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réunissait au faubourg Saint-Marceau, dans un jardin appartenant à l’un d’eux, où, après l’oraison, on prenait des récréations innocentes. C’est là surtout que François de Laval se lia étroitement avec M. de Maizerets. On était aussi dans l’usage de faire, le jeudi saint, une communion générale, de laver les pieds et de faire une exhortation à quarante pauvres, de leur donuer à dîner et de les servir à table. Ensuite ces pieux congréganistes mangeaient ensemble, et, avant de se séparer, s’embrassaient, en se disant, comme les premiers chrétiens : Cor unum et anima una 1. ”
On apprend un jour que le P. Alexandre de Rhodes, de la Compagnie de Jésus, vient d'arriver de l'extrémité des Indes, pour chercher des ecclésiastiques qui veuillent bien partager avec lui les périls de cette mission lointaine ; il est descendu au collège de Clermont. Pressés d'entendre de la bouche de ce saint apôtre le récit de ces travaux évangéliques, nos jeunes congréganistes conjurent le P, Bagot de leur procurer le bonheur de le voir. Le pieux directeur cède à leurs instances, et leur amène le P. de Rhodes. On ne put se lasser d’entendre cette parole vibrante, qui remuait profondément les cœurs, et de contempler ce visage amaigri par les fatigues du plus laborieux apostolat.
Touchés par la peinture que leur fitle saint missionnaire du triste état de tant de pauvres peuplades, qui n’atten-
1— Latour, p. 3.
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daient pour sortir de leur idolâtrie que des prêtres pour les instruire, nos pieux jeunes gens conçurent sérieusement le projet de tout quitter pour travailler, eux aussi, au salut des infidèles. Ceux qui se destinaient à l’état ecclésiastique — François de Laval était du nombre — en firent part au P. de Rhodes avec des sentiments d'enthousiasme qui l’émurent vivement. Il ne put s’empêcher de dire au P. Bagot, en les quittant: ‘Je viens de trouver dans ces jeunes gens des dispositions plus parfaites que celles que j'ai cherchées dans les séminaires et les autres lieux de l’Europe. ”
On peut dire que ce fut cette impression si vive et si profonde, produite dans l’âme de nos congréganistes par les entretiens du P. de Rhodes, qui donna lieu à l’établissement du séminaire des Missioss étrangères. M. de Meurs !, l’un des plus fervents, en fut, avec les abbés Gazil et Poitevin, le principal organisateur. Ce fut M. Pallu qui fut chargé par le P. Bagot ? de faire les règlements, lesquels furent approuvés par tous les membres 3.
Malheureusement, les désordres des guerres civiles (1652) dispersezont pour quelque temps cette petite communauté du faubourg Saint-Marceau; ses membres iront
1— Vincent de Meurs, né à Tourquedec, en Bretagne, mourut à Vieux-Château, en Brie, le 26 juin 1676.
2— ‘‘ Le P. Bagot voulut que chacun d’eux, sans rien communiquer aux autres, donnât par écrit ses idées. De tous ces projets, qui se trouvèrent à peu près semblables, M. Pallu par son ordre dressa des je 1e qi furent approuvées de tous.” (Latour)
— Vie de Henri-Marie Buudon.
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