‹ Vie de Mgr de Laval, premier évêque de Québec et apôtre du Canada, 1622-1708Chapitre 14 sur 68 · CHAPITRE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE DEUXIÈME

François de Laval au collège de La Flèche. — 11 reçoit la tonsure à l’âge de neuf ans. — Il est admis dans # la congrégation du P. Bagot. —1631-1637.

François de Laval n’avait que neuf ans, lorsque ses parents, qui le destinaient à l’état ecclésiastique, l’envoyèrent au collège de La Flèche pour y faire ses études. La haute réputation de ce collège, leur vénération pour les pères jésuites qui le dirigeaient, les conseils, peut-être, de l’évêque d’Evreux leur firent choisir cette institution de préférence à toute autre, bien qu’elle fût assez éloignée de Montigny. C’était s’imposer, outre des dépenses considérables, le sacrifice pénible de ne voir l’enfant qu’à de rares intervalles : ils n’hésitèrent pas à le faire, afin de procurer aux belles facultés de son cœur et de son esprit toute la culture possible, et de développer ses heureuses dispositions à la vertu.

La Flèche est une jolie petite ville 1, agréablement situee sur la rive droite du Loir, au milieu d’un charmant vallon

1 — La ville de La Flèche n’est pas étrangère au Canada. Jérôme Le Royer de la Dauversière, l’organisateur de la Compagnie de Montréal, et l’on peut dire le véritable fondateur de cette ville, vivait a i

qu’entourent des coteaux chargés de vignes et de bocages. Elle est régulièrement bâtie ; ses rues sont larges et proprêsT Une promenade plantée d’ormes s’étend à l’extré- ”mité du port formé par le Loir, et le long du cours de cette rivière ; on y jouit d’une vue délicieuse.

Cette ville était, après le Béarn, le lieu de prédilection de Henri IV. “C’est là qu’il aimait à se délasser de ses fatigues militaires. C’est là qu’il avait fait bâtir (1603) pour les jésuite's — car ce huguenot converti, qui avait d’abord persécuté les jésuites, s’était sincèrement réconcilié avec eux x — le grand et magnifique collège que l’on y admire encore 2. L’édifice consiste en quatre corps de logis, renfermant cinq grandes cours. Il a vue, au nord, sur un parc splendide, entouré de murs très éleves. Au bout de la galerie qui y conduit, s’élève une belle statue de Henri IV. L’église affectée au collège est remarquable, et a beaucoup d’analogie avec celle du château de Versailles. Le cœur de Henri IV est là 3, précieusement con-

Flèche, et y exerçait les fonctions de trésorier du revenu royal. C’est lui aussi qui créa la communauté des religieuses de Saint- Joseph de La Flèche, d’où sont sorties les fondatrices de l’ Hôtel-Dieu de Montréal.

La Flèche est aussi .le lieu d’origine de la famille de Mgr l’évêque des Trois-Rivières. Le premier de ses ancêtres qui vint au Canada s’appelait Pierre Richer dit Laflèclie.

1 — Gaillard, Histoire de France.

2 — C’est aujourd’hui le prytanée pour les fils d’officiers morts sur le champ de bataille ou ayant bien mérité de la patrie. Il a été ainsi converti en école militaire en 1764.

3 — Le 4 juin, anniversaire de la translation du cœur de Henri IV au collège, il y avait exposition universelle des travaux scolaires de l’année. Cette fête s’appelait la Henriade. (Etudes religieuses des Pères de la Compagnie de Jésus , octobre 1889).

servé, avec celui de Marie de Médicis, dans une boîte en plomb doré b

Le collège des jésuites à La Flèche était très florissant : on y accourait de toutes les parties du royaume, et même des pays etrangers. Il y avait plus de quinze cents externes ; 1 internat ne comptait pas moins de trois cents pensionnaires1 2. Descartes fut élevé dans cette école, et il a écrit que nulle part on n’enseignait mieux la philosophie. C’est là aussi que fut formé Guillaume Rufin 3, qui servit Dieu des son enfance avec une ferveur si admirable, et a mérité d’être proposé aux jeunes gens comme un modèle de vertus chrétiennes.

