‹ Vie de Mgr de Laval [microforme]Chapitre 80 sur 163 · Matth., XXII · texte numérisé non relu

Matth., XXII

dait la petite mesure ordinaire, dont les personnes de probité et de conscience ont coutume de se servir envers leurs domestiques en ce pays; et tous ceux qui prétendraient, sous ce prétexte, user de quelque fraude et tromperie, en quelque rencontre que ce soit, se souviendront que rien ne peut être caché à Dieu, et que,trompant les hommes, cela n’empêcherait pas que sa malédiction et sa juste colère ne retombât sur eux.

‘Mais toujours l’on saura que lorsqu'il s'agira directement ou indirectement de la traite de pelleteries, souliers, et de quoi que ce soit, il ne sera aucunement permis de donner aucune boisson aux sauvages, non pas même ce petit coup, que dans les cas susdits, afin qu’on ne tombe point dans notre défense et excommunication. ”

On ne peut s'empêcher d'admirer la bonté de cœur de ce grand évêque, son esprit pratique et son désir de rester toujours dans les limites de la modération. Il ne s'était décidé à fulminer l’excommunication, que parce qu’il avait vu le penchant naturel des sauvages à l’ivrognerie, et les grands maux qui en résultaient. Il n’ignorait pas, en effet, que ce n’est pas l’usage de la boisson qui est péché, mais seulement l’abus qu’en fait la perversité des hommes. Un jour, les soldats du Fort ayant donné le pain bénit, le prélat, à qui ils en avaient porté un chanteau, leur envoya à son tour ‘‘deux pots d’eau-de-vie et deux livres de tabac 1,” Mais comme, pour les sauvages, l'usage de le

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