CHAPITRE X
•Bsuite que qaelfftie riche» quelque puiManl qu'on loit t rîea n'esempie de ToUigatioa que Dieu a imposée ii 4ous sans disiiiMitîoD de ireyailier. •
Mais è quoi doivent s'occuper oeax qui a'ont besoin de rien, ceux ii qui la fortune fournit tout abondamment , et laisse à peine ie temps de Ai* sîrer; le Toici :
€ Le plus difficile pour bien des gens eat peutêtre de savoir è quoi ils doivent s'occuper» mais Dieu ne leur a-t-tl pas donné une intelligence qu'ils peuvent étendre et perfectionner» un cœur qu'ils doivent UMltriser et dont ils sont obligés d'étudier les mouvements pour ne pas se laisser égarer? N'ont-ils pas une religion sublime dans laquelle il leur est permis de creuser sans cesse, sous la direction de la foi» pour connattre taujours dairantage Dieu dans l'immensité de ses œuvres et la grandeur de ses miséricordes» ennoblir ainsi leur raison en l'élevant fusqu'è lui , et échauffer leur cœur en contemplant cette bonté souveraine è qui il ne manque que d'être assez connue» pour être aimée par -dessus tout?
N'ont-ils pas enfin autour d'eux des larmes à es- 6U]rer».des malbeursà réparer» des consolations et des recours ii distribuer, etc. ? Non , si la mollesse et l'indetaace ne nous retenaient » le temps seul et leiponroîr nous manqueraieut»et non îles œuvres. Nous en rendrons compte un jour de ces œuvres omises 1 pensons-jr bien U i
I 10 VIE DB HONSElGNBCa DE SIHOlir.
M. de Sîmonjr f oyait , dans cette vie de travail, autre choie que raccomplissemeot d*uo devoir rigoureux et iDdispensable ; il voulait que son élève comprit bien que là seulement se forme et se développe cette vigueur de caractère, cette fermeté d'éme sans lesquelles il n'y a point de vertu possible. Aussi cherche-t-il par tous les moyens imaginaires à rendre sa volonté indépendante de tous ces besoins qui retiennent captifs et qui énervent la plupart des hommes.
• Du reste , poursuit-il , les avantages que Ton relire d'une vie occupée et laborieuse sont ini*ppréciableSf et si je n*en fais pas ici le détail, c'est que je sais que vous les connaissez. Il en est un cependant que je ne veux pas passer sous silence, c'est la vigueur de caractère et la fermeté d'âme que l'on y puise. Vous savez combien est méprisable un esprit léger et inconstant , faible et prêt è renoncer oux meilleurs desseins » lors* que pour les mener à leur fin il faut résister k Tamour-propre, au respect humain, à la séduction de l'exemple et de l'opinion ; eh ! quelle force cependant reste t-il pour soutenir de pareils combats 5 celui que l'oisiveté et la mollesiie mettent en présence de ces ennemis» et qu'elles affaiblissent sans cesse en lui faisant de ses goûts, de ses caprices et de sa vanité des liens dont il ne peut se dégager ?
« Ln nifiyrn ^^gelenient puissant pour ocqué-
CHAPITEB X. ] ] I.
rir cette fermeté» c*ett de se faire un principe et une habitude d*une indépendance entière de ces besoins factices dont on s*entrave aisément et volontiers, dès qu'on jouit de quelqu'aisance, car facilement on se persuade qu'il n'est aucune commodité à laquelle on doive renoncer dès qu'on a le moyen de se la procurer. On s'incorpore tellement ainsi une foule d'objets étrangers que sitôt qu'on en est privé » on se trouve comme séparé d'une portion de son existence » et de \k naît» entre autres maux» un certain malaise qu'on redoute plus que des maux plus grands er auquel « pour l'éviter» bien des gens ont sacrifié jusqu'à leur vertu.
