CHAPITRE SIXIÈME
François de Laval, à l’Ermitage de Cuen. — Réveil de piété, en France, dans la première moitié du dix-septième siècle. — M, de Bernières, sa vie, sa mort, ses avis spirituels. — Vertus pratiquées par François de Laval à l'Ermitage. — Il réforme une communauté religieuse daus la ville de Caen, et soutient les droits de l'hôpital de la même ville, — 1655-1658.
Nous sommes arrivés à une époque tien importante dans la carrière de François de Laval, à l’un de ces événe-
ments qui exercent une influence décisive sur l'esprit et. les destinées d’un homme ; nous voulons parler de son séjour à l’Ermitage de Caen !. Prêtre déjà depuis plus de six ans, ayant renoncé généreusement à l’une des plus honorables dignités ecclésiastiques, appelé par la Providence,
1 — Caen, chef-lieu du département du Calvados, est la ville savante et littéraire de la Normandie. Cette grande et belle cité est sivuée au confluent de l'Orne et de l'Odon, à quatre lieues de la mer, avec laquelle elle communique par un canal. On y trouve plusieurs beaux monuments : la cathédrale, qui renferme le tombeau de Guillaume le Conquéra.t, l'église de la Trinité, l'église de Saint-Pierre, l’hôtel Valois, où l’on a placé le musée et la bibliothèque Les foires de Caen sont très considérables ; celle du premier lundi du carême a pour objet les-chevaux de luxe. Caen ne date que du dixième siècle. Guillaume le Conquérant en fit une ville forte... Il y bâtit des monastères. (Malte-Brun.)
quoique sans le savoir, à l’un des apostolats les plus pénibles et les plus laborieux du dix-septième siècle, brûlant du désir de sauver les Ames, il avait besoin d'achever de sanctifier la sienne.
Ce travail, il est vrai, était déjà bien avancé. Formé depuis l’âge de neufans à l'école des fils de saint Ignace, cultivé, avec tous les soins que l'on donne à une plante de choix, par l'illustre P. Bagot, vivant sans cesse dans l'intimité d’amis les plus distingués par leur piété, l’atoé de Montigny était déjà arrivé à une grande perfection. Nous l'avons vu renoncer à toutes les espérances du monde, aux titres etau patrimoine desa famille, pour suivre exclusivement Jésus-Christ. Nous l'avons vu, dans son archidiaconé d’'Evreux, exercer ses fonctions ecclésiastiques avec une grande fidélité et beaucoup de zèle.
Mais plus est élevée la destinée d’un homme, plus sont grands les sacrifices auxquels Dieu l'appelle, plus aussi doit être éminente sa sainteté. François de Laval, appelé à l’apostolat et aux luttes héroïques du nouveau monde, destiné à une vie étonnante d’abnégation et d'épreuves de toutes sortes, avait besoin de mourir complètement à luimême, de détruire en lui jusqu'aux derniers germes de l'esprit du monde, pour ne garder que l'esprit intérieur de Jésus-Christ; il avait besoin de devenir un homme de Dieu, hom) Dei!, dans toute l'acceptioa du mot. La Providence, qui le destinait à une si sublime mission, voulut
1—2. Tim., III, 17.
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VIE DE MGR DE LAVAL 75 qu’il allât s’y préparer à l'une des plus grandes écoles de sainteté qui fussent alors, celle de M. de Bernières.
C’est une chose merveilleuse que le grand réveil de piété et d'esprit religieux qui se fit en France, dans la première moitié du dix-septième siècle. Dans toutes les classes de la société, depuis les plus humbles jusqu'aux plus nobles, depuis les plus pauvres jusqu'aux plus riches, il y eut comme une sainte émulation à faire le bien, à pratique: les bonnes œuvres, à secourir les misérables, à fonder toutes sortes d'institutions de charité, d'éducation, ou autres, et, ce qui est mieux encore, à se sanctifier soimême,
Qui n’admirerait une époque où l’on vit éclore à la fois tant de saints personnages, les Vincent de Paul!, les Surin, les Bourdoise, les de Condren, les Olier, les Eudes, les Boudon, les de Laval, les de Meurs, et une foule d’autres? La duchesse d’Aiguillon,; nièce de Richelieu, et fondatrice de l’Hôtel-Dieu de Québec, dont on a dit “qu'aucune bonne œuvre de son siècle ne lui avait été étrangère ? ,”’ dépensait à faire le bien son immense fortune, et sou exemple était imité par un grand nombre d'autres personnes de condition.
