‹ Vie de Mgr de Laval [microforme]Chapitre 43 sur 163 · EE EE · texte numérisé non relu

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auprès de ce pauvre malade sale, dégoûtant, malpropre, et qui sentait déjà la pourriture, lui prodiguer tous les services qu’il pouvait lui rendre, et lui laver même de ses propres mains les endroits où il devait recevoir les onctions sacrées.

Quelque temps après, donnant solennellement la confirmation aux Français dans l’église paroissiale, il voulut commencer toutes les cérémonies par quelques sauvages qu’il avait aussi à confirmer ; ‘‘ ce qu’il fit, dit le P. Lalemant, avec une grande joie, voyant à ses pieds et imposant les mains à des peuples qui, jamais depuis la naissance de l'Eglise, n'avaient reçu ce sacrement. ” x

On dirait que Mgr de Laval se regardait comme envoyé au Canada surtout pour les sauvages, et que la colonie française ne devait recevoir ses secours que comme la partie accessoire de son troupeau. ‘Je n’ai été envoyé qu'aux brebis perdues d3 la maison d'Israël, ” disait le Sauveur 1,

Les sauvages, oui, les sauvages, avant tout, voilà ceux à qui Mgr de Laval se croyait redevable, afin de procurer à ces nations barbares la dernière grâce de salut que Dieu, dans sa miséricorde, leur avait ménagée.

‘* Je ne puis vous dire, écrivait-il le 20 octobre 1659, la paix et la consolation de mon cœur, de me voir dans un lieu où je suis assuré que sa sainte volonté me veut, et où je suis en l’attente du moment précieux de lui sacrifier ma

1— Matth., XV, 24.

vie, pour le salut des âmes qui ont été depuis tant d’années l’objet de son amour. ”

Sa joie fut au comble, lorsque le 24 août il fut appelé à confirmer, dans l’église de l’Hôtel-Dieu, toute l'élite des chrétientés algonquines et huronnes. Il vit alors prosternés à ses pieds cent sauvages, qui se préparaient depuis huit jours dans la retraite et la prière à recevoir ce grand sacrement. Ces pauvres enfants des bois avaient presque tous fait des confessions générales, et le bonheur de l’âme se reflétait sur leurs figures. ‘‘ Pendant la cérémonie, dit le P. Lalemant, on loua Dieu en quatre langues différentes.” C’étaient, sans doute, l’algorquin, le huron, le français et le latin. Les Hurons et les Algonquins chantèrent à tour de rôle des cantiques spirituels, qui firent pleurer bien des assistants.

Ce fut dans la même circonstance que Mgr de Laval voulut administrer lui-même le saint baptême, avec toutes les solennités de l'Eglise, à un Huron, âgé de cinquante ans. Cet homme, après s'être échappé d’entre les mains des Iroquois qui le retenaient prisonnier depuis longtemps, était venu trouver à Québec la véritable liberté des enfants de Dieu.

L'évêque de Pétrée accompagna toutes ces cérémonies d’un de ces sermons dont il avait le secret, fait à la portée de ces pauvres gens, pour les animer à résister courageusement aux tentations du démon, et à supporter avec patience toutes les misères de cette vie, en vue d’une autre vie éternellement bienheureuse. Puis on introduisit les nouveaux confirmés dans la grande salle de l'hôpital, où les reli-

gieuse, régaler même le mon 1659, b C’est c'est su gagne l’ pas l’int.

l'instinct par la m dance del et de la v Compris, « après son dans une Hurons 8”

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VIE DE MGR DE LAVAL 161 gieuses avaient dressé des tables chargées de mets pour régaler ces sauvages ; et le prélat se mit à les servir luimême avec une humilité et une charité qui remplirent tout le monde d’admiration: ‘spectacle, dit la relation de 1659, bien agréable aux anges tutélaires de ce pays.”

C’est par tous les moyens légitimes de flatter les sens, c'est surtout par de grands et abondants festins, que l’on gagne l'affection des enfants des bois. Chez eux, ce n’est pas l'intelligence qui e:t développée, c’est la sensibilité et l'instinct. Il faut frapper leurs yeux et parler à leurs sens par la magnificence des cérémonies, par l'éclat et l’abondance des festins. C’est par là qu'ils jugent de la qualité et de la valeur des étrangers. Mgr de Laval l’avait si bien compris, qu’il voulut, dès le 22 juin, cinq jours seulement après son arrivée, donner un grand festin aux sauvages. dans une des salles du collège des jésuites. Algonquins et Hurons s’y trouvaient réunis.

Ce repas devait consister, sans doute, suivant les mœurs des sauvages, en une sagamité ! aussi riche que possible en huile, avec abondance de viandes: ours, chevreuil, caribou, castor, etc. ‘ Leurs plus grands festins, dit la rela-

tion de 1633, sont de graisse ou d'huile.” ;% ‘hien ne.

| devait pas avoir été épargné ; car, dit la relation de 1636,

“le chien est un mets aussi rare que délicieux pour les.

} Hurons, ”

“Le P. de Brébœuf parle d’une fête semblable, où

| vingt cerfs et quatre ours furent mis au feu dans trente

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