« Vous rougiriez, j'espère^ d'un esclavage aussi honteux; mais pour ne pas y être exposé» accoutumez* vous par de fréquentes privations è vous rendre indépendant de tout autre besoin que de ceux qui sont attachés nécessairement à la nature. En un mot» essayez et apprenez â vous priver de tout ce dont un homme peut se passer. Sur ce point comme sur tous ceux où il s'agit de constance et de fermeté, n'allez pas chercher bien loin des exemples; souvenez-vous d'un père qui savait si bien que la vraie grandeur est dans la vertu » et la vraie liberté dans l'empire sur tous ses sens et l'indépendance de tout ce qui ne sert qu'à les flatter ; regardez une mère qui par sa force d'âme et son oubli total d'elle-même
lia TIB DB MOIISBNIMBUE DB SIMOBT.
est auUili au-destas deê personaes de son sexe par ses seoiimenU élevés, que par l'exceUence de sa raisoD.
• Pour achever enfio d*acquérir cette fermeté de caractère si désirable, persuades-vous tellemeDt ^àe les coiilradiclioQê et les coDirariélés sont lé partage de rbomoie ici -bas, que vous n'en soyiei jattiais surprit ; c*est le moyen de les supporter avec patience et même do n*en éproaver que le moins posrible les désagréments. Ce point eat essentiel , car comme il est impos* sible qu'elles ne soient point firéquenUs, ai on ne s'est pas formé par la patience à les supporter, elles troublent la paix de l'âme, et rendent moins propre à toutes sortes de bieHs par la crainte qu'elles inspirent.
« Le fruit d'une vie que vous aurex einsi rendue supérieure à ces mille entraves qui en errétenttant d'autres, h chaque pas qu'ils veulent faire dans la vertu , sera de ne pat craindre en homme pusillanime la pratique du bien , de su* bordonner tout le reste à cet unique objet , en un mot, d'acquérir cette simplicité qui marche avec aisance et droiture dans le chemin de la vertu. >
A ces principes généraux, M. de Simony ajoate quelques règles particulières remarquables par le même esprit de sagesse et d'observation. Ces règles ont pour objet la défiance de soi-même.
GHAPITBB X. ]l3
riodécision dans les affaires , Teroploi du temps , l'usage des biens de la forlune , le profil qu'on doit lirer du mal , le choix des conseillers.
« Après les différents points que je viens de traiter» dit M. de Simony» il ne me reste plus » cher ami, qu*ii vous en rappeler quelques-uns qui sont h la vérité renfermés dans ces premiers, mais qui sont d'un usage si essentiel que je veux vous y faire faire une attention particulière.
€ Le premier est quelqu'effort et quelque progrès que vous ayiez pu faire , de conserver cette heureuse défiance qui fait craindre le danger du péché autant que le péché mâme ; cette défiance n'est nullement opposée à la noble confiance d'un véritable enfant de Dieu et au courage qu'elle inspire. Elle est fondée sur deux vérités que la foi et l'espérance démontrent également : la première, qu'il n'est rien de plus faible que l'homme livré è ses seules forces ; la seconde • que Dieu n'a promis son secours que pour les dangers auxquels sa volonté même nous appelle. Hélas 1 à combien n'a-t-il pas sufii d'un instant pour souiller la plus belle vie I...
c Le second » c'est de ne pas flotter dans ses desseins. Il faut agir en tout avec prudence et réflexion, mais quand un parti est pris, après qu'on a mûrement considéré et reconnu le meilleur, il tàut le suivre avec fermeté et constance. Combien de gens qui toujours indécis , incer*'
1 14 Vl£ DB MOlffËIGREUR DB 81H0NY.
