‹ Vie de Mgr de Simony, évêque de Soissons et LaonChapitre 25 sur 67 · GÉNÉROSITÉ QUI CONVIENT AUX PERSONNES DB · texte numérisé non relu

GÉNÉROSITÉ QUI CONVIENT AUX PERSONNES DB

FORTUNE ET DE CONDITION. — FAUSSE BONTÉ , FAUSSE GÉNÉROSITÉ DU MONDE. — CE QUE DOIT ÎTRE LA POLITESSE POUR UN HOMME VERTUEUX.

LpRks ce COU)) d'œil jelé sur les devoirs que I. de Sîmony appelle devoirs personnels , il en eut h ceux qui ont les autres pour objet. Les rincipes qu il pose tout d*abord et d'où déccuui luus uos devoirs envers les autres homuies » )iit d'autant plus importants à rappeler aiijour- 'hui, qu'ils condamnent plus hautement tous es proclamateurs d'égalité et de fraternité, qui

1 SO VI£ DE MONSBIGKEVB ^B SlllOKT.

«iprèa dix- huit siècles de cbrUUaiiisfiie , préieodeDt oous donner, comme leurs ioventions, des théories dont ia religion chrétienne enseigne depuis si longtemps le vériteble pratique.

c 11 faut d*abord vous accoutumer à respecter dans chacun sa qualité d'homme, et vous souvenir qu'il est votre frère. Dans sa qualité d'homme, vous verrez l'être le plus parfait qui soit sorti des mains de Dieu quand il a créé ce monde , une image de la divinité sur la terre, une fime que Dieu a jugée digne de tous ses soins , dcputi Torigine du monde , qu'il a appelée à partager ses divines perfections, en un mot , une fime qu'il a tant aimée, qu'il a donné son Fils unique pour son salut. Méditez bien de tels titres , et si vous vous pénétrez bien de tout ce qu'ils ont de grand, de sublime , vous verrez que l'homme le plus dépourvu des biens terrestres et des avantages temporels mérite tous vos respects ; et sous les haillons de la misère et l'extérieur le plus dégoûtant, vous découvrirez un être cher k Dieu et digne de tous vos égards.

c Ce sera bien plus encore si avec autant de justice vous considérez que le dernier des humains est véritablement votre frère. Pensez • y bien : il n'est ni naissance, ni dignité, ni richessci qui puissent vous élever au-dessus de i*orig«iw commune à tous les hommes. Tous, nous sortons des mains de Dieu , tous , nous venons du même

CHAVITIB XI. 1«1

|ue sera-ce encore si nous considérons aternité que loufc enfant de i*Eglise a en Ihrist» si nous considérons que tous les élesles qui nous ont été acquis par le sang s-Christ sont communs à tous , que tous itinction de grands et de petits» de pauf res ches , nous a? ons part à cette glorieuse n qui nous fait vérîtablement enfants de |ue tous nous sommes assis au banquet où Ihrist nous appelle , que tous ceux qui le caractère de la foi par le baptême ne ritablement qu'un dans ce sauveur qui a e même prix pour racheter chacun de nous, s ces principes tous aurez peu de peine à I tous les devoirs qui lient les hommes ux , et qui feraient le bonheur de la sols étaient bien étudiés ou plutôt s'ils n'é- )as le plus souvent sacrifiés à l'intérêt tel. •

e Siraony connaissait trop bien les sentile probité» de délicatesse que le jeune de vait reçus avec la vie , pour insister sur les essentiels de justice , dont la violation la société jusque dans ses fondements, émunit contre des injustices d*un autre contre ces injustices secrètes» adroitement s, d'autant plus faciles à commettre quf* «•propre, que l'égoïsme nous en rendent iplices souvent à notre insu.

122 VIE DE IIONSEIGKECB DE $IHO^Y.

c L'ainour*propre, dit M. dp Simony, fait ordioairement de chacun de nous comme un ceclro auquel il rapporte tout , et ce sentiment déjà si injuste est poussé quelquefois h un tel point , que lors même que le bonheur d'autrui ne nuit point au notre , il ne laisse pas de nous faire ombrage. C'est de ce funeste principe appelé égoïsme , mot que chacun proscrit, principe que chacun a dans le cœur si la religion ne l'en chasse , que naît le plus grand nombre des désordres qui affligent la société. Notre devoir est donc de le détruire ou au moins de le combattre sans cesse dans nos cœurs.

« Persuadez-vous donc bien que loin que tons les autres soient faits pour vous , vous êtes fait pour les autres • que chaque homme est débiteur de tout ce qu'il est et de tout ce qu'il peut à la société, que c'est dans cette communauté générale que chacun doit venir puiser la portion de biens qui lui revient; mais que tout homme qui rapporte tout il soi et ne s'emploie point pour autrui , est indigne de partager les biens qui résultent des efforts communs des membres de la ^ociété. Pensez à quoi vous seriez réduit si vous étiez laissé à vos propres moyens, et combien de travail et de peine ont coûté è d'autres vos moindres jouissances. Un peu d'argent les paie à la vérité , mais dites-moi où est l'équilibre entre le travail et la sueur do l'homme , et l'écu que lui donne son semblable.

CHàPlTftB XI. 135

■ N« pordtf dooc jamais de vue que vous êles edevable à chacuo des autres hommes » et que À pour Tordre de la société» Dieu vous a donné |uelque avantage sur eux» vous n'avez pas lieu le vous croire moins obligé de payer la dette commune , en contribuant de tout votre pouvoir lans les petites comme dans les grandes choses lu bien de tous en général et de chacun en pariculier.

ff Observez du reste tout ce qu'il vous revient Tavantages» quand vous trouvez dans ceux qui rous environnent , la noblesse des sentiments , 'esprit de politesse et surtout de charité, la dou- :eur des mœurs » toutes ces qualités» en un mot» {ui rendent utile et agréable aux autres , et jugez (i Ton n*est pas en droit de les demander de

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