Tel est l’endroit ou le jeune de Laval se vit transféré tout à coup pour y recevoir des pères jésuites le complément de cette bonne éducation qu’il avait déjà puisée au foyer paternel.

Lorsque h on arrache une plante du sol qui l’a vue naître, pour la fixer dans un autre lieu, il y a toujours à craindre qu’elle ne se fane et ne languisse. Il n’en fut rien pour le jeune de Laval, transplanté de la maison paternelle au collège de La Flèche. Il s’attacha bientôt à sa nouvelle demeure, et y prit de fortes racines. Les paysages si pittoresques, cette belle rivière, ce3 parcs superbes avec leurs arbres séculaires, le magnifique collège, liéglise, surtout,

1 — Jeanne. — Bescherelle.

2 — Etudes religieuses.

3 — Né à Laval en 1657, il mourut à la fleur de l’âge, le 15 août

OÙ les jésuites savaient si bien, comme partout ailleurs du reste, faire aimer le culte divin, tout dans cette ville était propre à captiver l’esprit du jeune de Laval et a ravir son imagination. Eloigné de sa famille, il retrouvait, dans les pères delà Compagnie de .Jésus, le dévouement et l’affection des parents chrétiens qu’il venait de quitter.

C’est une chose merveilleuse de voir comment la Providence dirigeait toutes les voies de François de Laval, de manière à assurer l’accomplissement de ses desseins sur lui. Il devait être le premier évêque du Canada. Elle le fait naître d’une des plus illustres familles de la France, celle des Montmorency, où la foi et la pieté étaient héréditaires. et dont le chef était précisément à cette époque (1622) le vice-roi de la Nouvelle-France h Puis elle confie son éducation aux jésuites, ces intré pides missionnaires de l’Amérique du Nord, ceux-là mêmes qui, après avoir connu ses talents et ses vertus, le proposeront pour être le fondateur de l’Eglise de la Nouvelle-France. Elle le met entre leurs mains, pour ainsi dire, afin qu’ils le façonnent, qu’ils le dirigent, qu’ils lui transmettent leur esprit apostolique. Un jour, il ira travailler cote a cote avec eux dans les missions du nouveau monde, et a son tour il leur communiquera la direction et la forme, que l’évêque seul, forma gregis 1 2, peut donner.

1 — La compagnie formée par le duc de Montmorency, en 1621, subsista jusqu’en 1627, et fut remplacée par la compagnie des Cent Associés. Le duc de Montmorency eut le titre de vice-roi de la Nouvelle-France de 1621 a 1625, et fut remplace par le duc de "V entadour. (Ferland, Cours d’histoire du Canada, t. I, p. 167.)

2— 1. Pierre, Y, 3.

Sous la conduite des maîtres éclairés qui dirigeaient alors le collège de La Flèche, François de Laval fit des progrès rapides dans l’étude des belles-lettres b Les fils de saint Ignace ont toujours été et sont encore les grands éducateurs de l’Europe moderne. Qui pourrait contester l’étendue et la profondeur de leur science, leur habileté à former des hommes et des chrétiens ? A leur école, le jeune de Laval développa le jugement sain et droit, perfectionna l’esprit lucide et éminemment pratique, acquit enfin les connaissances variées que l’on admira plus tard en lui 1 2.

Les nobles facultés de son cœur se développèrent surtout d’une manière merveilleuse ; sa piété se fortifia, et il acquit cet amour insatiable de la vertu, qu’il devait pousser un jour jusqu’à l’héroïsme. C’est au collège de La Flèche qu’il reçut les véritables germes de sa vocation au sacerdoce et à l’apostolat. C’est là qu’il apprit à vénérer et à aimer les admirables prêtres de la Compagnie de Jésus, dont il devait plus tard partager les labeurs et les mérites dans la Nouvelle- France. Son zèle et son affection pour les pères jésuites déborderont un jour de son cœur en traits

1 — Latour.