lains, ne taTent jamab ni ce qu'ils foni, ni ce qu'ils Yeiilent être.- La dernière personne qui leur parle eat le«îour» celle qui a raîsoB , le der-^ nier oëjet qui se présente « celui qui nvérile la préférence. Il ne fiiul que la total de quelqu'un d'entre ces niUe conseillers que Ton trouve à chaque pea dans le monde, pour les rendre irrésolus et leur fiiire mettre dans la pratique de ce qu'ils ont jugé meilleur après on mûr examen , une réserve et une timidité qui les rend pour ainsi dire le jouet du premier venu : qu'il n'en soit pas ainsi de vous. Il y a des points indubita* blés tels que les poiots fondamentaux de la reli^ gion et de la morale ; il y en a de douteux : quant aux premiers , n'hésitez , ne tergiverses jamais , souvenez-vous que le moindre pas en arrière, en entraîne mille autres» et que la cod' duite la plus aisée à tenir est celle d'un homme qui se prononce tout de suite et sans la moindre honte pour le bien. Celui qiri veut biaiser au contraire , s'exposant sans cesae à tomber dans des contradictions au moins apparentes » donne prise à toutes les attaques du monde et finit or-^ dinairement par céder tout à fait au respect humain. Dans les choses douteuses , ai elles regardent la religion ou les mœurs , tant que dure le doute « abstenez«vous , ou prenez le parti le plus 9ûr, quoiqu'il doive vous en co&ter, et en cherchant une décision, gardex-vous de chercher
iNt d'aiHnM , non la plus conforme k la mais la plas favorable à vos désirs ; si ardent des choses iodiiSfarenios à ces ittls sur lesquels il ne peut jamais j tempérament» vos intérêts temporels iple» pesés mûrement^ si ?oof en a?ez » les raisons pour et contre; écoutes \ personnes qui peurent tous bien cont tout étant bien considéré, décidez- ) lemps presse. Tàcbes de conserver le le sang-froid nécessaires pour que les le Tentendement ne soient pas obscuris sachez vous décider. La chose étant TOUS ou par autrui , suivant toutes les la prudence humaine, gardez-vous d'en iprès l'événement et de concevoir des jr ce qui n'a pu être ni prévu ni em-
troisième est de considérer le temps I bien de celte vie te plus précieux , de I compte sévère qu'il en faudra rendre laque instant bien employé peut ajouter infini à notre conronne. Retranchez-en lie vous le pourrez au lit, k Jetable, à la aux visites , aux conversations qur n'ont ut que de faire passer le temps » et vous srez suffisamment pour toutes les occuirieuses et pour les distractions honnêtes aires. Quelques affaires que ?ous ajriez ,
1 |6 VIE DB MONSEIGKBIJR Dfi SlIIORY.
80uveDcz-vous que ce n'esl pas le temps que Ton donne ii raccomplissemeDi de ses devoirs, à la prière , h la réfleiion qui fait tort aux autres occupations; mais celui qu*on perd h rien faire ou à faire des riens. Faites-vous une règle invariable d'en employer chaque }our une partie; premiè* rement : A réfléchir comme je l'ai dit sur quelque point de religion ou de morale chrétienne ; deuxièmement : A lire l'Écriture - Sainte ou quelque livre capable d'instruire de Tesprit de l'Évangile et d'inspirer le désir de s'en pénétrer» ou encore ceux dans lesquels un esprit éclairé peut s'instruire de la religion» en étudier les ]ireuves » et puiser la connaissance de Dieu et de celte œuvre sublime où reluisent « avec des traits si grands et si frappants , les merveilles de sa puissance et de sa charité envers nous. Quelle honte et quelle Iblie que des chrétiens connaissent si peu les titres de leur céleste origine et les preuves qu'ils ont reçues de la bonté paternelle de Dieu 1 J'ajoute en passant que dans les objets que vous jugerez devoir faire la matière sérieuse de vos études , vous devez tâcher de ne vous pas arrêter h des connaissances superficielles , mais d'arriver toujours au fond.
« Le quatrième est de bien vous défsndre de ridée que les biens de la fortune que vous posséderez soient tellement i vous , que vous puissiez en user selon votre fantaisie ; et les consumer