CHAPITRE XIV
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JTIom fanons de Toir le désir qu'esprîmaH 1 M. de SiiDony» à Tégard de aoo beau-frère, et lef I souhaiU qu'il formait pour ta couferaion. C*eft qu'eu eSoif M. de Villers, avec toutes les qualhéi |^ que le monde admire » manquait de cette Terta de foi, sans laquelle toutes les bonnes OBUTref sont stériles pour le ciel* Nourri des écrits dai phtioseplies du dernier siècle^ il professait pour toutes les religions une indiOTérenee systéinatique, dont la piété si éclairée de son épouse n'arait pu encore triompher. M. de Simon j aimait tendrement son frère et souffrait de cet état d'indifférence et d'incrédulité ofa il le rojait rivre.
CHA.PITBB XIT. iSl
La religion était le seul point où leurs cœurs * fussent désunis. Pour établir entre eux une union ^ parfaite, il entreprit de Tamener à la rérité par une discussion amicale et suivie sur les principaux points de la religion révélée. A cet effet , il composa plusieurs petits traités. qu*il envoyait à i son frère, en le priant de lui èommuniquer sans : réserve toutes ses impressions , toutes ses dilOS» I cultes. Ce qui caractérise surtout ces lettres dog- "^ matiques, c'est une grande clarté d'exposition, i une justesse de raisonnement qui ne laisse rien è É^ désirer , et une réfutation aussi simple que pré- I cise des sophismes amassés par les incrédules autour des vérités chrétiennes. Les bornes de cet ouvrage ne nous permettent pas de faire connaître autrement ces fruits du zèle et do l'a- ' mitié de M. de Simony. Nous donneront seule- ' ment quelques extraits des lettres d*envoi qui ^ accompagnent ces petits traités , et qui peuvent ^ faire mieux connaître la nature de son esprit et ^ la tendresse de son cœur. La lettre suivante fut ^ écrite après une maladie, où M. de Villers avait fl couru risque de la vie.
^ « Vous avez raison, mon cher frère, de vous reprocher les inquiétudes que vous m*avez données ; elles ont été grandes , et j'ai adressé h Dieu les prières les plus ardentes pour qu'il voulût bien les adoucir. J'ai intéressé près de lui toutes les personnes pieuses, à qui j'ai pu parler de vous ,
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et je ne doute pas que ce coucerl de prières u'ail contribué à vous rendre la sanié. Aussi, j'ofire actuellement de très -humbles actions de grâces au bon Dieu pour cette faveur ; mais je ne vous cacherai pas » cher et bon frère , que je lui en demande une à laquelle j'attache plus de prix qu*à ma propre vie et h la vôtre. Me pardonnerez- vous de vous le dire avec une franchise que ma tendre amitié pour vous autorise et que le plus cher de vos intérêts me commande : Je demande à Dieu qu'il fasse luire à vos yeux un rayon de cette lumière qui éclaire Tesprit et échauiTe le cœur , qu*il vous fasse connaître et Coûter les vérités que nous enseigne la religion , celte œuvre marquée du sceau de la divinité et qui, pour un esprit sans préjugés et un cœur sans passion, porte un caractère si frappant de gran* deur et des marques si plausibles de vérité, qu'il est impossible de n'y pas reconnaître la main du Très-Haut. Oui, mon frère , je le dis avec l'assurance que donne la conviction la plti^ intime , je ne suis pas plus certain de mon existence, que de la vérité de la religion que je professe , et s'il C2»t un bien que je désire pour moi-même , pour tout ce qui m'est cher et pour tous les hommes enfin que Dieu m'a appris à regarder comme mes frères, c'est de connaître, d'aimer, et de pratiquer cette religion vraiment divine.
« Ne croyez pas, mon cher frère , qu'en vous
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parlanl de la sorte, je tienne le langage d'un entfaousiasle, et que mes idées soient celles d'un homme surpris et d'un cerveau exalté. Non , vous me connaissez assez pour savoir que je ne suis pas homme à m'enticber d'une opinion, le doute est même Tétat le plus naturel à la trempe de mon esprit. Mais j*ai étudié la religion et je l'ai vue environnée de tant de lumières que ma raison s'y est rendue. Mon cœur, je vous l'avoue, a trouvé de la douceur à s'y attacher, mais c'est parce qu'il a été frappé de la voir si digne de Dieu , si convenable à l'homme, si ennemie du vice • si féconde en vertus : et c'est là surtout^ mon cher ami , qu'est le fondement de mon espérance pour vous y soumettre; car quel cœur plus fait que le vôtre pour les goûter, et qu'il serait malheureux, que tant de sentiments nobles et généreux , que tant de droiture et de bonté ne fussent pas animés de l'esprit seul propre à les ▼ivifîer, et demeurassent privés de leur plus beau fruit ?
