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par une réciprocité que la religion ne dédaigne pas , les vrais talents ambitionnent toujours de se consacrer à son service, delà mettre partout en honneur, de la soutenir, de la venger et de la propager.
Je ne parle, messieurs , de l'influence de la religion que sur le monde intellectuel, et non sur le monde social; et je ne crains pas d'affirmer que, partout où cette influence se fait sentir, tout ce qui est vrai, tout ce qui est sage, tout ce qui est juste, tout ce qui est bon et aimable , tout ce qui est capable de donner de ta réputation et de rétablir, y domine également. Par elle le style de l'écrivain est châtié , parce qu'elle lui impose le devoir de le soigner davantage ; les mouvements de l'orateur n'ont point d'exagération, parce qu'elle compose son maintien; la plume de l'historien est fidèle, parce qu'elle en dirige le cours; le censeur est sans amertume, parce qu'elle tempère la critique : les lettres gardent leur noble intrépidité, sans dépasser les bornes d'une juste sour mission. Le publiciste apprend d'elle à se défendre, par la solidité des systèmes, de l'indépendance et du despotisme, et à éviter ces deux fameux écueils qui se trouvent si près l'un de l'autre pour le pilote qui gouverne sur une mer orageuse. Le profond penseur, guidé par son autorité infaillible , ne se laisse pas égarer par la chimère de ses idées métaphysiques , et il sait humilier les obscu rites de sa raison devant les ténèbres lumineuses de la foi. S'il ne la perd pas de vue dans la recherche des sciences exactes, l'infatigable calculateur franchit les espaces, s'élance au-delà des temps, et par la force même de ses supputations, par l'impossibilité d'épuiser les nombres, il parvient avec elle jusque sur les bords de l'éternité, dont il est forcé d'adorer les abîmes, de craindre les châtiments et de désirer les récompenses. L'astronome, dans sa hardiesse, s'élève jusque dans la région des
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corps célestes; il en admire le bel ordre, il en suit le cours; niais, afin de n'être point opprimé par la gloire, il n'entre sous ces pavillons magnifiques qu'avec des mains innocentes , des intentions droites; il y porte un œil observateur mais non pas indiscret , et il ne descend de la voûte étincelante que pour venir raconter les merveilles du Créateur, et chanter l'hymne des louanges qu'il a apprise dans les cieux. Le scrutateur de la nature ne se précipite pas en aveugle au milieu des volcans et de ses incompréhensibles phénomènes; il ne veut pas se hasarder sans guide dans ce dédale obscur, où la raison , abandonnée à elle-même, ne rencontre que des mystères en croyant surprendre des secrets ; c'est le livre de la révélation à la main qu'il étudie la nature , qu'il gravit les montagnes 4 qu'il s'enfonce dans le creux delà terre, et qu'il explique des énigmes que l'incrédulité la plus subtile ne devinera jamais. Hélas ! il en est dans son propie cœur que toutes ses théories ne pourraient lui dévoiler, et que la religion lui fait comprendre d'un seul mot. L'heureux habitant du Parnasse trouve des images et des figures dans ces cantiques du saint roi, qui attestent des connaissances si hautes et si variées, et dans les oracles des prophètes, dont le langage répond si bien aux choses qu'ils annoncent ; sa verve se ranime aux seules approches de ce feu divin , toujours elle s'y épure , et, quelque soit le sujet qui l'entraîne, il est sage jusque dans son délire; avec les pinceaux delà leligion il rend les passions plus au naturel; et le tableau qui sort de ses mains n'est plus qu'une leçon qui les corrige, au lieu de devenir un aiguillon qui les excite et qui les encourage. Il n'est pas jusqu'au poète lég<r qui ne lui doive une perfection sans laquelle toutes les grâces des muses ne sont qu'un présent séducteur, parce qu'elle calme son imagination à ce moment presque imperceptible où ii
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allait abandonner un innocent badinage, et faire divorce avec la raison , pour courir après une aimable , mais trompeuse folie.
