ST AO PE SE ES ES
D, rs
tions. Rien de mieux équilibré que son esprit ; rien de plus sage et de plus raisonnable que sa doctrine.
Citons l’un des principaux chapitres de ces règlements
de Ia Sainte-Famille, celui qui expose quel doit être l'esprit de cette confrérie.
‘* L'esprit de la confrérie consiste à imiter les sacrées : personnes qui composent la sainte Famille, chacun selon | son état et sa condition.
‘‘ Les femmes auront un soin particulier d’imiter la sainte Vierge, qu’elles auront toujours devant les yeux, comme le modèle de leurs actions, et la considèreront comme leur supérieure et la règle de leur perfection ; étant assurées qu’elles seront de la sainte Famille, autant ., elles imiteront de plus près ses vertus. Les principales qu’elles doivent se proposer sont les suivantes :
‘1. Envers Dieu, la crainte de l’offenser ; la promptitude dans les choses où il va de son honneur et de son service ; une grande soumission et conformité à sa volonté, dans les accidents les plus fAcheux ; un p‘ofond respect pour toutes les choses saintes.
#9, Envers le mari, uw: amour sincère et cordiai, qui fasse qu'on ait un grand soin de tout ce qui le regarde, selon le temporel et le spirituel ; tâchant toujours de le gagner à Dieu par prières, bons exemples etautres moyens convenables : le respect, l’obéissance, la douceur et la patience à souffrir ses défauts et ses mauvaises humeurs.
“3, A l'égard des enfants, un grand soin de les élever dans la crainte de Dieu, de leur apprendre et de leur faire
‘dire tous les jours leurs prières; leur inspirer une grande horreur du péché; ne leur souffrir rien, où Dieu pourrait être offensé ; une grande douceur à les corriger, la patience à souffrir leurs petites faiblesses, envisageant sans cesse dans leurs personnes celles de l’enfant Jésus, dont ils sont les images vivantes; garder la netteté et la propreté dans leurs habits, évitant les ajustements qui ne servent qu’à nourrir la vanité des parents, et à l’inspirer aux enfants,
‘4, À l'égard des serviteurs, faire son possible pour qu'ils évitent le péché, et pour les rendre affectionnés au service de Dieu; ne pas permettre qu’ils prononcent de mauvaises paroles ; les faire prier Dieu en commun; les envoyer à confesse, au sermon, surtout au catéchisme, autant que faire se pourra ; leur payer exactement leurs gages; ne leur point donner occasion de murmurer et
d’offenser Dieu, mais les traiter avec amour.
‘5. Envers le prochain, la charité, la patience, la douceur, l’humilité, et tâcher toujours de le gagner à Dieu, en le retirant du péché par les bons discours, et les bons exemples, qui persuadent plus efficacement que les paroles.
« “6. À l'égard du ménage, un grand soin et une grande
vigilance, prenant garde que rien ne se perde ni ne se gâte
par sa faute, et une propreté sans affectation.
#7, À l'égard de soi-même, l'humilité, la douceur, la chasteté, la tempérance dans le boire et le manger, la modestie et la retenue en paroles, la simplicité en ses habits, y gardant la propreté, et y évitant la vanité et ce qui excède l’état et la condition; enfin, un très grand soin de
e grande pourrait \ patience sans cesse nt ils sont eté dans vent qu'à enfants.
sible pour ionnés au oncent de nmun ; les atéchisme, ment leurs rmurer et
ce, la douà Dieu, en et les bons les paroles.
ne grande i ne se gâte
ouceur, la manger, la cité en 568 hité et ce qui and soin de
se
retrancher tout ce que l’on connaîtra étre déplaisant à Dieu, et qui ne sera pas conforme à l'esprit de la sainte Famille, se disant souvent à soi-même: Comment est-ce. que la sainte Vierge agissait en cette occasion ? faisait-elle cela ? parlait-elle ainsi ? s’habillait-elle de cette sorte ? ‘Cette imitation est tellement essentielle, que si elle
manquait, l’on ne serait pas véritablement de la Sainte Famille, quoique l'on fit tout le reste; et au contraire, quand l’on omettrait le reste, pourvu que ce ne fût ni par mépris, ni par négligence, l’on serait encore de cette auguste- Famille, et ce d’autant plus que l’on imiterait de plus près : les vertus que l’on y remarque. Et pour rendre cette imitation parfaite, l’on doit considérer dans la personne du mari celle de saint Joseph, dans celle de la femme la sainte Vierge, dans les enfants l’enfant Jésus, dans les serviteurs les.saints Anges; et chacun se doit proposer d’imiter prircipalement la personne qu'il représente, pour rendre une sainte Famille accomplie. ”
On le voit, l’évêque de Pétrée n’est pas de ceux qui ‘‘ attachent des fardeaux pesants et qu’on ne peut porter, et les mettent sur les épaules des hommes 1.” Ce qu'ik propose aux associés de la Sainte-Famille, ce sont tout: simplement les devoirs de la vie chrétienne ordinaire. Seulement, pour les engager à les accomplir avec fidélité, il leur propose l’exemple de la sainte Famille. Votiä le. modèle qu’ils doivent imiter ; et c'est dans cette imitation, surtout, qu’il fait consister l’esprit de l’association.