1— Saint Vincent de Paul naquit à Pouy, aux environs de Dax, le 24 avril 1576, et mourut à Paris, le 27 septembre 1660, à l’âge de quatre-vingt-quatre ans et demi. Il faisait partie du Conseil de conscience d'Anne d'Autriche, et n’a probablement pas été étranger à la ... de Mgr de Laval comme vicaire apostolique de la Nouvelle- France.
2 — Histoire manuscrite du séminaire de Quebe:, par l'abbé Taschereau, aujourd’hui S. Em. le cardinal Taschereau.
A ces grandes âmes le respect humain était inconnu. On:
tenait à honneur d’être vertueux, chrétien, fervent catholique, dévoué à la défense de la Religion. On aimait à fréquénter assidûment les églises. C’est à cette époque que l’on vit de hauts personnages, comme le baron de Renty!1, Henri de Lévis ?, duc de Ventadour et pair de France, M. de Sillery 3 , et bien d’autres, quitter le monde, même à un âge avancé, renoncer à leurs dignités et aux honneurs dont ils jouissaient, pour embrasser l’état ecclésiastique.
C’est aussi à cette époque que furent fondées tant de saintes et pieuses associations. Jéanne de Chantal venait de donner naissance à l’ordre de la Visitation. La vénérable Catherine du Bar fondait l'association des Filles du Saint-Sacrement, saint Vincent de Paul formait la célèbre congrégation des lazaristes, M. Olier, la société de Saint- Sulpice. Le séminaire des Missions étrangères prenait naissance, comme nous l'avons déjà vu, dans lu congrégation du P. Bagot, ‘‘ cette petit. :ource, a dit Boudon,
1 — L'Eglise du Canada trouva en lui un protecteur actif et généreux.
2 — Il fut vice-roi de la Nouvelle-France en 1625, embrassa plus tard l’état ecclésiastique, devint chanoine de N.-D. de Paris, et mourut le 14. octobre 1680, à l'âge de 84 ans. Sa femme se fit carmélite, du consentement de son mari, fonda un monastère à Chambéry, et mourut en odeur de sainteté le 18 janvier 1660, à l'âge de 49 ans.
3— M. de Sillery a donné son nom à un village près de Québec, “Noël Brûlart, commandeur de Sillery, adopta l’idée de former au Canada un village uniquement peuplé de sauvages chrétiens ou disposés à le devenir ; et ce village, bâti à une lieue de Québec, porte encore le nom de Sillery.”” {Essai sur l'influence de la Religion.)
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qui est devenue un grand fleuve, et dont les eaux jaillissantes se sont répandues jusqu'au Cainadw ?”
Une pareille écluosion de bonnes œuvres et de sociétés religieuses faisait honneur à l'Eglise de France. Il falhait que le soleil de la foi fût bien ardent, que la rosée de la piété répandue partout fût très abondante, et le terrain des âmes bien prépar4 par l'exercice des vertus chrétiennes, pour que cette Eglise pût récolter alors une si riche moisson,
Une des grandes particularités de cette époque si remarquable, c'est d’y voir un nombre considérable de laïques arrivés à une sainteté tellement éminente, que des ecclésiastiques eux-mêmes ne craignaient pas d’aller se mettre sous leur conduite, pour avancer de plus en plus dans la perfection.
