CHAPITRE XVII
DS SIKOIIT SI COmACBK TOUMITAlABVBirT A L*nB»CICB DU SAIRT VIlTUTkBB k Là CAK^ABIIB.
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L'iTAT de rBgUie de Fraoee (août i8io), i reit alors les craintes les plus légitinaes à tooa les cours siocèremeot catholiqoes« A peioe relefée de ToppressioD où elle gémissait , elle était me* oacée de dou? eaux malheors. Napoléon loi disait chèrement payer les ser? ices qu'il lui atait rendus. Toutes ses démarches ne tendaient k rien
9&0 TU 01 VOmiMIIBUR Dg flHORT.
moins qu*à U téptrer du chef Tiiible de FEglite catholique» injuilemenl dépouillé de tes éUls , el reteou depuis on on dans une dore captif ité; et que n*avail-on pas à craindre d^an homme dont la Tolonté ne connaisaait plus de résisUOoe , ei qui » eoi? ré de $e$ ? ictoires , ne ▼oyait plus rien qui pût Tarrôter ?
Ce fut dans ces tristes conjonctures • et è la ▼eille d*un schisme que tout semblait rendre imminent f que M. de Simonj quitta le séminaire . ref étn de le force d'en haut , et disposé à se consacrer tout entier h la défense de cette religion, qu'il foyait attaquée par tant d'ennemis. En faisant ses adieux i ceux qui l'avaient introduit dans la carrière sacerdotale , il pouvait leur dire comme St Paul aux fidèles d'Ephèse (i) : Et maintenant lié par l'esprit et par l'onction sainte qui me consacre au salut de mes frères, je vais dans le monde ne sachant ce qui doit m'y arriver, si ce n'est que des tribulations m'y attendent. Mais il pouvait bien ajouter aussi lui, dont la vocation était si désintéressée, si généreuse : A Dieu ne plaise que l'amour d'une vie périssable et mortelle , que la crainte de la persécution n'empêche jamais de fournir jusqu'au bout, la carrière que le sacerdoce vient de m'ouvrir.
M. de Simony n'était pas encore sorti du se-
(1) Aet. iB.
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mînaire que des offres honorables lui a¥aieol élé faites ; il eût pu les accepter » comme la suile de la Tocaiion de Dieu ^ui lui parlait par la bouche des premiers pasteurs 4 cependaut il les refusa. Il préféra aux places émincnles du saocluaire» le ministère humble et sans éclat des campagnes. Il n'était pas de ceux qui s'imaginent toujours être dans une position inférieure à leur mérite et qui regrettent sans cesse qu'un champ plus Teste ne soit pas confié li leurs soins» et il s'esli* mait trop honoré de n'avoir à é?angélîser que les pauvres et les petits, c 11 y a , disait-il » dans ces « Âmes rustiques et grossières, malgré leurs c vices, une crainte de Dieu , un fond de religion c qu'on trouve plus rarement dans les habitants « des villes, » Ce sont les sentiments qu'il exprimait aux habitants de la campagne où il résidait , la première fois qu'il monta en chaire.
t A ce moment où pour la première fois j'élève la voix au milieu de l'assemblée des fidèles pour y annoncer les vérités de l'Evangile , que de sentiments j'éprouve , mes frères; d'une part. Je respect que je dois è la parole sacrée qui m'est confiée, et la crainte de ne pas l'annoncer avec toute la force et l'autorité qui lui sont propres ; de l'autre , le désir ardent que je sens d'exciter, de réveiller votre foi et de vous instruire des îm« portantes vérités du salut : Dieu dont je suis eo ce moment l'organe , vos âmes sur qui je dois
sit TIB M BOliaftHlllin Ml MIOIIT.