2 — “ On sait avec quelle sagacité ces religieux célébrés savaient distinguer parmi leurs élèves ceux que la nature et la grâce avaient doués de plus d’intelligence et de vertu ; quel zèle ils mettaient a développer en eux ces germes précieux, et par combien de soins ils les cultivaient selon les maximes et les principes qui ont toujours animé leur ordre. L’histoire de tant do grands hommes qui ont bri'lé dans l’Eglise depuis près de trois siècles, soit par la sainteté de leur vie et la pureté de leur doctrine, soit par l’élévation de leur génie et le sublime U3age qu’ils en ont fait, prouve assez cette vérité.^. ” ( Vie de Henri-Marie Boudon , Paris, 1837. )

de flammes, et il s’écriera, dans un de ses moments d’épanchement et d’admiration:

“ Dieu seul qui sonde les cœurs et les reins, et qui pénètre jusqu’au fond démon âme, sait combien j’ai d’obligation à votre Compagnie, qui m’a réchauffé dans son sein, lorsque j’étais enfant, qui m’a nourri de sa doctrine salutaire dans ma jeunesse, et qui depuis lors n’a cessé de m’encourager et cle me diriger... Je sens qu il m est impossible de rendre de dignes actions de grâces à des hommes qui m’ont appris à aimer Dieu et ont été mes guides dans la voie du salut et des vertus chrétiennes 1... ”

Il fit probablement sa première communion au collège; mais nous n’avons, malheureusement, aucun détail sur ce grand événement de sa vie. Nul doute qu’il se prépara avec beaucoup de soin à cette sainte action, et qu’il reçut Notre-Seigneur Jésus-Christ avec une grande pureté de cœur. “ Il commença dès ses plus tendres années l’étude de la perfection,” a dit de lui la sœur Juchereau de Saint- Ignace 2. Et l’abbé de Blampignon nous assure qu’il était déjà, au collège, un modèle de piété, et qu’il n’avait pas de plus grand bonheur que de s’approcher très souvent de la sainte eucharistie 3.

Il n’avait encore que neuf ans accomplis, lorsqu’il reçut la tonsure cléricale (1631), et entra, par conséquent, dans

1 — Lettre au P. Nickel, général de la Compagnie de Jésus, août

2 — Histoire de V Hôtel-Dieu de Québec.

5 — Devotissimum audiri apud omnes , et in susceptione sacramentorum frequentissimum. (Informations canoniques.)

l’état ecclésiastique L On n’avait pas hésité, à cause de sa vertu précoce, à lui conférer cet honneur, et à satisfaire ainsi les vœux et la piété de ses parents. C’était conforme, du reste, aux habitudes chrétiennes de l’époque. Les lamilles les plus illustres, dans ces âges de foi, tenaient à honneur de consacrer à Dieu et à l’Eglise, dès leur bas âge, ceux de leurs enfants qui paraissaient montrer les plus heureuses dispositions 1 2. On leur faisait donner la tonsure, on les revêtait, tout jeunes, de l’habit ecclésiastique, comme cela se pratique encore dans beaucoup de collèges de l’Italie et de l’Espagne. Ces nouveaux Eliacins grandissaient avec l’idée qu’ils n’appartenaient plus au monde, mais à l’Eglise, et trouvaient dans cette pensée une protection contre bien des dangers. Il va sans dire qu’ils étaient toujours libres, plus tard, de ratifier ou de résilier cet engagement préliminaire.

Lejeune de Laval fut admis de bonne heure dans la congrégation de la sainte Vierge, qui était composée des élèves les plus édifiants du collège. Elle fut pour lui la source de quelques-unes des meilleures grâces de sa vie.

C’est aux jésuites que l’on doit la création de ces admirables congrégations de Marie. La première naquit au collège Romain en 1563, et fut approuvée par le pape Grégoire XIII; ce fut sur son modèle que se formèrent toutes les

1 — Latour.

