‹ Vie de Mgr de Simony, évêque de Soissons et LaonChapitre 20 sur 67 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

ftDITB BB9 CnSBtLê DB M. DB SIMONY AU JBVNB DVC DE SITLLT.— ^niNCfPB FOFrDAIIBIfTAL DB LA CONDUITE D*Uir SOailB BAKOlffrABLB BT CRBftTIEIl. — icàeBSêlTft DB BBNDBB SA VOLONTE INDiPBKDAlITB.

— ITB POINT SE CONDUIBE PAB 1HPBESSI0N8. — AMOUB EXCLUSIF DB LA TiBITA. — VALHEtltEUt

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DÉPENS DE L^AVOUB-PBOPBB. —> OBLIGATION DE s'itTUDIBB SOI-h8vB.-— LA MÉDITATION, UNIQUE MOYEN DB PABYBNIB A LA CONNAISSANCE DE DIEU ET DE 80I-MÉMB.

^UEL sera maiotenanl le priiidpe fondamental^ ou si Ton vent le point de dépari ^*un homme sage doit adopter pour assurer sa route au milieu du monde? Personne ici ne peut poser un autre fondement que celui quia été posé de la main de Dieu lui - mêflae. c Cest donc cette idée , conclut M* de Simony» que nous sommes faits pour Dieu et que notre bonheur est de le posséder, qui doit être le fondement de tout l'é-

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ifice deQoire vie; c*est de cette idée ^ue tout ans notre conduite doit partir, c'est vers elle ne tout doit être ramené. »

De ce principe fécond , <|u*il vient d'exposer» se bâte de déduire les conséquences prati^es s plus générales. Les biens de ce oionde ne ot que des moyens dont il ne faut user que sen les vues de la Providence. -^ Servir Dieu » >it être notre plus beau titre de gloire; pubUer s bienfaits, notre plus douce occupation; s'atiaier étroitement i lui, notre unique devoir.

LfO jeune de Sully était naturellement porté, •mme la plupart des jeunes gens » à se laisser ^miner par les premières impressions » et plus icore par le respect humain* Voici par quelles ^nsidérations M. de Simouy cherche à le rendre itièrement maître de lui-même. • Cet unique obile de toutes nos actions étant supposé , je :ux dire le désir de plaire à Dieu et de mériter s le'posséder, je crois que le principal soin d'un >mme véritablement raisonnable est de s*efforit d'acquérir cette pleine liberté do la volonté ji la rend indépendante de tout ce qui n'est je goftt» caprice, fantaisie, passion, sentiment, >ur la soumettre à la raison. Lo sentiment est a guide aveugle et corrompu; celui qui s*aban-> >nne à son attrait sans réflexion, non -seulement lurt risque de s*égarer, mais doit être certain i*il se perdra. Le sentiment, en effet, est près-

que toujours décidé par la première apparence du bien , et gâté qu'il est par le péché originel , son penchant est toujours pour les objets sensibles et le plus souvent pour les satisfactions même les plus opposées à la vertu. Travaillez donc de toutes vos forces i rendre à la raison l'exercice de tous ses di'oils» qu'elle domine sur tous vos goûts , sur vos moindres appétits ; accoutumez-vous à considérer la raison de chaque chose à sa véritable valeur , pour ne vous y attacher qu'autant qu'elle le méritera par les rapports que vous y trouverez avec le véritable bien. Commeneez par vous défier toujours du premier sentiment et ne vous y livrez qu'après un mftr et sérieuz examen. Habituez ainsi votre âme à ne s'attacher qu'après avoir reconnu les qualités réelles de l'objet vers lequel elle se porte d'abord sur les simples apparences. De même » quand vous aurez reconnu qâ'un objet est digne de votre estime, poussez votre cœur à l'aimer en proportion du mérite réel que vous y avez reconnu. Je ne vous donne pas ceci, trèscher ami , comme une vertu dont l'acquisition soit aisée et à la portée de vos seules forces. Devenir ainsi maître de soi-même et acquérir cette vraie liberté, qui est, je puis bien le dire , le bien le plus précieux , puisqu'il est la source de tous les autres, ne peut être que l'ouvrage de la grfice, secondée par des efforts multipliés. Il faut s'es-

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sayer fréquemment à se surmonter soî-mcoie» et par de petites fictoires dans les occasions les moins importantes ; prendre petit à petit sur soi cet ascendant et cet empire qui fait qu'un homme \eu$é peut se rendre raison de chacune de nés actions^ et voir dislinelement le but auquel elles «ndeot et le bien qui doit en résulter. Laperfecion de celte vertu n*est point » je Tavoue » à la portée de chaque homme» mais c'est vers elle ç|u*il doit tendre sans cesse comme vers la per- Tection de l'homme et du chrétien : perfection ]ue Jésus-Christ nous commande par ces parées : Que celui qui veut être parfait porte sa croix et me suive.

t Telle est la vraie philosophie , car il en est une, la seule digne de porter ce nom» philosophie toute renfermée dans la religion et qui consiste dans la connaissance de Dieu , dans Tamour qui en est la conséquence 1 et enfin dans cette liberté de faire le bien dont on jouit à proportion qu'on a soumis ses passions par les efforts d'une volonté efficace , déterminée et soutenue par la grâce. >

Pour exciter dans le cœur de son élève un vif désir de cette vraie liberté , M. de Simony lui montre les biens qu'elle procure, les maux qu'elle fait éviter, les règles de conduite qu'elle fait suivre, t Si tous vos efibrts tendent ainsi k acquérir cet empire sur vous-même, si nécessaire à qui veut être sûrement et solidement ver-

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tueus, la premier fruil, el un dt!S plu» précieux que vous retirerez, sera un amour exclusif de la Térilé. Ce qui s'oppose en nous au règne de la ? Tériié esl ce malheureux amour-propre qui, comme une racine maudite , ne produit que des fruits gfités et qui infecte jusqu'à nos penchants les plus nobles. C'est lui qu» fait de chacun un centre auquel il veut tout ramener et il n'y a pas jusqu'à l'inflexible vérité qu'il désirerait faire plier à son gré. Heureux qui s'efforce de bonne heure de le soumettre et qui, s'il ne peut le déraciner, ne laisse à aucun de ses rejetons le temps de prendre de la vigueur et de la consistance F C'est cependant là le soin auquel les bommes se livrent le moins ; aussi les voit-on sans cesse divisés , toujours attaquant et toujours attaqués , du reste ne sachant jamais céder. La vérité est une, et on dirait, au spectacle de contradiction que donne le monde, qu'il y en a autant d'opposées qu'il y a d'individus qui le composent. On discute , mais est-ce pour voir de quel côté se trouve la vérité ? Non , c'est pour faire triompher son opinion; on n'a point d'oreilles pour les raisons qui appuyent le sentiment contraire , point d'intelligence pour les comprendre. On les combat par les plus mauvais et souvent par les plus ridicules raisonnements. Si la réplique manque enfin , on se tait , mais on ne se rend pas , et on aime mieux se donner pour un esprit faux , ou

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