‹ Vie de Mgr de Laval, premier évêque de Québec et apôtre du Canada, 1622-1708Chapitre 31 sur 68 · Matth., XXVIII · texte numérisé non relu

Matth., XXVIII

Les Iroquois étaient “ un peuple féroce, très cruel et accoutumé à la guerre : leurs victoires les avaient rendus insolents.” Divisés en cinq nations bien distinctes, ayant chacune leur chef, leur gouvernement, leur organisation, ils s’étaient constitués pour les fins militaires en une espèce de confédération, et habitaient ce pays magnifique et fertile qui est situé au sud du lac Ontario, et forme maintenant partie du vaste état de New-York. Par le lac Champlain et la rivière Richelieu, ils avaient un accès facile au fleuve Saint-Laurent.

Le pays des Hurons n’était guère moins avantageux. Il comprenait cette partie de la province d’Ontario qui se trouve entre le lac Erié et celui qui porte leur nom. Les jésuites avaient réussi à y établir des missions très florissantes, où les vertus et les mœurs rappelaient celles de la primitive Eglise.

Malheureusement, des inimitiés implacables existaient entre ces deux peuples. Les Iroquois tombèrent un jour (1649) sur la nation huronne, devenue en partie chrétienne, mirent tout à feu et à sang, firent un massacre horrible, et anéantirent ce peuple à tel point, que, lorsque Mgr de Laval arriva en Canada, il n’en trouva plus que quelques débris épars ça et là autour de Québec et dans l’île cl Orléans.

Du reste, les Iroquois et les Hurons étaient à peu près les seuls sauvages un peu sédentaires de l’Amérique du Nord, faisant quelque culture, ayant leurs foyers, leurs villages ordinairement entourés de fossés et de fortifications ou palissades en bois. Avant la destruction des Hurons,

les deux peuples comptaient environ quatre-vingt a cent mille âmes.

A la race Algonquine se rattachaient d’une manière plus ou moins éloignée cette infinité de tribus eirantes et nomades, qui, sous les noms les plus divers, Abenakis, JCtchemins, Micmacs, Montagnais, Outaouais, etc., étaient répandues dans les forêts de l’Acadie, du Labrador, du Saguenay, de la baie d’Hudson, de 1 Outaouais, etc. Ces sauvages ne vivaient que de chasse et de peche, campaient ordinairement sur le bord des rivières, pour profiter de la facilité qu’elles offraient aux transports et aux communications, et n’avaient guère de résidence fixe ni de villages. Les missionnaires y firent beaucoup de chrétiens ; bon nombre de ces néophytes se réunissaient au moins une fois par année, comme par exemple à Tadoussac, pour entendre la parole de Dieu et s’approcher des sacrements. D’autres ne pouvaient le faire qu’à de rares intervalles, à cause de la distance des lieux et de la terreur qu’inspiraient les Troquois répandus partout.

Les Iroquois. en effet, étaient les ennemis déclarés, non seulement des Hurons, mais de tous les autres sauvages. La religion, cependant, avait pénétré aussi chez eux ; il y avait au milieu de ce peuple plusieurs missions et de bons néophytes ; il y avait surtout les Hurons chrétiens emmenés captifs, et qui furent toujours l’objet d’une sollicitude toute paternelle de la part des jésuites.

Les sauvages de l’Amérique du Nord, en général, avant l’arrivée des missionnaires, n’avaient plus qu’une connais-

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