‹ Vie de Mgr de Laval, premier évêque de Québec et apôtre du Canada, 1622-1708Chapitre 48 sur 68 · Ferland, t. I, p · texte numérisé non relu

Ferland, t. I, p

VIE DE j\IGR DE LAVAL

gouverneur avaient choisi ce qu’il y avait de mieux, dans le temps.

M. Gaudais fit faire le recensement de la colonie, exigea de tous les habitants le serment de fidélité au roi, porta plusieurs ordonnances sur la police et la justice, et prépara des mémoires sur les diverses plaintes qu’avaient faites le gouverneur et le clergé.

“ Il le fit en honnête homme, dit Latour ; tout le monde fut satisfait, et les démêlés furent apaisés. Le commissaire s’en retourna la même année, selon les ordres de la Cour.’

La Mère de l’Incarnation, après avoir parlé de l’œuvre bienfaisante de M. Gaudais, ajoute:

ct Dans les règlements qui ont été faits, Québec se nomme ville, et la Nouvelle-France, province ou royaume. L’on a élu un maire et des échevins; et généralement tous les officiers, qui sont gens d’honneur et de probité, ont ete faits par élection. On remarque entre tous une grande union. Mgr l’évêque et M. le gouverneur sont nommés les chefs du Conseil L... M. notre gouverneur, qui se nomme M. de Mésy, est un gentilhomme de Normandie très pieux et très sage, intime ami de feuM. de Dernières, qui, durant sa vie, n’a pas peu servi à le gagner à Dieu -. ”

Hélas ! nous verrons bientôt que cette belle union ne dura pas longtemps, que M. de Mésy ne réalisa pas les espérances qu’il avait fait concevoir, qu’il se rendit coupable d’injustice à l’égard des mêmes officiers dont Marie

1 — Notons ces paroles de Marie de 1 Incarnation, qui reflètent bien l’opinion publique sur la situation politique faite à Mgr de Laval.

2 — Lettre historique 67e.

cle l’Incarnation vante ici l’honneur et la probité, et finit par se mettre en guerre ouverte avec Mgr de Laval, son ami, à qui il devait sa position.

La commission de M. de Mésy le nommait “ gouverneur et lieutenant général dans toute l’étendue du fleuve Saint- Laurent en la Nouvelle-France, îles et terres adjacentes de part et d’autres du dit fleuve et autres rivières qui se déchargent en icelui jus qu’à son embouchure.” Il était donc gouverneur non seulement de Québec, mais de tout le pays. Aussi le Conseil souverain enj oignit- t-il “à tous gouverneurs de places et capitaines de l’étendue contenue es dites lettres, qu’ils aient à lui obéir, tout ainsi qu’ils feraient à Sa Majesté 1 ”.

M. de Mésy se crut autorisé à révoquer la commission de gouverneur de Montréal que M. de Maisonneuve tenait des ' seigneurs de l’île, et à lui donner, de son chef, une nouvelle commission. Mais on ne voit pas que Mgr de Laval ait pris part à cette nomination. Il concourut seulement à la iaire enregistrer au Conseil souverain. Les prêtres de Saint-Sulpice firent valoir le droit qu’ils prétendaient avoir, comme seigneurs de Montréal, d’en nommer le gouverneur. La nouvelle commission de M. de Maisonneuve fut enregistrée, mais seulement en attendant que le roi se fût prononcé sur la justice de leurs prétentions2. Trois ans apies, on leur reconnut le droit de nommer le gouverneur de Montréal.

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