réfMttdre le Iréior de le doclrine; toal eaU « Mret» m'éloone el me cenfond. Meb oe qai dek| oe iemble » me rettorer, c'eal qoe ce nVtt peiot penû rincrédulité » la faiMse Mgesfe et le cor* roplien des ?illet que je parle, c*eal à la eam* pagne où la foi, rinnoceoce et la précievie •implicite dea mœart oot dû se réfugier... •
La fortone doot {ooissait M. de Simooy loi permettait de virre libre et iDdépeadant » cans s'aatreindre aux obligaliont da mioiatire pastoral. Il s*7 soumit volootairement » et eomme le grand Ap&lre , de libre qu'il était , il se lit le aer- ▼iteur de tous » pour les gagner tous à J. *C. Pftr un sentiment profond d'humilité et de défiance de Ini-méme, il ne Toulut exercer le saint ministère que sous la direction de MM. les corés de Menterollier et de St-Martin Osmonrilie , dont il réclamait les conseils en toute occasion. Ceux-ci ne forent pas longtemps sans connaître le trésor de piété, de sagesse, de xèle que Dieo leur arait donné , et ils trouvèrent bientôt près de loi les lumières que sa modestie lui faisait cbercber dans les autres. M. de Simooy passa près de onxe ans dans cet exercice Tolontaire du ministère pastoral, uniquement occupé du soin de se sanctifier et de sanctifier les autres. Il porta dans toutes les fonctioÉn do ministère ce mélange de prodeooe, de doveeor et de fermeté qui fit plus tard le earactère de son administration. Dieu foetat que
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^oliglemps il vh, de près et par lui*méme» toutes le« difficultés du ministère des campagnes , et qu'en se môlant aux conditions les plus humbles, en s*associant 4 toutes les infortunes, en compatissant 4 toutes les fliibiesses , il tùi en tout semblable h ses frères dans le sacerdoce , pour être un jour plus touché de la position pénible d'un certain nombre, et c deronrr un fidèle • pontife en tout ce qui regarde le culte de M Dieu (i)« • Aussi plus tard , dans une de se» visites pastorales, ayant appris que des ecclésiastiques, mécontents de sa décision sur une difficulté qui lui élait soumise, af uient dît : « Mgr ne sait pas ce que c*est que d*étre cnré de campagne. » Il répondit en souriant : c Ces messieurs ne savent pas que j*ai éfé longtemps curé de campagne, et dans des circonstances bien plus difficiles que celles où ils je troufent mainte* nnnt. •
IL de Siioony , comme nous Tavons dit , était devenu propriétuire de la terre de Monterollier , ri il habitait A OsmonviHe, petite paroisse voisine réunie peur le culte h celle de St*Martin, depuis la deélruclien de son église (a). Aussitôt soli ar-
J) Hebr. xi, 47.
ft) Letanci^ni propriëUiret de la terre de BConteroHiar, jVciix de M"*« de Sulljr, avaient pr^ de l*dgliit up bfsu et vttie châtrnu , flaoqud de anatre fortes tAureUet à pM. Pour r^rer ce chiteaa qui n était pei habitd dtppîs Uagtrrnpi , il eût fjllu des dëpeniei contidérablei et lasiu tilitë.
s 54 VIE DE XORSEIGKEVB DE flHOXT.
ri?ée, il s'était mis ^ là disposition de MM. les curés de MoDteroliîor et de St*M«rtia Oinionrilir, et leur avait offert tous les secours de son sèle et de sa charité* Il disait tous les )ours la. sainte Messe dans une chapelle domestique , et toajour» h une heure réglée , vfio que les habilanis d*0»monville pussent j asâiâtcr s*ilsleTOulaieut. Tous les dimanches et jours de fêtes, il disait la première messe h huit heures à St*Martin, O:»n)onfHIe» pour facililer raccompiissement de leur de- Toir religieux à ceux qui ne poiivaif*nt assister h la graud*Me»sc. Lorsqu'un de MM. les curés des paroisses voisines était absent ou malade, M. de Siuiony s'offrait de grand cœur pour les remplacer» soureut pluaiejtrs semaines de suite. La paroisse de Monlerollier étant restée près d'un an sans pasteur, il en remph't seul les» fonctions pendant tout ce temps.
Lorsque M. de Sinionjr célébrait la grand* Messe et présidait les autres offices , il ne. manquait jamais de faire le prône et le catéchisme. Nous avons retrouvé dans ses manuscrits , un cours complet d'instructions qu'il composa pour les paroisses de Monterollier et de St*Martin.
M»* (Je Sullj le fit (k'niolir m 1803. Elle fit coutiiuire co wéinc tcmpi a Oaïuuii ville, une maifoii ilf maître , coniposcf «l'un beau corpi (te loçis et île detii pavilkint. Celte maison ëlait (fettiuëe à servir Je pird-à- terre à la famille loraqu'ciit vieudr^it vinter sei biem. C'ett U niaitou qu'habita M. «le Simoti^, pcndati» tout le len>p.* qu'il pasia à O:0onrille.
