Histoire de l'Hôtel-Dieu de Québec
4 — ITistoire de la colonie fransaise, t. I, p. 359,
Il le fallait bien: l’autorité spirituelle de l’évêque de Pétrée s’imposait d'elle-même ; et de plus elle était appuyée par le bras séculier. Mgr de Laval avait les lettres patentes du roi, en date du 27 mars; et la reine mère, comme nous l’avons vu, avait écrit, le 81 mars, à M. D’Argenson, lui ordonnant d'empêcher qu'aucun ecclésiastique exerçit quelque acte de juridiction sans le consentement du vicaire apostolique, et même de faire repasser en France tous ceux qui refuseraient de se soumettre à son autorité: elle déclarait que telle était son intention et celle du roi son fils.
Il y a tout lieu de croire que, sans les efforts persistants de l’arck evêque de Rouen pour maintenir sa juridiction sur la Nouvelle-France, et la trop grande complaisance de certains personnages de la Cour pour ce prélat si haut placé et si influent, Mgr de Laval n’eût guère éprouvé de difficulté à faire reconnaître prowptement son autorité spirituelle au Canada.
M. de Queylus avait trop de sens et de vertu pour se rebeller contre la volonté bien déclarée du saint-siège. Aussi, lorsqu'il eut appris à Montréal l’arrivée du rouveau vicaire apostolique, il descendit à Québec pour lui rendre ses hommages. ‘“ Cet abbé, écrit Marie de l'Incarnation, est descendu de Montréal pour saluer notre prélat. Il était établi grand vicaire en ce lieu-là par Mgr l'archevêque de Rouen; mais aujourd'hui tout cela n’a plus lieu, et son autorité cesse !.