1 — Matth., XXIIT, 4.
Les autres chapitres du règlement exposent le but et les pratiques de la confrérie, les qualités requises chez les personnes qui y seront admises, les dispositions nécessaires pour y entrer, le mode de réception, les raisons qui pourront faire exclure de la société, et enfin les différentes charges qu’on pourra être appelé à y remplir. Dans ces pages lumineuses et pleines de chaleur, c’est le même souffle de vraie et solide piété qui règne partout.
La confrérie de la Sainte-Famille ne tarda pas à se répandre dans beaucoup de paroisses du Canada, et y pro-
. duisit des effets merveilleux. Que ne pouvait-on pas attendre de mères chrétiennes qui se pénétraient bien de l'esprit de cette société, et s’efforçaient de modeler leur maison sur celle de Nazareth ?
M. Rémy, du séminaire de Saint-Sulpice de Montréal, vient un jour à Québec, et assiste à une assemblée de la Sainte-Famille. Il est tellement édifié des exemples de piété et de vertu dont il est témoin, qu’il prend la résolution d'établir la confrérie à Montréal, et communique son dessein à M. de Maizerets. Celui-ci le confirme dans son pieux projet, et l’engage à y travailler efficacement. De retour à Montréal, M. Rémy, avec l'agrément de M. Dollier, supérieur du séminaire, érige en effet la confrérie de la $Sainte-Famille et en devient le premier directeur.
Dieu bénit par des faveurs singulières la dévotion de la
-Sainte-Famiile. Elle était, à cette époque, plus générale peut-être encore que celle de la Bonne Saïnte-Anne; aussi en obtenait-on une protection toute spéciale. Marie de J’Incarnation raconte l’histoire d’une personne aveugle,
et les
z les
gaires pourrentes ns ces même
3 à se y pro- )n pas en de ler leur
nntréal, e de la ples de résoluque son jans son bnt. De Dollier, ie de la
bn de la générale Le: aussi arie de aveugle,
qui fut conduite à Sainte-Anne pour demander sa guérison. ‘® Mais cette grâce, dit-elle, était réservée à l’invocation. de la sainte Famille. La malade fut ramenée à Québec devant l’autel de ce nom, où la vue lui fut rendue t! .”
L'évêque de Pétrée avait fait graver des images de la sainte Famille. Il en distribua dans toute la colonie: ce qui ne contribua pas peu à augmenter la dévotion tant parmi les Français que parmi les sauvages.
‘ Depuis qu'or a introduit dans l'Eglise des Hurons de Québec, dit le P. Lalemant, une dévotion qui fait de grands fruits parmi les Français de ce pays, et qu'on leur a inspiré le dessein de régler leurs familles sur celle de Jésus, Marie et Joseph, on ne peut croire jusqu'où va la ferveur de ces pauvres barbares ?. ”
Sur les instantes prières des ecclésiastiques et des fidèles du Canada, Mgr de Laval avait permis, dès 1665, de célébrer la fête de la sainte Famille le 2e dimanche après l'Epiphanie, jour auquel le souverain pontife avait attaché une indulgence plénière pour ceux qui visiteraient la chapelle de la confrérie dans l’église paroissiale de Québec. On disait ce jour-là l'office et la messe de l’Annonciation de la sainte Vierge.
Mais, comme il songeait dès lors à établir la fête d’une manière permanente, il chargea MM. de Bernières et de Maizerets, ainsi que les PP. Dablon et Bouvart, de la. Compagnie de Jésus, de composer un office et une messe
1 — Lettre historique 71e, 2 — Relations des jésuites, 1654.
propres. Ces pieux théologiens se mirent à l’œuvre, et s’efforcèrent, chacun en leur particulier, d'exprimer de leur mieux les sentiments qu’ils désiraient inspirer à ceux
«qui réciteraient cet office.
Ce premier travail étant ébauché, ils en conférèrent
ans leur profonde humilité, jugèrent que leur ouvrage ne répondait pas à la dignité du sujet.
