‹ Vie de Mgr de Laval, premier évêque de Québec et apôtre du Canada, 1622-1708Chapitre 6 sur 68 · XX · texte numérisé non relu

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ont lu votre ouvrage, le plus grand honneur dont elle puisse disposer, le titre de Docteur ès-lettres.

Pour moi, comme supérieur du séminaire de Que'bec, je vous d.ois une part toute spéciale de remerciements. Vous avez parfaitement raconté la fondation et les origines de cette institution plus de deux fois séculaire.

Dans les vues de Mgr de Laval, le séminaire de Québec s’identifiait, tout d’abord, avec le cleigé de la Nouvelle-France; il en était l’âme, la vie, le soutien et l’asile. C’était une grande idée ; c’était une institution à peu près nécessaire dans les commencements de la colonie.

La Providence a voulu que cet état de ch uses se modifiât par la suite, et que le séminaire bornât son action à l’enseignement, et à la formation des élèves du sanctuaire. Mais les liens d’union, de sympathie, d’estime et d’affection qui nous uni sent au clergé des paroisses ne sont pas rompus. Cor unum et anima una: voilà la maxime favorite oue nous a léguée, comme un pieux héritage, notre fondateur. Le séminaire de Québec est toujours heureux de donner, suivant ses traditions, à tous les membres du clergé, l’hospitalité la plus franche et la plus cordiale; et lorsque, chaque année, à l’époque des retraites ecclésiastiques, les officiers de la sainte milice accourent vers cette antique maison pour y retremper leur ardeur et leurs forces dans les exercices spirituels, il nous semble vpir revivre ces beaux jours d’autrefois, où les missionnaires envoyés par le séminaire à la desserte des différentes églises du pays, y revenaient de temps en temps pour s’y reposer de leuis fatigues, comme dans la maison de leur père.

J’ai admiré les belles pages que vous avez écrites sur les collaborateurs de Mgr de Laval dans 1 organisation de son Eglise et d'établissement de son séminaire : les de Eernières, les de Maizèrets, les Dudouyt, les Glandelet et les Iremblay. Comme la Providence a aimé l’Eglise du Canada, pour en avoii confie tout d’abord la direction aux admirab’es religieux de la Compagnie de

LETTRE DE MGR PAQUET

Jésus, puis à des hommes apostoliques comme Mgr de Laval et ses collaborateurs !

On a peine à se figurer aujourd'hui ce qu il devait en coûter à la nature pour quitter un si beau pays que la France, s’expatrier peut-être pour toujours, et venir dans une contrée encore sauvage et toute couverte de forêts. Mais les fondateurs du séminaire étaient des hommes d'une foi, d’un zèle et d un désintéressement vraiment héroïques. Votre livre nous retrace admirablement leurs vertus. On se sent vivement ému, en voyant tant d'abnégation, tant de dévouement et un si grand abandon à la Providence présider à la fondation du séminaire ; et l’on ne peut s’empêcher de s’écrier, après avoir assisté aux humbles débuts de cette maison, après l’avoir vue se développer ensuite et se fortifier d’une manière si merveilleuse, puis, réduite complètement en cendres par deux incendies successifs, se relever de ses ruines d’une manière plus merveilleuse encore : A Domino factum est istud , et est mirabile in oculis nostris.

Oui, elle est bien l’œuvre de la Providence, cette institution du séminaire de Québec, qui a eu de si humbles commencements, qui ne s’est appuyée que sur les bras de la pauvreté et du désintéressement le plus parfait, qui a passé par de si cruelles épreuves, et dont toute l’existence semble être un miracle continuel. Elle est bien l’œuvre, également, de la Providence, cette Université Laval, développement merveilleux du séminaire de Québec, commencée, elle aussi, sous les auspices de la foi et du désintéressement, uniquement par obéissance à l’Eglise, subsistant pleine de courage après tant de luttes sans cesse renaissantes, et bien décidée à ne s’appuyer jamais que sur la volonté de Dieu et les désirs du saintsiège. Agissons comme Mgr de Laval et ses pieux collaborateurs : faisons l’œuvre de Dieu, sans trop nous occuper du succès. Le ’ succès viendra toujours à qui l’aura mieux mérité par sa bonne volonté.

J’ai dit que votre livre est digne du grand pontife dont il retrace la vie. Les enfants et les admirateurs si nombreux de

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