CH\?1TRE XI
maïs sortir aucun mal qu'il ail pu prévoir; il refuse donc à propos , mais il appelle la bouté , pour adoucir par un ton et des manières consolantes ce que toujours un refus porte avec soi d'amertume et de regret. 9
M» de Siroony parlait k un jeune homme appelé h jouir d'une immense fortune , et d'une position supérieure à celle de la plupart des hommes ; mais il ne lui faisait envisager cette élératiou que comme une obligation plus pressante de communiquer aux autres les biens dont Dieu l'avait fait dépositaire. Rien de plus élevé que les considérations qu'il lui présente sur la nature et la pratique de la générosité.
c Après la bonté , lui dit-il » rien ne convient mieux h un homme à qui un nom et une condition honorables donnent de la considération dans le monda , que la générosité , c'est-à-dire cette noblesse de sentiments qui * nous élevant au« dessus de la cupidité et de l'attache h ce que nous possédons , nous porte sans cesse à communiquer , non pas seulement nos biens , mais encore nos jouissances , à ne pas regarder comme une privation ce que Ton donne , à mettre enfin les personnes avec qui nous vivons et d'autres encore, quand l'occasion raisonnable s'en pré» sente » dms une espèce de communauté de ce que nous possédons . et qui peut être k leur usage ; à donner» en un mot» et à prêter autant que
la
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nos moycDS nous lo permettent , et qu'il n'en résulte pas d'abus.
■ il faut que cette générosité vous accompagne dans les affaires que vous avez à traiter. Ecartcz-en -ces inquiétudes , ce tatiilonnage » ces manières difficultueuses qui annoncent l'esprit de cupidité et de lésine ; mettez-y autant d'aisance que de droiture ; sans doute , faites en sorte de n'être pas la proie du premier venu , que la prudence règle votre administration , mais aimez que ceuiL qui traitent avec vous aient leur part dans les avantages , n'enviez pas au mercenaire quelque léger proGt; en un^ mot» gardez- vous de la prodigalité , mais plus encore de la parcimonie. Déplus , dans toute affaire » n'oubliez pas qu'il y a souvent h gagner en cédant de son droit , et qu*un droit poussé à la rigueur est souvent une véritable injustice. >
Pour peu qu'on ait fréquenté et observé le monde, il est facile de voir que toute son étude est de conserver soigneusement les apparences de la bonté, de la générosité pour se dispenser d'en avoir la réalité; de là vient ce qu'on est convenu d'appeler politesse. M. de Simony prend cette politesse du monde pour ce qu'elle vaut ; mais il ne veut pas qu'un homme vertueux s'oiTranchisse des devoirs qu'elle impose. Chez lui seulement , la politesse des manières ne sera que l'expression vr. îe de la politesse du coeur .