Ils convinrent avec l’évêque de s'adresser à M. de Santeuil, chanoïine de l’abbaye de Saint-Victor, à Paris, et lui -Æcrivirent pour le prier de corriger et de réformer ce qu'ils avaient essayé de faire en l'honneur de la sainte Famille. M. de Santeuil se trouva fort honoré de cette commission, -corrigea et mis dans un style plus élégant la prose et les
| | |à | ensembie, se communiquèrent ce qu’ils avaient fait, et,
hymnes, et les renvoya à Mgr de Laval. Le chant de la
-messe et de l'office fut composé par M. Martin 1.
Mgr de Laval établit canoniquement la fête de la sainte
Famille par son mandement du 4 novembre 1684, et
ordonna que l’on se servirait désormais de la nouvelle
messe et du nouv-l office. On ne voit pas que ces prières liturgiques aient été préalablement soumises au saint-siège, sans doute parce que à cette époque la chose n'était pas h« __ jugée de rigueur. Le prélat avait, dès le commencement, établi à Québec la liturgie et les cérémonies romaines; tout se faisait, dans son église et dans son séminaire
Es CAT
1 — Charies-Amador Martin, 2e prêtre canadien, fils d'Abraham Martin ct de Marguerite Langlois. Son office de la Sainte-Famille est “an monument de l'étude de la musique religieuse dans ce pays.
l’œuvre, et xprimer de jirer à ceux
conférèrent ent fait, et, ouvrage ne
M. de San- Paris, et lui ner ce qu'ils ite Famille.
commission, prose et les
chant de la
de la sainte bre 1684, et la nouvelle e ces prières u saint-siège, e n'était pas mencement, es romaines ; bn séminaire
fils d'Abraham nte-Famille est ce pays.
VIE DE MGR DE LAVAL 599 d’après les règles du Pontifical et du Bréviaire romains. Il était tout l'opposé de ce que l'on est convenu d'appeler gallican, et n'aurait pas manqué de soumettre à Rome l'office de la sainte Famille, s’il eût cru y être obligé 1,
L'indulgence plénière accordée à la confrérie de la Sainte-Famille était pour le 2 dimanche après l’Epiphanie. Comme ce jour ne convenait guère pour la célébration de la fête, à cause de la rigueur de la saison de l’hiver, on pria le souverain pontife de transférer l’indulgence au 3° dimanche après Pâques : ce qui fut accordé par le pape x é :. Innocent XT; et c'est aussi ce jour-là qui fut fixé par Mgr de Laval pour la fête de la sainte Famille 2.
La confrérie du scapulaire de Notre-Dame du Mont- Carmel fut érigée par le pieux prélat la même année (1665) que celle de la Sainte-Famille # Dans son mandement, il exhortait ‘‘ tous les fidèles de l’un et de l’autre sexe, à se mettre sous la protection spéciale de la sainte Vierge, en entrant dans cette confrérie, et à vivre conformément à l'esprit qu'elle requiert...”
Il avaït mis son église paroissiale sous lu protection de Marie Immaculée. En 1666, il fit enregistrer avec soin la formule du vœu que les jésuites du Canada avaient fait, trente ans auparavant, de jeûner tous les ans la veille de
1 — En 1865, Mgr Bourget, évèque de Montréal, obtint du saintsiège, pour son diocèse, l'approbation de l'office et de la messe de la al sainte Famille. Cette approbation fut étendue ensuite à tous les S. diocèses de la province de Quebec. » pot
2 — Depuis 1865, elle se célèure le 2e dimanche après Pâques.
3 — Cette érection confirm::c celle qui avait été faite en 1656 par le P. Poncet. He
600 VIE DE MGR DE LAVAL l’Immaculée Conception de la sainte Vierge, afin d’obtenir de cette bonne Mère la conversion des sauvages.
‘ Recevez donc, disait-il en terminant, Ô sainte et sacrée Reine des anges et des hommes, sous votre sainte protection, ces peuples désolés et abandonnés que nous vous présentons par les mains de votre glorieux époux et de vos fidèles serviteurs saint Ignace et saint François-Xavier, et de tous les anges gardiens et protecteurs de ces lieux, pour les offrir à votre bien-aimé Fils, à ce qu’il lui plaise les maintenir et conserver contre leurs ennemis, donner la connaissance de votre saint nom à ceux qui ne l’ont pas encore, et à tous la persévérance en sa sainte grâce et en son saint amour.”
