été de 1670; et, l’année suivante, M. Dollier accompagna M. de Courcelle dans son expédition à la baie de Quinté, sur le lac Ontario.

Les Iroquois, en effet, ne pouvaient se résigner à subir sans murmure le joug de la paix. Ils remuaient sans cesse,

1 — Malheureusement, il ne resta que trois ans au Canada, et retourna à Paris, où il mourut en 1678.

2 — Ferland, t. II, p. 72.

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s’attaquant non pas directement aux Français, mais aux sauvages qui étaient censés nos alliés. M. de Courcelle les ramenait toujours à la raison par des menaces 'salutaires, Au printemps de 1671, cependant, il jugea qu'il fallait faire quelque chose de plus, et prouver aux Iroquois que les Français pourraient bien, quand ils le jugeraient nécessaire, surmonter les difficultés du passage des rapides, et pénétrer dans leur pays par le lac Ontario, comme ils l’avaient déjà fait par la rivière Richelieu.

II fait donc préparer treize canots, avec un grand bateau plat pour transporter les provisions, puis s’embarque sur cette flottille avec cinquante-six hommes de choix, parmi lesquels M. de Varennes, gouverneur des Trois-Rivières, et M. Perrot, gouverneur de Montréal.

La flottille remonta les rapides du Saint-Laurent en moins de quinze jours !, et, au grand étonnement des sauvages, arriva heureusement à l’un des villages de la baie de Quinté.

‘{ Ce voyage, dit Jacques Viger, fait à l’improviste par une voie encore plus difficile que celle du Richelieu, surprit entièrement les Iroquois, qui virent leurs cantons exposés à nos attaques par deux côtés à Ja fois. Ils comprirent plus que jamais qu'il leur serait impossible de résister à une nation qui ne se laissait arrêter ni par les saisons, ni par les obstacles de la route ?.”

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1 — ‘* Du 2 au 16 juin, ” dit Jacques Viger.

2 — Histoire du Montréal, note, page 259.

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D’après Marie de l’Incarnation, M. de Courcelle avait accompli un coup de force, dont les sauvages eux-mêmes n'étaient pas capables : ‘‘ Il a pris avec lui, dit-elle, une troupe de Français, et s’est embarqué avec eux sur des canots qu’il a conduits par des rapides et bouillons, où jamais les sauvages n'avaient pu passer, quoiqu'’ils soient très habiles à canoter. Il arriva heureusement à Quinté.., et les Iroquois furent tellement effrayés, qu'après avoir longtemps tenu la main sur la bouche, pour marque de leur étonnement, ils s'écrièrent que les Français étaient des diables, qui venaient à bout de tout ce qu’ils voulaient, et qu'Onontio était l’intomparable 1.”

Cette démonstration de M. de Courcelle eut pour effet

de maintenir les Iroquois dans une salutaire terreur, et d'assurer pour quelques années la continuation de la paix, au grand avantage des missions.

1 — Lettre historique 89e.

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