Le lecteur v
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se réfugier en Normandie, au château de M. de Maizerets. Quand ils reviendront à Paris, au bout de quelques mois, ils se sépareront, et, quelques-uns d’entre eux, comme M. de Maiïzerets, préfèreront rester à l’ermitage de Caen 1. Le germe des Missions étrangères, cependant, est sûrement jeté dans la capitale de la France; il poussera bientôt, il grandira et deviendra un arbre vigoureux. Mais n’anticipons pas sur les événements. .
Nous avons laissé François de Laval au collège de Clermont, poursuivant avec ardeur ses études théologiques, et s’exerçant à la piété avec ses confrères dans la congrégation de la sainte Vierge. Pendant qu'il était ainsi tout à Dieu et au soin de son âme, deux événements douloureux vinrent successivement répandre le deuil dans sa famille, et mettre sa vocation à une grande épreuve.
Depuis la mort de Hugues de Laval, arrivée en 1636, Mme de Montigny, devenue tutrice de ses enfants, se reposait avec confiance sur les deux aînés pour soutenir la gloire et l'avenir de sa maison. Ceux-ci, fidèles aux traditions chevaleresques de leur famille, venaient de s’enrôler dans les armées de Condé et de Turenne, et les espérances de la mère allaient dépendre de la bonne ou de la mauvaise fortune de la guerro entreprise sur la frontière allemande,
Tout à coup, une nouvelle fatale lui arrive : son fils aîné vient de succomber, à la bataille de Fribourg (3 août 1644).
CE SE A PRE AO RER EE 1 — Le lecteur verra au ch. VI ce qu'était l’'ermitage de Caen,
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On connaît les détails de ce combat meurtrier, où tous ies efforts réunis des deux plus célèbres généraux de l’Europe réussirent à peine à remporter une victoire douteuse, qui coûta à la France des milliers de soldats et d'officiers, tombés sous les coups impitoyables de l’armée allemande, que commandait le vaillant général Mercy. À un moment donné, l’armée française, qui cherchait à reprendre Fribourg sur les Allemands, allait abandonner la partie et se retirer en désordre, lorsque Condé lance son bâton de commandement en dedans des fortifications, et, par cet acte d’audace, ranime l’ardeur de ses soldats, qui montent à l'assaut, et battent l'ennemi.
Je que la nouvelle de la mort de son fils dut répandre d’amertume dans l’âme de la mère, il est difficile de l’exprimer. Mais cette douleur et ce deuil n’étaient que le prélude d’une affliction non moins grande qui l’attendait encore. Un an après, jour pour jour, le 3 août 1645, son second fils tombait, à son tour, victime de sa bravoure et de son devoir, à la célèbre bataille de Nordlingen. Cette fois encore, 13 duc d’Enrhien n’acheta la victoire sur les Allemands qu’au prix a. plus grands sacrifices: quatre mille soldats français, au moins, étaient restés sur le champ de bataille, et parmi eux le chef de la maison de Laval-Montigny. Les Allemands avaient perdu presque autant de monde; et, ce qui aggravait leur position, leur général Mercy, l’illastre Mercy, était tombé mort au milieu de la mélée 1,