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Elles sonl toutes disposées par ordre, et il est un certain nombre de fSlies pour lesquelles il y a trois ou quatre sermons diflTérents , composés et écrits en entier. On ne trouve sans doute; dans CCS instructions , ni le fruit d'une pénible étude, ni les ornements d*une éloquence recherchée , mais toujours le langage simple et solide de la foi, une suite de pensées naturelles, de comparaisons justes, de raisonnements précis, d'exhortations touchantes. • Les instructions qu*il donnait alternativement aux habitants de Monterollier et de St-Martin » nous dit le respectable curé de cette dernière paroisse» étaient toujours simples, intéressantes et k la portée de ceux qui avaient le bonheur de Tentendre; le souvenir en est resté profondément gravé dans nos cœurs. »
M. de Simony ne s'astreignait pas toujours à la composition d'un discours écrit et récité de mémoire , ses manuscrits prouvent qu'il se contentait quelquefois de faire des plans solides , bien fournis de preuves , do textes , de traits empruntés Il TEcriture sainte ou à Thistoirc Ecclésiastique , et où les principaux développements se trouvaient suffisamment indiqués. Cette méthode, conseillée par Fénélon, è ceux qui ont un fonds de science suffisante et un certain usage de la chaire, est celle que M. de Simonj suivit plus tard dans les confirmations. Elle est bien difTérente
i56 VIB Dl HORStltmVft »B aiHORY.
comme on t oh» do eolto prétradoo méthode ^i consifte à parler moi Alode prtebbie el sans autre préparation» que ce qu*Ott est cotiTOnu d'appeler Tinipiralion du moment/
M. de Simonj mettait le méaM empreaaemcni à auppléer MM. lot curéi» prêt de ceux de leur» parobaîena qui étaient maiadet. La prétence seule de cet homme de Dieu était on gage de sécurité pour les mourants; quelques-uns durent leur con? ersion aux efforts de son sèle » et plusieurs demandèrent comme une gr✠de Tafoir comme consolateur et comme soutien à ce dernier moment.
Les enfants étaient surtout les objets privilégiés de sa charité. Il les regardait comme la portion la plus pure du troupeau de J.-C., celle» par conséquent » qui dorait être la plus chère au cœur d*un prêtre. Aussi son plus grand bonheur était de s'abaisser jusqu'è eux » de mettre k leur portée les vérités simples et sublimes delà reli* gîon » et de leur inspirer l'amour de Dieu dans des allocutions pleines de tendresse » qu'il leur adressait à l'époque d'une première communion, ou de quelque ftle solennelle.
Son premier soin » aussitôt qu'il était devenu propriétaire de la terre de Monterollier» avait été d'opérer la séparation des enfants des deux sexes réunis jusqu'alors dans une même école. Pour cela , il fournit gratuitement k la commune une
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maison commode avec un jardin pour le logement d'une sœur, une classe pour Técolo et une cour de récréation pour les enfants. Il s'engagea de plus h payer la pension de la sœur qui était chargée de donner Tinstruction gratuite. Lorsque plus tard M. de Simony vendit ses propriétés, il ne voulut pas que la commune de Monterollier Hit privée d*un établissement aussi utile, il fit don de la maison d*école à la commune • et j ajouta une rente perpétuelle pour l'entretien d'une sœur que la communauté des dames d'Ernemont , établie à Rouen , s'est obligée d'y envoyer. Sa sollicitude ne se bornait pas aux enfants de Monterollier et de St^Hartin , elle s'étendait sur tons ceux des paroisses voisines. H était président du Comité d'instruction du canton de St-Saens, et il en remplissait les attributions avec xèle. Il descendait lui«aéuio dan» les plus petits détails , visitait fréquemment les écoles • interrogeait les enfants les uns après les autres , et les encourageait par un ton doux et paternel » et par des récompenses proportionnées h leur âge et à leurs mérites. Aussi les enfants ne désiraient rien tant que le jour de la visite ou de l'examen.
