Lettre historique 6e
de l'Ermi P e au Jansénisme,
néant l'orgu fumie:
fécond Christ, l'esprit Admi celui de Si, co:
de M. de étaient e prémuni:
tualité rm qu’ils ab Ments ne bien Lacd ce soit ; et
à-dire, ce
l’homme, :
inaccessibl] lui nos pass
M. dé Be avait comn
n, à Falaise
néant. — Fuyons tout ce qui a de l'éclat, tout ce qui nourrit, l'orgueil et l’amour propre. — L’abjection est comme le fumier de la vie spirituelle, qui engraisse la terre et la rend féconde. — Nous n’avons point de meilleur ami que Jésus- Christ. —Le propre intérêt est le plüs grand obstacle à l'esprit d’oraison !.”
Admirable enseignement, qui a toujours été, du reste, celui des saints, et ne pouvait produire que des saints.
Si, comme on le rapporte ? , quelques-uns des disciples de M. de Bernières, provoqués par les jansénistes dont ils étaient entourés, et contre lesquels ils ne pensaient qu’à se prémunir, tombèrent après sa mort dans des excès de spiritualité mal entendue, que condamna le saint-siège, c’est: qu’ils abusèrent de la doctrine de leur maître. Leurs égarements ne peuvent lui être imputés ; car, comme le dit si bien Lacordaire, ‘‘l’abus ne prouve rien contre quoi que ce soit ; et s’il fallait détruire tout ce dont on abuse, c’'està-dire, ce qui est bon en soi, et corrompu par la liberté de l'homme, Dieu lui-même devrait être arraché de son trône inaccessible, où trop souvent nous faisons asseoir près de lui nos passions et nos erreurs. ”?
M. dé Bernières mourut subitement le 19 mai 1659. ‘ Il avait communié le matin, dit Latour, comme il faisait
p— eh go coller périnenirreputiaiorentarseneicrmnnpinrrerhnentééniiteier RER ee
1 — Latour,
2 — ‘* Après la mort de M. de Bernières, les membres de la société de l'Ermitage devinrent des exaltés, et, sous prétexte de faire la guerre au jansénisme, firent des scènes regrettables, prêtres et laïques, à: Caen, à Falaise et à Séez, ” (Wie du P. Eudes, Paris, 1827.)
ES
habituellement, gagné l’indulgence dans l’église du Croisie, et assisté à la congrégation. Il fut à la récréation et à la prière du soir, comme à l'ordinaire. A peine fut-il retiré dans sa chambre pour se coucher, que son valet se mit à crier; on accourut, on le trouva assis à terre, près de son lit, les yeux levés vers le ciel, et rendant les derniers soupirs. ?
‘‘ Au milieu de la corruption du siècle, nous dit le P. Charlevoix, M. de Bernières était parvenu à ce qu’il y avait de plus sublime dans la vie mystique 1. ”
Mais il était aussi un homme d'action, un homme de bonnes œuvres. Le Canada, en particulier, fut l’objet de ses soins et de sa sollicitude, C’est grâce à lui que la vénérable Marie de \’Incarnation et Mme de la Peltrie purent réussir dans leur projet de fonder un monastère d'ursulines dans la Nouvelle-France. C’est pour réaliser leur pieux dessein qu’il entreprit un grand nombre de voyages, où sans doute il contracta le germe de la maladie dont il mourut; et l’on peut affirmer qu’il fut victime de son zèle pour le bien des âmes, et de son affection pour notre pays en particulier. Nous verrons que Mgr de Laval sut le reconnaître plus tard d’une manière publique au Canada ?.
1— Vie de la Mère de l'Incarnation.
2— M, de Bernières avait été inhumé dans la chapelle des ursulines de Caen. Cette chapelle n'ayant point été rouverte après la révolution, les restes de cet homme juste et ceux de sa sœur furent transportés en
(Abeille, vol, X
Pen.
Berniè;
de faire rempli, sur la v.
son mér très imp L'une religieux communes à l'Eglise Autant piété prim gloire, l’o autant ils introduisen minie qu’el
1807 dans l’ Sacré-Cœur. $e
Voici l'épitay
VIE DE MGR DE LAVAL 87 cp el bo NN RS
Pendant que l’abbé de Montigny demeurait chez-M. de Bernières, il eut occasion de rendre de grands services, et de faire éclater la prudence et la sagesse dont il était déjà rempli. L'évêque de Bayeux, dont la juridiction s’étendait sur la ville de Caen, et qui n'avait pas tardé de connaître son mérite, le chargea de mener à bonne fin deux affaires très importantes et en même temps très épineuses.
L'une de ces affaires était la réforme d’une maison de religieux. Le relâchement s'était introduit dans cette communauté; et l’on sait que rien n’est plus préjudiciable à l’Eglise que les désordres dans les maisons religieuses.
Autant les ordres religieux qui se conservent dans leurpiété primitive et dans l’observance de leurs règle: font la
gloire, l’ornement et la joie de l'épouse de Jés.__ Christ, autant ils la déshonorent quand le vice et la honte Ci 4 introduisent. Ce sont alors comme des stigmates d’ignominie qu’elle porte au front. Le libertin et l’impie se
CSSS mm nm en
1807 dans l’église de Saint-Jean, et enterrés en face de l'autel du Sacré-Cœur,
Voici l’épitaphe qui fut placée sur sa tombe : —
Ante hoc altare Jacet Vir sanctæ recordationis Joaunes de Bernières de Louvigny Pietate in Deum, charitate in pauperes Æyuè commendabilis Obdormivit in Domino Die 174 Maii anno 1659 Ætatis 67.