« Ai-je besoin , mon cher ami , de m'excuser près de vous de vous avoir ainsi ouvert mon cœur? Non, je connais trop le vôtre pour croire qu'il puisse jamais me savoir mauvais gré d'ua mouvement qui n'a d'autre principe que le sentiment le plus tendre et le plus désintéressé. Ne seriez-vous pas fâché plutôt que j'eusse gardé sur le cœur un poids qui m'oppresse et qui deve-
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naît toujours plut pesaDl, à mesure que mon tendre attachement pour vouf augmentait. Mail fi youf ne condamnes pas ma fraocbise» ou plul&t si vous êtes louché du sentiment dont eiie part , p^yes-la par une franchise réciproque. Je joins k ma lettre quelques réflexions qui pourront noui servir d'entrée en matière. Vous y verrez , ainsi que dans celles qui les suivront (si vous m'encourages p en me disant que mes efforts ne voui ont pas déplu et en me marquant quel effet ils ont produit sur vous) » que je ne cherche pas k vous faire illusion. C'est toujours ce qu'il y aura de plus simple et de plus clair que je chercherai h vous mettre sous les yeux. Je ne prétends avoir pour moi que la force des raisons, et non la magie du style ou le brillant de l'imagination. Je vous prie donc» sur tout ce que je vous écrirai» de me dire exactement votre pensée. Ne craignes pas de me contredire et tant que vous aures quelque chose à opposer aux vérités dont je vous entretiendrai , ne me dissimulez pas vos objections. Quoiqu'on disent les incrédules , c'est la raison qui doit nous conduire à la foi , et vous verrez » j'espère , que rien n'est plus capable de la satisfaire, lorsqu'elle se lient dans les justes bornes que l'orgueil s'efforce en vain de renverser. Je vous demande seulement deux choses : la première c'est que dans un procès où je défends , devant vous , votre propre cause , en )uge intégra
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TOUS cherchiez la vérité , je ne dis pas seulement de bonne foi , mais avec ardeur , ci que vous et moi nous abjurions ce sentiment si naturel, mais si dangereux » cet amour-propre , celte vanité secrète qu'il est si diflicile de surmonter» qui nous fait renoncer avec peine h une opinion et nous rend si pénible l'aveu d'une erreur. La deuxième, c'est que de même que quand nous voyons la lumière du soleil , nous ne doutons pas que cet astre n'éclaire notre horizon , lors même que quelque obstacle nous empêche de le voir, de même» quand une vérité sera solidement établie , que les preuves seront sans réplique , nous ne prétextions pas quelques obscurités, indépendantes de ces preuves pour nous
empêcher de l'admettre Notre esprit est trop
borné pour que rien ne lui échappe , il lui suffit de voir clairement la liaison nécessaire de la vérité qu'il conçoit avec celle qu'il ne peut concevoir , pour les admettre toutes deux sans crainte d'erreur.... >
M. de Villers fut sensible aux avances que lu» faisait M. de Simony. H ne put s'empêcher d'y voir f non-seulement une nouvelle preuve de son amitié, mais un préjugé favorable & une religioi» qui lui inspirait un zèle aussi tendre que désintéressé. Il prit l'engagement de répondre à toutes les lettres de M. de Simony, de lui souroettro franchement ses difticultés, et d'embrasser U
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yérité auisiiôi qu'elle lui apparaîtrait. A quelque temps de là » 11. de Simony lui écrivait :
fl J*ai trèa-bien compris , mou cher frère » lei raisons de votre silence » et je vous savais trop occupé d'ailleurs» pour attribuer à Tindifféreoce le défaut de vos lettres; de plus, votre amitié m*ést trop bien connue pour que rien puisse désormais en affaiblir la persuasion en moi. J'ajouterai encore que je serais bien Acbé que notre correspondance flkt une affaire de politesse et d'égards ; ainsi, mon cber ami. prenexen à votre aise , et souvenes-vous seulement que quand tous m'écrives » je prends cela pour une marque d'amitié k laquelle je suis fort sensible.
• Quant au défi que je vous ai fait, et auquel vous prenez l'engagement de répondre « s'il ne s'agissait que d'une lutte entre nos qualités respectives du corps ou de l'esprit» quoique je me sois bien avancé « je préférerais encore me retirer prudemment plutôt que de me présenter à une défaite assurée; mais comme dans le combat auquel je vous invite , j'ai la vérité même pour bouclier» j'ose me croire invulnérable » d^autant plus que j'ai pour garant de ma victoire la droiture môme de voire raison » et la bonté de votre cœur. Et ^i déjà vous n'aves pas ouvert Tun et l'autre à la parole de Dieu » c'est que tous ne la connaisses pas encoro » c'est que vous n'aves pu comprendre dv. quel prix est la foi » cette foi que