2 — “Il n’était point alors de famille recommandable qui ne payat son tribut au sacerdoce ou au cloître.” (Vie de Boudon.)

autres. Il n’y a guère aujourd’hui de collège ou de séminaire qui ne tienne à honneur d’avoir pour ses élèves une

congrégation de la sainte Vierge.

Le but des congrégations est de faire faire aux élèves des collèges, sous les auspices de Marie, des progrès dans les vertus et dans les sciences ; et pour cela il leur est recommandé de mener une vie pure, de fréquenter les sacrements, de s’adonner plus que les autres, et avec plus de ferveur, aux œuvres de la piété chrétienne ; en un mot, d’imiter autant que possible les beaux exemples de vertus que leur offre la vie de leur auguste patronne.

Du reste, les jésuites élargirent bientôt les cadres des congrégations pour pouvoir y admettre les différentes classes de la société. “ Des hommes du monde, des magistrats, des personnes éclairées briguaient l’avantage d être admis dans ces réunions, dont la piété était l’âme, et qui ajoutaient de nouveaux liens aux autres rapports d état et de société. L’honneur d’appartenir à ces congrégations, et le désir d’y conserver l’estime des confrères, suffisaient pour prévenir des écarts fâcheux ; et l’on se rappelle encoie que le commerce se faisait avec plus de loyauté dans les villes où existaient ces utiles associations. Les ouvriers et les artisans avaient aussi des réunions semblables, qui n’étaient pas moins avantageuses pour cette classe, et qui y maintenaient les habitudes domestiques et le goût des vertus privées, d’où dépend le bonheur des familles. Ainsi les jésuites, en travaillant pour la religion, travaillaient

en même temps pour l’Etat et pour les individus, et tous devaient recueillir le fruit de leur charité industrieuse h ” Pour que les congrégations de la sainte Vierge produisent tous les heureux fruits possibles, il faut qu’elles soient bien dirigées, que l’admission soit un honneur réservé aux plus dignes, et que le travail pieux et intelligent du directeur s’exerce avec amour sur ces éléments de choix, qu’il les façonne, les polisse et les taille, comme fait l’ouvrier pour les diamants, qu’il les prépare, enfin, aux fonctions auxquelles leurs talents et leur caractère

les destinent dans les différentes carrières de la vie. «

Heureuse la congrégation qui possède un pareil directeur ! Celle de La Flèche en avait un, dont le nom a traversé les siècles et est venu jusqu’à nous plein de douceur et de suavité.

Le P. Bagot1 2 était vraiment un homme de Dieu, et c’est à lui qu’on avait confié les jeunes congréganistes de La Flèche, pour les former aux bonnes mœurs et à la piété.

1 — Essai sur l'influence de la Religion. T, „

2 Le P. Jean Bagufc naquit à Rennes en 1580. Il fut successive¬

ment professeur de philosophie dans divers collèges de France, censeur des livres, et théologien du général des jcsmtes a Rome. 11 mourut supérieur de la maison professe de Pans en 16 .

Un de ses ouvrages, publié en 1655, avait pour titre: Defensedu droit épiscopal et de la liberté dont les fidèles puissent pour la messe et la confession ch précepte. L’auteur y soutenait, à l’encontre des jansénistes que l’on satisfait lu précepte de l’Eglise, en entendant une messe e dimanche, quand même ce ne serait pas la messe paroissiale, et que l’on peut aussi faire sa confession annuelle a, n importe quel pi etre approuvé. < )n aime à se rappeler que Mgr de Laval avait été forme à lFécole des jésuites et du P. Bagot, qui était tout 1 oppose du jansenisme.

Il mettait à ces sublimes fonctions tout son cœur et toute son âme.

Rien, dans son estime, ne lui paraissait préférable à la fonction de former les jeunes gens à la vertu, pas même l’important emploi, auquel il fut un jour appelé, de diriger la conscience du roi Louis XIII. A peine, en effet, ce monarque lui eû.t-il donne cette marque éclatante de confiance et d’estime, qu’il ne songea qu’à s’en dépouiller pour reprendre le soin de ses chers écoliers, et revint a La Flèche.