(Abeille, vol, XI, p. 40.)
réunissent pour lui tonne cet FAENANEE et répandre l’injure sur sa face bénie. Ce qui n’est qu’un désordre ordinaire dans le monde, devient, dans une maison religieuse, un non-sens et une abomination: Corruptio optimi pessima.
Le désordre est d’autant plus déplorable, qu’il est ordinairement très difficile de lui appliquer un remède efficace. Il faut, en effet, dans des cas semblables, beaucoup d’habileté pour découvrir la véritable source du mal, puisque tous les membres de la maison, depuis le supérieur jusqu’au plus humble des sujets, sont intéressés à la cacher. Quelle prudence et quel courage ne faut-il pas pour la faire disparaître, de manière qu’il n’y ait aucun scandale, et que le * remède ne soit pas pire que le mul!
François de Laval, par ses exhortations, ses exemples, ses prières et sa sagesse, vainquit tous les obstacles !, Ilse servit avec tact et prudence de l’autorité spirituelle que l’évêque de Bayeux lui avait confiée ; il appela même l’autorité séculière à son secours ?, et il fit si bien, dit M. de la Colombière, ‘‘ que d’une raison de trouble et de dissensions, il en fit une maison de paix, de piété et d’édification, ouvrage pour lequel il sera éternellement béni dans le ciel, tandis que le saint fondateur de la maison où il a établi la réforme, aura des enfants qui lui ressembleront, et qui auront une portion de son zèle 3, ”
1 — Latour.
2 — On le verra plus tard soutenir, au Canada, la doctrine, que l'Etat est obligé de:prêter main-forte à l'Eglise.
3 — Eloge funèbre.
La 8e défense Les ad:
religieu laïcisati congédie gages 1, d’injustis de ses dr fert du cl Le proj eux et la du roi, L'abbé « Cause des du crédit « son nom et roi et deg L'affaire croire au p religieuses leur admini.
AU service d avait re prés Le bien pul
1— Latour,
La seconde affaire qui occupa l’abbé de Montigny fut la défense d’un hôpital qui existait dans la ville de Caen. Les administrateurs laïques de l’hôpital, mécontents des religieuses qui en avaient la direction, —il paraît que la laïcisation des hôpitaux ne date pas d’hier — voulaient les congédier pour mettre à leur place des domestiques à gages !. On comprend tout ce que ce projet renfermait d’injustice, et pour :a communauté que l’on voulait priver de ses droits acquis, et pour les pauvres qui auraient souffert du changement à tous les points de vue. A
Le projet des administrateurs fit naître un procès entre eux et la communauté, et ce procès fut porté au Conseil du roi.
L'abbé de Montigny se charge de défendre lui-même la cause des religieuses hospitalières. Fort de l'influence et du crédit que peuvent lui donner à la Cour la noblesse de son nom et sa haute origine, il se rend à Paris auprès du roi et des ministres.
L'affaire n’était pas si facile à gagner qu’on pourrait le croire au premier abord. On avait prévenu contre les religieuses le Conseil de Sa Majesté, et rendu suspecte leur administration. Ces filles généreuses, toutes dévouées au service des pauvres par des vœux solennels, on les avait représentées comme ne cherchant qu’à s'enrichir. Le bien public, et surtout l'intérêt des malades et des
1— Latour.
indigents, assurait-on, demandaient qu’il y eût un changement, et que les hospitalières fussent mises de côté. “ Des princes mêmes, prévenus contre elles, dit M. de la Colombière, se déclaraient en faveur de leurs adversaires, et ôtaient aux gens de bien le courage et l’envie de soutenir la bonne cause des servantes de Dieu calomniées et opprimées. ”
Mais François de Laval, qui ne connut jamais la lâcheté ni la crainte, se présente courageusement à la Cour. Il expose devant le Conseil la justice de la cause des religieuses, et revendique complètement leurs droits. Il fait plus : il déclare la guerre à leurs adversaires: ‘Il va porter le flambeau dans la nuit de l'intrigue, dit M. de la Colombière, il tire le rideau, et découvre l'intérêt sordide de la cabale ; il désabuse les princes, il dessille les yeux aux magistrats. ” Il plaide, en un mot, la cause de l’hôpital avec tant de zèle et d’habileté, qu’il le sauve de l’inique spoliation font il était menacé.
‘Son zèle, ses sollicitations, son crédit obtinrent tout, dit Latour. Par arrêt, les religieuses furent maintenues.” La Cour leur donna raison contre les administrateurs laïques.
Cette victoire ramena le calme et la tranquillité dans
l'hôpital de Caen ; elle rendit la vie aux membres souffrants
de Jésus-Christ, et aux épouses du Sauveur la liberté de se dévouer comme auparavant à leur secours.
De retour à Caen, l’abbé de Montigny fut nommé con-
fesseur tecteur, La ma l'hôpital à Paris; proposé
me ee cc —
a me
fesseur de cette communauté dont il venait d’être le protecteur, et il la dirigea avec le plus grand fruit.
La manière sage et habile avec laquelle il avait défendu l'hôpital de Caen, l'avait fait connaître avantageusement à Paris; et lorsque, quelque temps après, son nom fut proposé pour l'évêché du Canada, la Cour était déjà favorablement disposée en sa faveur. Mais cette affaire demande à être prise d’un peu plus haut.
d'avoir Canada.
zèle et ( Nouvelle qui ne f mettait et religi
Nous telle qu
1 re À | l'Acadie, furent en (Eseai sw les jésuit France, & en 1632.
9 PAPE À) d'exécute l'üfluenc