Le 3 décembre 1667, Mgr de Laval, voulant encourager de plus en plus la dévotion à la bonne sainte Anne et à saint François-Xavier, ordonna de célébrer à l'avenir leurs fêtes. d'obligation. Le grand apôtre des Indes avait été choisi depuis longteinps déjà par les jésuites comme le second patron de notre pays; et il est probable que ce sont eux qui introduisirent au Canada la neuvaine en son honneur.
Quant à la dévotion à “ainte Anne, on peut dire qu’elle est vraiment la dévotion nationale des Canadiens. Le prélat avait lui-même la plus grande piété pour cette bonne mère, et fit plusieurs fois le pèlerinage à son sanctuaire vénéré. Il attribuait à la dévotion à sainte Anne les meilleurs succès de son épiscopat.
‘ Nous le confessons, dit-il, rien ne nous a aidé plus efficacement à soutenir le poids de la charge pastorale de
n d’obtees.
et sacrée te protecvous préet de vos Xavier, et eux, pour plaise les donner la e l’ont pas râce et en
ncourager Anne et à enir leurs y avait été comme le
que ce sont e en son
ire qu’elle idiens. Le ette bonne sanctuaire be les meil-
aidé plus astorale de
Là
cette Eglise naissante, que la dévotion spéciale que portent à sainte Anne tous les habitants de ce pays : dévotion qui, nous l’assurons avec certitude, les distingue de tous les autres peuples 1.”
Il voulut approuver solennellement un petit livre quefit paraître, vers cette époque (1667), un des prêtres de son séminaire, M. Thomas Morel. Dans cet opuscule, le zélé missionnaire de la côte Beaupré racontait les merveilles opérées au sanctuaire de la bonne sainte Anne, merveilles dont il avait été ‘‘ le témoin oculaire et bien informé. ”
‘ Comme Dieu a toujours choisi, disait M. Morel, quelques églises spécialement entre les autres, où, par l'intercession de la sainte Vierge, des anges et des saints, ilouvre largement le sein de ses miséricordes et fait quantité de miracles, qu’il n’opère pas ordinairement ailleurs, il semble aussi qu'il a voulu choisir de nos jours l'église de Sainte-Anne-du-Petit-Cap pour en faire un asile favorable et un refuge assuré aux chrétiens de ce nouveau monde, et qu'il a mis entre les mains de cette sainte un trésor de grâces et de bénédictions, qu’elle départ libéralement à ceux qui la réclament dévotement en ce lieu.
‘ C’est assurément pour cette même fin qu'il a imprimé dans les cœurs une dévotion singulière et une confiance extraordinaire en la protection de cette grande sainte : ce
1-— Approbation du ‘‘ Récit des merveilles arrivées en l'église de Sainte-Anne-du-Petit-Cap, côte de Beaupré, en la Nouvelle-France ”. Cot opuscule de M. Morel est, avec celui de M. de Muizerets ‘‘ La solide dévotion à la sainte Famille, publié à Paris en 1675 ”, l’un des plus anciens monuments de la littérature religieuse de ce pays.
qui fait que les peuples y recourent dans tous leurs besoins, et qu'ils en reçoivent des secours très signalés, comme nous le voyons dans les merveilles qui s’y sont opérées depuis six ans 1.”
La Mère de l’Incarnation, parlant à son tour du pèlerinage dela Bonne Sainte Anne, ne s'exprime pas avec moins d’admiration : ‘‘ À sept lieues d'ici, écrit-elle, il y a un bourg, appelé le Petit-Cap, où il y a une église de sainte Anne, dans laquelle Notre-Seigneur fait de grandes merveilles en faveur de cette sainte mère de la très sainte Vierge. On y voit marcher les paralytiques, les aveugles recevoir la vue, et les malades de quelque maladie que ce soit recouvrer la santé ?
Ces témoignages irréfutables, qui remontent à plus de deux siècles, semblent écrits d'aujourd'hui. Les milliers de pèlerins qui accourent chaque année de tous les endroits du pays, et même de l'étranger, au sanctuaire de sainte Anne, sont Jà pour attester que la dévotion à la grande thaumaturge va croissant de jour en jour, et que le bras de Dieu n’est pas raccourci.
La petite église, dont parle Marie de l’Incarnation, était cette chapelle en bois qui avait été commencée du temps de M. de Queylus. Mgr de ‘Laval s'occupa de la faire reconstruire, Grâce aux soins de M. Filion #, le nouveau
1 — Relations des jésuites, 1667.
2 — Lettre historique 71e, 30 septembre 1665.
3 — M. Filion se noya en 1679, et fut inhumé à Sninte-Anne dans l'église qu’il avait fait construire.