Le temps qu’il consacrait à la direction des jeunes gens lui paraissait toujours le mieux employé; quelque amour qu’il eût pour l’étude, il l’interrompait volontiers pour entendre un enfant qui réclamait son attention ; et, en remplissant ce devoir modeste, il croyait suivre l’ordre de Dieu. Voilà le directeur qu’avait à La Flèche le jeune de Laval, et qu’il retrouvera plus tard à Paris.

Parmi ses confrères dans la congrégation de la sainte Vierge, il y avait, entre beaucoup d’autres, Pallu x, qui devint évêque d’PIéliopolis, Chevreuil, le futur vicaire apostolique de la Chine, Boudon, le célèbre archidiacre d’Evreux, De Meurs et Fermanel, deux des fondateurs du séminaire des Missions étrangères, et Ango de Maizerets,

1 — L’abbé Pallu était fils d’un conseiller au présidial de Tours, et fut chanoine de l’église de Saint-Martin de Tours. Il était intime ami de Mgr de Laval ; et c’est peut-être sur sa recommandation que fut établie entre le séminaire de Québec et le chapitre de Tours cette union de prières qui a existé si longtemps.

l’un des futurs directeurs du séminaire de Québec. Quelle troupe de vaillants soldats ! Quelle admirable école de sainteté !

Un jour, — c’était en 1640, — le P. Bagot réunit les pieux congréganistes, et leur fait une exhortation pathétique sur les avantages des conférences spirituelles. Touchés de ce discours, ils prennent la résolution de s’assembler, autant que possible, chaque semaine, sous la direction de leur bon père. Us y furent fidèles. Dieu bénit ces assemblées ; on s’y édifiait les uns les autres, on se communiquait le feu sacré, on s’excitait à la vertu par de pieux entretiens h Beaucoup de généreuses résolutions furent prises, sans doute, dans ce petit cénacle de jeunes gens, où régnait une pieuse émulation à qui ferait le plus de sacrifices pour la gloire de Dieu 1 2.

Mais il est probable qu’entre tous, François de Laval n’était pas le moins vaillant ni le moins résolu pour le bien. On assure, en effet, que tout jeune il éprouvait déjà intérieurement un attrait souverain pour le travail des missions 3. Il pressentait, sans doute, l’ordre que Dieu

1 — “ La vertu des congréganistes se prouvait par des œuvres : on est profondément édifié de voir ces jeunes gens distribuant, chaque jour, aux nécessiteux des provisions à la sortie du collège, visitant les pauvres à domicile, consolant les prisonniers, rendant aux malades de l’hôpital les plus humbles offices, pour l’amour de Jésus-Christ. . .

( Etudes religieuses. )

2 — Latour.

3- — Voir plus loin Lettre de Louis XIV au pape Alexandre V 11, en 1657. D’après M. de la Colombière, le jeune de Laval se sentit même inspiré “ dès ses plus tendres années, de venir en Canada. (Eloge, 'funèbvé.) Cela n’a pas lieu de nous étonner. Dieu permet quelque-

devait lui donner un jour, comme autrefois à Abraham : “ Sortez de votre pays et de la maison de votre père, et venez dans la terre que je vous montrerai h ”

fois que ceux qui sont appelés à une grande mission en ont un pressentiment dès leur jeune âge. Ceux qui ont lu la Vie de Just de Bretenières, par Mgr D’Hulst, se rappellent sans doute la vocation extraordinaire que le jeune confesseur de la foi éprouva, dès l’âge de six ans, pour les missions lointaines de la Chine et de la Corée.

1 — Egredere de terra tua... et de domo palris tui, et veni in terrain quam moiustrabo tibi. (Genèse, XII, 1.). C’est le texte de l 'Eloge funèbre de Mgr de La val , par M. de la Colombière.

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