Non content de cette première éducation chrétienne qu'il leur avaft assurée, M. de Simony chercha les moyens d'en conserver les fruits, surtout dans cet 'îge delà vie oii tout sem«
9 68 fU DE «OntBKIIBVB DB ftlMOM.
ble conspirer cooini rinnocaoce du eœar. Pour cela» il éuUtidiM la paroitie de MottieroUier ue «MOdilioo dédiée à la irèa-faiDle Vierge el fii arail peur ImII de tenir unb plua éiroilesMiC , par les lietts de la charité et la cmninimeiilé de prières » des essors qui ne le sent trop souvent que par le goftt du monde et l'amoor de tes fn- ▼olités. H Yomlot loinnéme dresser le rè^ement de cette association, et il lui donna onedireettoa si sage» qu*au joord^hui encore, elle perpétue dani la paroisse de Monterollier lés fruits de son tèle et de sa charité (i).
Les jeunes gens n*afaient pu moins de dreitf à sa tendresse. Il ne se contentait pas de les instruire en puhlicà Tëglise, dans des catéchismef réglés ; en particulier ches lui, dans des réonioof plus ou moins nombreuses ; en toute occasion il les accueillait sYec une bonté paternelle, leut indiquait les moyens de réparer les défauts d*uoe première édocation , et d'apprendre un état ssof s*ezposer h perdre leur vertu.
Au milieu des occupations d*one vie toute consacrée à la prière, à Tétude et aux œuvres de la charité , M. de Simony trouvait encore k temps de diriger par lettres plusieurs personne*
(I) Le réftcoMOt de celle aMocklMo cal compoêë toat entier par M. 4e Sèmowf, hÊÏmèmt , et traoterit de ta inain ter Jet regialrei de la paroîMc. Nom eo arom rctron?^ deux bînuici arec cerrcctiout daot aei oiàoiticnif ,
CBAFITM XVII. tig
du monde qui t'adretiaieDi à lui et pour les* qiiellot il 4lail une source inépuisable de sagesconseils. Tous ceux qui le consultaient» trouvaient dans ses réponses le mot que leur cœur désirait pour éclaircir leurs doutes , guider sûrement leurs pas , ou faire cesser leurs inquiétudes. Nous ne citerons ici qu'une seule de ces lettres adressée à une dame sur la simplicité dans son ménage. On j terra comment M. de Simony entendait la Traie piété, et avec quelle sage discrétion il voulait qu'on en conciliât les pratiques , avec les devoirs de chaque position.
i Ne vons laisse» poini préoccuper par lès embarras et les peines inséparables de votre état. Après avoir fait dès le malin un acte d'abandon de tout vous-même, et de toutes vos affaires enire les mains de Dieu , agissea simplement en lui et pour lui. Soyot un enfant dn moment ; ne lisez point dans Ta venir ; la vérité nous dit qu'à chaque jour suflll sa malice. Donnei tons vos soins à Téducation de vos enfants ; que tout en vous leur inspire une piété douée et tendre. Aimes-les tendrement sans faiblesse , instriiiaea-les sans rigueur et dureté, ménages-ienr d'innocents plaisirs sans dissipation, corrigeaJes sans air greur et jamais avec vivacité. Blevea-leur les sentiments sans hauteur et sans orgueil , rende«-les honnêtes et civila sans bassesse et sans flatterie., chérissez-les tous pour Dieu » mais sans préfil--
aôo VIE DE iioNftEi«yEi;R DE smoxY.