>esoins, ne nous depuis
1 pèleric moins y a un e sainte les mer- 3 sainte aveugles ie que ce
plus de milliers endroits le sainte
grande s le bras
ion, était u temps ) la faire nouveau
Anne dans
VIE DE MGR DE LAVAL 603 missionnaire de la côte de Beaupré, elle fut remplacée en 1675, par une belle grande église en pierre.
Il est probable que Mgr de ? .val ne fut pas étranger au titre de Sainte-Anne, qui fut donné au Fort bâti par M. de la Motte à l’entrée du lac Champlain. ‘ C’est à ce Fort, dit Jacques Viger, que se réfugiaient les voyageurs, surtout les missionnaires, quand ils étaient en route pour le pays des Iroquois, surpris par l'annonce d’une embuscade ou d’une incursion ennemie. ”
Ce Fort fut le rendez-vous général de l'armée que M. de Tracy conduisit au pays des Iroquois (1666) 1, Mgr de Laval, qui s’intéressait si vivement au succès de l’expédition, voulut la mettre sous la protection de sainte Anne, ainsi que le Fort d’où l’on devait partir. Le vice-roi et ses officiers étaient d’ailleurs bien disposés à seconder ses vues.
‘ La dévotion à cette grande sainte, dit Jacques Viger, était alors en pleine ferveur, et elle était justifiée par de nombreux miracles. MM. de Tracy, de Courcelle, et une trentaine d’autres personnes, parmi lesquelles devaient se trouver plusieurs officiers, venaient de faire le pèlerinage de Sainte-Anne, à la côte de Beaupré. Rien de plus naturel que de mettre la navigation du lac Champlain sous la protection de celle qui a toujours été regardée comme la patronne des marins ?. ”
C’est une considération analogue qui engagea Mgr de Laval à mettre sous la protection et le vocable de sainte
1 -— Relations des jésuites, 1666. à © — Histoire du Montréal, note, p. 206.
1 : bn": fils fs eme ni, te À M MANU AE. rt CV nt VE es Lt 3 1e iirÉemee ES
Anne une confrérie qu’il érigea à Québec pour les hommes de la classe ouvrière. Il l’attacha à la chapelle dédiée à cette grande sainte, dans sa cathédrale, et lui donna, en 1678, de sages et utiles règlements. Elle était le digne pendant de la Sainte-Famille.
La confrérie de Sainte-Anne était destinée, surtout, pour les menuisiers et les hommes de métier en général. On pouvait cependant y admettre des personnes de toute condition : le vice seul et le mauvais exemple en faisaient exclure.
C'était une véritable union de prières et de secours. spirituels. Elle était dirigée par un chapelain, assisté de deux maîtres-confrères, qui étaient élus d’unnée en année au scrutin secret. .
On payaiït un droit d'entrée, en se faisant inscrire comme membre, puis une redevance annuelle. Les revenus étaient employés à faire dire des messes et chanter des services pour les confrères défunts, puis à la décoration de la chapelle, qui était vraiment la chapelle des ouvriers.
Cette confrérie de Sainte-Anne était un lien merveilleux de bonne entente et de rapprochement pour la classe ouvrière. Elle était une source féconde d'encouragement, de progrès, de perfectionnement dans les différents métiers. On se réunissait, on se voyait, on s’entendait les uns les autres sur l’état des affaires, sur les prix du marché, sur tout e : qui rouvait intéresser l’avenir et le bien-être de la classe ouvrière. On apprenait à se connaître, mais surtout À pratiquer envers le prochain les grands devoirs de la charité et de la justice. On assistait.en corps aux services
1ommes lédiée à nna, en e digne
ut, pour ral. On ute confaisaient
secoursssisté de année au
ecomme hs étaient
services b la cha-
rveilleux la classe agement, s métiers.
s uns les rché, sur btre de la s surtout s de la L services
des confrères, aux messes de confrérie, aux assemblées. Ces réunions étaient un moyen puissant de dissiper bien des haines, d'opérer des réconciliations, d’abattre les mauvais instincts, de confirmer les bonnes résolutions. Le chapelain en profitait pour adresser aux ouvriers chrétiens cette parole évangélique qui les éclaire, qui ne les trompe jamais, et les maintient toujours dans les voies de ln sagesse 1. .
Mgr de Laval, en établissant cette confrérie de Sainte- Anne, n'avait pas seulement encouragé la piété, il avait fait une bonne œuvre sociale, qui témoignait de son zèle éclairé pour les intérêts de la classe ouvrière, et de cet esprit pratique dont il avait déjà fait preuve dans la création de la ferme modèle et de l’école des arts et métiers de Saint-Joachim.
ms
jt sg tStnsA Domini fidele, sapientiam præstans narvulis (Ps, XVIII, 8.)