Est-ce par humilité, est-ce par une défiance exagérée d'eux-mêmes !, ou plutôt par un mystérieux dessein de la Providence, que ces pieux laïques tenaient à rester dans le monde, pour y pratiquer la vertu à un degré qu’on s'attend plutôt à trouver généralement dans l’état religieux? La vertu elle-même, quelquefois, aime à ge faire illusion ; il semble, d’ailleurs, qu’elle nous éffraie moins, lorsqu'on la voit pratiquée, même d’une manière héroïque, dans le monde, que lorsqu'elle a revêtu les livrées ecclésiastiques.
1 — On a vu que c'est ce sentiment qui avait longtemps fait hésiter Boudon à entrer dans le sacerdoce.
Quoi qu'il en soit, ces pieux laïques ne manquaient pas de grouper bientôt autour d’eux un certain nombre de personnes, qui toutes se proposaient le même but: tendre à la perfection chrétienne. On se réunissait, on vivait autant que possible sous le même toit, on mettait en commun le peu de bien que l’on possédait, on se faisait un règlement, et, sous la conduite du chef de la communauté ainsi organisée, on s’efforçait de tendre à la vertu et à pratiquer toutes sortes de bonnes œuvres. (C'était l’ancienne vie cénobitique, pratiquée dans les conditions de la société nouvelle, mais avec non moins de fruits de gainteté que dans les preiniers siècles de l’Eglise.
C’est ainsi que se forma le célèbre ermitage de Caen, sous la conduite de M. de Bernières !. Hâtons-nous de faire connaître cet homme illustre, dont le nom, comme nous allons le voir, est intimement lié, à plus d’un titre, à l’histoire de l'Eglise du Canada.
Jean de Bernières de Louvigny naquit à Caen, en 1602, d’une famille distinguée. Il était trésorier de France, dans la généralité de Caen, comme Jérôme de la Dauversière, dons nuus avons déjà prononcé le nom, l’était à La Flèche pour la généralité de Tovrs 2. Il ne se maria point, et vécut dans la pratique de la plus haute piété et dans l’exercice des bonnes œuvres. Il avait eu quelque temps pour direc-
1 -— Il était l'oncle de M. Henri de Bernières, qui fut si longtemps
euré de Québec.
2 — Les généralités étaient les divisions financières de la Franc,
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teur le P. Jean Chrysostome de Saint-Lô, religieux du tiers ordre, homme intérieur et contemplatif, qui l'avait initié aux secrets de la vie spirituelle.
De Bernières s'était bâti à Caen une maison qu’il appelait l’Ermitage ; elle était située dans la cour même du couvi s des ursulines, dont sa sœur, Jourdaine de Bernières, était supérieure ! ; ce qui explique les rapports qu’il eut avec Mme de la Peltrie et les ursulines de Québec,
Il avait réuni dans son ermitage un petit nombre de ses amis, qui ne respiraient, comme lui, que le désir de 8e sanciifier et de s’immoler à la gloire de Dieu et au salut des âmes. Tous y vivaient uniquement occupés de leur sanctification, pratiquant l’oraison, et se tenant aussi constamment que possible en la présence de Dieu. M. de la Colombière appelait cette maison un paradis terrestre. “ C’est ainsi, dit-il, que j'appelle et qu’on doit appeler ce fameux Ermitage de Caen, où l’auteur séraphique du Chrétien intérieur changeait en anges tous ceux qui avaient le bonheur d’être les compagnons de sa solitude. Les occupations ordinaires de ce céleste séjour étaient la prière, la mortification, les entretiens spirituels. Les récréations étaient de travailler à l’hôpital, d’y servir les pauvres, de faire leurs lits, de panser leurs plaies ?. ”
1— Abeille, vol, Xi, p 10.— ‘‘ Sa naissance fut illustre et avantagi tant en noblesse qu'en vertu et sainteté, dout feu M. de Bernières heureuse mémoire, son très digne frère, est une preuve évidente, par sa vie et la sublinité de ses écrite.” (Archives du séminaire de
, Lettre circulaire sur la mort de Jourdaine de Bernières, supérieure et fondatrice des ursulines de Caen, Paris, 29 sept. Por } — Eloge funèbre.
