‹ Vie de Mgr de Laval, premier évêque de Québec et apôtre du Canada, 1622-1708Chapitre 36 sur 68 · Ibid · texte numérisé non relu

Ibid

gagner quelques âmes à Jésus-Christ ; mais il se peiclit eu chemin. Exténué de fatigues, manquant de nourriture, il expira quelque part dans la forêt, sans avoir même l’assistance de son fidèle compagnon, Jean Guérin, qui l’avait perdu de vue et s’était égaré lui-même à sa recherche. Sa soutane et son bréviaire furent retrouvés plus tard chez les Sioux, qui gardaient ces objets comme des reliques et leur rendaient une espèce de culte h

Le P. Ménard était un véritable saint. Sa parole habitelle aux Pères qui l’accompagnaient quelquefois dans les missions, était celle-ci : “ Mon cher Père, nous n’en faisons que trop ; mais nous n’en faisons pas assez par amour pour Dieu.”

Mgr de Laval fit sa visite aux Trois-Rivières, à la fin d’octobre. Parti le 21 de ce mois, il fut dix jours absent, et ne rentra à Québec que le 31 1 2.

La petite ville des Trois-Rivières avait été fondée en 1634 par Laviolette, sur l’ordre de Champlain. Située au confluent des trois branches du Saint-Maurice, elle occupait une position importante au point de vue du commerce des fourrures. C’était un lieu de rendez-vous pour les sauvages qui y affluaient de toutes part. C'est là qu’en 1645. sous M. de Montmagny, fut conclu entre les Iroquois, les Algonquins, les Hurons et les Français, ce fameux traité de paix, qui ne devait être, pour ainsi dire, que le signal de la destruction des Hurons.

1 — Relations des jésniies, 1663.

2 — Journal des jésuites.

Les jésuites avaient aux Trois-Rivières une mission florissante, et une résidence qu’y avait fondée en 1634 le P. Paul le Jeune.

Nous ne savons absolument rien de la visite de Mgr de Laval en cette ville ; nous ignorons même s’il y donna la confirmation ; les registres n’en disent rien.

Après avoir terminé sa première visite pastorale, l’évêque de Pétrée s’empressa d’écrire au saint-père pour lui rendre compte de l’état de son vicariat apostolique. Son rapport, dont nous avons cité de nombreux extraits, est un chefd’œuvre de clarté et d’exposition. Rien n’y est oublié: topographie parfaite de la Nouvelle-France, caractère et mœurs des indigènes, état de la colonie française, travaux des missionnaires, espérances de l’évêque, craintes que lui causent les mauvais penchants de certains colons ainsi que les invasions des Iroquois. Il faut regretter de n’avoir pas la réponse du souverain pontife Alexandre VII ; elle devait être pleine d’encouragement pour le jeune vicaire apostolique, qu’il avait vu quelques années auparavant, à Rome, si bien disposé à partir pour le Tonkin, et qui, envoyé pour gouverner l’Eglise de la Nouvelle-France, y déployait tant de zèle et de dévouement.

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