Que les arts libéraux ne craignent pas de se voir arrêtés dans leurs progrès, lorsqu'ils auront fait alliance avec la religion. Elle ne condamne que trop de licence; elle ouvre devant tous un vaste champ à parcourir ; elle offre à tous des modèles innombrables à imiter; son histoire est une mine inépuisable , qui peut tous les enrichir; il ne lui faut qu'une humble bergère pour les immortaliser; seulement, elle veut qu'ils se souviennent que, pour obtenir les palmes qu'elle distribue, il ne suffit pas d'être habile, il faut encore être pudique ; à son école, la harpe de David ne gémit pas sous des doigts profanes, et la lyre d'Apollon, accordée par des mains angéliques, ne rend que des sons aussi purs que mélodieux ; Apelle et Zeuxis savent peindre la beauté sans outrager l'innocence; et la sévère Cornélie peut sans rougir contempler et montrer à ses jeunes enfants les chefs-d'œuvre de Phidias.
Salut, ô génie du christianisme! toi qui comptas toujours au nombre de tes plus belles conquêtes le royaume de Clovis , de Charlemagne et de saint Louis , et qui , après tant de fautes , après tant de dispersions et de discordes, reparus de nos jours pour réconcilier les lettres, les sciences et les arts avec la religion, comme tu as ensuite réconcilié la France avec la monarchie! C'est toi qui dictas à un noble chevalier ces pages éloquentes qui préparèrent deux restaurations , monument durable d'une gloire que toutes les faveurs de la fortune et toutes ses rigueurs ne sauraient ni éclipser ni affaiblir : salut! achève maintenant ton ouvrage, couronne aujourd'hui nos vœux et nos espérances , étends sur nous ton double sceptre , celui de la science et de la
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morale. Confirme avec nous le pacte de ton alliance ; prête-nous ton assistance , accepte nos services , écart e de ce sanctuaire les cœurs déréglés, les âmes irréligieuses; verse sur nous toute ta chaleur et ton onction ; pénètre, échauffe , inspire; opère en nous les prodiges des temps anciens, les merveilles des plus beaux jours; et que , sous ton action puissante, le règne de Charles X, très-chrétien et très-glorieux , surpasse en grandeur , en magnificence et en félicité, tous ceux qu'ont admirés nos pères.
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Ordonnances du 16 juin 1828.
Charles, par la grâce de Dieu, etc.
Sur le compte qui nous a été rendu :
i°. Que, parmi les établissements connus sous le nom d'écoles secondaires ecclésiastiques, il en existe huit qui se sontécartées du but de leur institution en recevant des élèves dont le plus grand nombre ne se destine pas à l'état ecclésiastique :
20. Que ces huit établissements sont dirigés par des personnes appartenant à une congrégation religieuse non légalement établie en France;
Voulant pourvoira l'exécution des lois du royaume, de l'avis de notre conseil, nous avons ordonné et ordonnons ce qui suit :
Article ier. A dater du ier octobre prochain, les établissements connus sous le nom d'écoles secondaires ecclésiastiques, dirigés par des personnes appartenant à une congrégation religieuse non autorisée, et actuellement existants à Aix, Billom, Borde aux, Dole, Forcalquier, Montmorillon , Saint W-lr-uI et Sainte -Anne d'Auray, seront soumis au régime de l'Université.
•1. A dater de la même époque, nu] ne pourra être ou demeurer chargé soit de la direction , soit de l'enseignement, dans une des maisons d'éducation dé-
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pendantes de l'Université, ou dans une des écoles secondaires ecclésiastiques , s'il n'a affirmé par écrit qu'il n'appartient à aucune congrégation religieuse non légalement établie en France.
Nos ministres, etc.
Charles, parla grâce de Dieu, etc.
Sur le rapport de notre ministre secrétaire d'État des affaires ecclésiastiques, notre conseil des ministres entendu ,
Nous avons ordonné et ordonnons ce qui suit :
Abticle ier. Le nombre des élèves des écoles secondaires ecclésiastiques, instituées par l'ordonnance du 5 octobre 181 j, sera limité dans chaque diocèse conformément au tableau que, dans le délai de trois mois, à dater de ce jour, notre ministre secrétaire d'État des affaires ecclésiastiques soumettra à notre approbation.
Ce tableau sera inséré au Bulletin des Lois, ainsi que les changements qui pourraient être ultérieurement réclamés et que nous nous réservons d'approuver, s'il devient nécessaire de modifier la première répartition.
Toutefois, le nombre des élèves placés dans les écoles secondaires ecclésiastiques ne pourra excéder vingt mille.
2. Le nombre de ces écoles, et la désignation des communes où elles seront établies 9eront déterminés par nous d'après la demande des . rchevéques et évêques, et sur la proposition de notre ministre des affaires ecclésiastiques.