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Voici quelle était à peu près la vie journalière des heureux habitants de l’ermitage. Chacun y avait sa petite cellule, On se levait de grand matin, et l’on faisait en commun une heure d’oraison. Puis l’on entendait la sainte messe, et l’on y faisait presque tous les jours la sainte communion. Ceux qui étaient prêtres pouvaient cependant aller dire la messe dans les différentes communautés de la ville ; car ce fat toujours un des principes de l’ermitage : joindre aux exercices de sa propre sanctification ceux qui' pouvaient rendre service au prochain. Les repas se prenaient en commun, et à des heures marquées.
Le reste de la journée se partageait entre les œuvres de piété personnelles, et les œuvres de charité pour le pro-
Chain. Voyait-on un pauvre dans la rue? on s’empressait
1a assister comme un des membres souffrants de Jésus- Christ. On visitait les malades, soit à domicile, soit dans les hôpitaux, et on leur rendait tous les soins possibles. Apprenait-on que quelque famille était dans la douleur? Vite, on allait lui porter les paroles de la consolation chrétienne. Le catéchisme aux enfants délaissés était une des œuvres favorites des disciples de M. de Bernières. En un mot, ils s'exerçaient à toutes ces actions de charité qui ont immortalisé, de nos jours, Ozanam et ses compagnons, et qui seraient la plus magnifique démonstration de la divinité de la religion chrétienne, si elle avait encore “besoin d’étre démentrée.
. “Autant que possible, on faisait tous les principaux exercices de piété en commun; mais on se réunissait au moins
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tous les soirs, pour ces entretienx: spirituels où M. de Bernières était passé maître, et où il inculquait à ses disciples, d’une manière admirable, la doctrine des conseils évangéliques. US
On vit successivement, ou à la fois, dans cet ermitage de M. de Bernières, les frères Dudouyt, les frères De Maizerets, M. de Mésy 1, M. de la Vigne, M. Merlot, M. Morel, M. Boudon, le baron de Renty, etc.
Nous ne savons à quelle date précise y alla résider François de Laval; mais il est probable que ce fut dans la première partie de 1655, immédiatement après son retour de Rome. Ayant renoncé définitivement à l’archidiaconé d'Evreux, et provisoirement du moins au vicariat apostolique du Tonkin, il alla s’enfermer dans cette solitude, pour s’y préparer aux desseins encore inconnus de la Frovidence sur lui, comme autrefois Ignace de Loyola dans la grotte de Manrèze, avant de foruer la Compagnie de Jésus, ou comme le Sauveur des hommes lui-même, dans le désert, avant d’inaugurer sa carrière évangélique.
Notre-Seigneur l’appelait à l’Ermitage pour qu'il y fit l'apprentissage du dévouement sacerdotal le plus parfait, et pour qu’il pût y rassasier cette faim et cette soif de la justice, dont son cœur était dévoré. C’est là que sa grande ‘âme, passionnée pour le sacrifice, s’ouvrit largement à la grâce, et reçutavec plénitude, comme autrefois les disciples dans le Cénacle, cet esprit apostolique qui devait paraître
1— Plus tard, gouverneur du Canada,
en lui avec tant d'éclat dans les vastes contrées de la Nouvelle-France. C’est là que fut jeté en terre ce grain de froment, qui devait être si fécond et se reproduire au centuple. “Après avoir passé dans cet ermitage trois années entières, consacrées à l'exercice de toutes les vertus sacerdotales, François de Laval devint un instrument docile, et prêt à tout entreprendre pour la gloire de Dieu.
‘Ici, dit un témoin ! dans le procès préliminaire de béatification, j'ai des raisons personnelles d’insister sur l'influence que cette sorte de noviciat à l’ermitage de Caen exerça sur le long et glorieux apostolat de Mgr de Laval. J'ai beaucoup connu M. de Bernières, qui était l’âme de cet ermitage, ou du moins j’ai eu l’occasion d'étudier beaucoup ses écrits, spécialement au séminaire de Saint-Sulpice, à Paris, où des séminaristes fervents ne pouvaient se lasser de lire son ouvrage du Chrétien intérieur ? ; et ils avaient sans cesse à la bunche, dans leurs entretiens, les sentences et les maximes de ce livre admirable. Aussi, avions-nous la plus haute idée de la sainteté et de la vertu de ce petit nombre d’âmes formées à une si belle école d’abnégation chrétienne etsacerdotale. Je ne connaissais pas alors Mgr de Laval. Depuis, ayant eu occasion delire l’histoire
1 — L'abbé Nercam, prêtre de Saint-Sulpice.
2 -- La première édition de cet ouvrage portait le titre d’Intérieur chrétien, st fut nubliée, non pas par M. de Bernières lui-même, mais par quelqu'un qui prétendait être l'écho de ses sentiments. Elle fut mise u : Index, à cause de certains passages qui sentaient le quiétisme.
11 parut, en 1781, une autro édition, sous le titre de Chrétien intérieur, dans laquelle on fit disparaître tous les ages incriminés. C’est de cette édition, sans doute, que parle M. Nercam.
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de sa vie et de ses œuvres, je dois avouer que j’y ai reconnu avec admiration la réalisation des préceptes et des conseils de la »lus haute perfection renfermés dans le Chrétien intérieur. ”?
On peut juger du degré de sainteté auquel arriva l’abbé de Montigny, à l’ermitage de Caen, par les œuvres qu’il y pratiquait 1, ; :
‘On le voyait, dans les hôpitaux, dit Latour, panser les plaies les plus dégoûtantes, rendre les plus bas services, et, par une mortification semblable à celle de saint François-Xavier, porter à sa bouche, serrer avec ses lèvres et sucer lentement les épingles et les bandages pleins de pus, faisant semblant, par humilité, de le faire sans attention, et seulement pour les tenir, tandis que ses mains travaillaient ailleurs. On l'a vu faire plusieurs longs pèlerinages à pied, sans argent, mendiant son pain, et cacher à dessein son nom, afin de ne rien perdre de la confusion, du mépris et des mauvais traitements ordinaires dans ces occasions, et qui ne lui furent pas épargnés. Il s’en félicitait comme les apôtres, et remerciait Dieu d’avoir quelque chose à souffrir pour son amour. ”
Les avis que M. de Bernières donnait à son disciple nous font bien voir la sûreté de sa doctrine, ainsi que le mérite de celui auquel il pouvait les adresser en toute confiance, et qui en a si bien profité dans toute sa conduite. “Soyez, lui disait-il, toujours content, même au milieu
1— ‘4 fructibus eorum cognoscetis eos. ” (Mauth., VII, 16.)
des revers: ne cherchant que Dieu, vous le trouvere: partout. — Attachez-vous à Dieu, plus encore qu’à l’œuvre de Dieu, et vous trouverez la paix du cœur. —1) y a dans notre âme une inclination à s’écouler en Dieu: il faut réveiller et entretenir cette tendance par des prières, des leetures spirituelles, des regards amoureux sur la vie et la passion de Jésus-Christ 1, ” |
M. de Bernières parlait évidemment à l’abbé de Montigny comme à un saint; et, en vérité, il fallait qu'il eût une haute opinion de la vertu de son disciple, pour lui tenir un pareil langage: preuve évidente des progrès que celui-ci
avait faits à l’école d’un tel maître.
Aussi la vénérable Marie de l’Incarnation disait-elle, quelque temps après l’arrivée de Mgr de Laval au Canada : “Notre prélat tient tout le pays en ac miration : il est intime ami de M. de Bernières, auprès duquel il a demeuré quatre ans par dévotion. Aussi ne faut-il pas s'étonner si, ayant fréquenté cette école, il est parvenu au sublime degré d’oraison où nous le voyons en
Voici encore quelques-unes des maximes spirituelles que M. de Bernières inculquait à ses disciples :
‘Il ne fant pas se produire avant le temps : ceux qui s’ex posent à travailler pour le prochain, sans être morts à eux-mêmes, font peu de fruit, et risquent de se perdre. —
On ne trouve la vie que dans la mort, l’être que dans le
1 — Latour.