reDce el prédileclioo pour «qcud eo parlîculier* Que i^ilt ne répoodeoi pat à fot soios » plaigoez- Tou$-cn «nioureufemeDt el avec siinplicilé à Dieu. TéiDoigues-lui le désir que fooa auriez qu'ils fuuent tout à lui , niait ne déchargea poini votre cœur à loul Tenant là«deatua. Ne montrei poiol d'indifférence à ceux de vot enfants qui TOUS donnent quelques peines» caressea-les plus que les autres; la douceur les ramènera. Faitesleur sentir leurs torts sans les décourager el le.« aigrir. Priez beaucoup pour eux à l'exeinple de Sie Monique, el allendea paisiblemenl el atec abandon le moment du Seigneur. Que toutes vos actions se rapporlcnl à Dieu» el ne fous ioquiélea point de tout le reste. Ne comptez que sur lui, espères tout de lui ; il sera voire conseil, votre appui » votre consolalion à cbaqun instant de votre vie.. Respectes el aimez voire époux en Dieu el pour Dieu. Allez au-devani de loul ce qui pourra lui faire plaisir. Eludiez ses goûts, ses désirs» ses volontés. Ne cherchez point à faire prédominer votre sentiment sur le sien. Allachez^vous à vous faire un caractère égal , simple et uni. Dans les coniradiclions , les altercations presque inséparables de cet état» cédez sans humeur» sans aigreur» dans toutes les choses où Dieu n*esl pas intéressé »* et dans^les choses où 8e$ intérêts seraient compromis » usez de la voie de représentation » mais d'une manière si
louce » ti honnête , qu*il s^aperçoive que Tanour da vrai , la gloire de Diea » le aèie de son Ime aotti let teuift molift qui vous font parler. Un ton d*aolorilé ou de correcUon aérait tou-jours fort déplacé. Ne donnei point dans an irafert aanei ordinaire de votre aoxe qui est de patter plusieur» heures dans une église , en le reposant snr des domestiques» du soin des snfants. Ce sont là de grands pas hors de la iroie ; Dieu» loin d*agréer de pareils sacrifices les rejette; il ne voit en cela que votre amonr»propre » votre propre volonté satisfaite » et no u sa lainte Tolonté accomplie. Tenet-vous-en à une demi-heure d'orabon le nutin , à une messe et un quart d* heure de lecture spirituelle; tout le reste du temps se doit à vos aflhires. Le soir» une demi-heure d'oraison » votre chapelet » un ^oort eiàdien snr toutes les actions de la journée ; habituellement beaucoup d*ttnioa à Dieu » l'abandon » de détachement de tos goûts , de ros aises» de vos commodités» de tout vous* même. Ne vous faites pas même tellement un point capital de remplir le règlement de vie que vous vous serea prescrit t que si vos entants» votre mari » dans un temps de maladie ou d'embarras absorbent tous vos moments » vous vous bssiea de la peine de manquer à vos ezerciees èô piété. Vous ne devea pas même le témoigner»
psais avec un froqt serein et gai» tous prêter il
5&«' VIB DB MOlISBiailàOl »B ftlMOKY.
loul ce qu'exige de Tout ? otre état ; c'est pour lors i{ttitter Dieu pour Dieu, èire dans son ordre, ne vouloir, oe respirer, D*agir que pour lui. Ab! que cet état de détacheûnent de soi-oiéaie , d*tbandoo en lui, de simplicité, lui platt ! Evita un autre écueil qui est de prendre des domestiques pour se faire servir, sans penser qu'on leur tient Iteu de père et de mère, qu'on leur doit Teiemple; que c'est une obligation étroite rt rigoureuse de travailler à leur sanctiGcation . Celui qui n'a pas soin de ses domestiques, nous dit le grattd Apôtre , a renié la foi el il est pire qu' infidèle. Aimei-les donc en J.-C. Occopez-vou de leur fime, en veillant à ce qu'ils apprenneni leur religion, qu'ils approchent des sacrement !!(,|< qu'ils ne forment point de liaisons dangereuses; i reprenez -les avec douceur et en peu de mots; les cris perpétuels , les réprimande! dictées par l'aigreur et la colère les étourdissent sans le corriger, les rebutent sans les rendre meilleurs Traitei-les avec bonté , mais sans familiarité , m souffrez pas qu'ils manquent à vos enfants et inspirez-leur un respectueux attachement poK eux ; ne surveillez point trop scrupuleusementi leur conduite • surtout lorsqu'il s'agit de leurs ia* téréts ; la défiance natt bientôt chez ces sortes de personnes et vous seriez sûre d'être vue avec peine , tout ce que vous pourriez leur dire serait sans fruit. En un mot : envers votre mari , vos
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aufaiiU , vos domestiques , inonlriz une graode égalité de caractère » une grande simplicité:. de conduite. Vous avaoceres ainsi dans les voies de Dieu , vous ferez aimor et pratiquer la vertu et , h étant petite à vos propres yeux , vous deviendrez grande aux yeux de Dieu... »
A cotte lettre si pleine de sagesse et de niodé- \ ration /qui dénote une science du monde peu commune , on nous saura gré de joindre quelq^aes ' 1 extraits d*une autre lettre non moins remarquac ble. M. de Simony Tadrcssait à M. Ghervc^ux , Vsou premier élève qu'il continuait de diriger de n ses avis et de ses conseils. Il y résume , c*n trois m ou quatre pages, ce qu*on peut dire de plus juste :» et de plus fort sur les devoirs généraux et s^ur la » nécessité de réformer sou caractère dans les 4i différents rapports de la vie. Cette lettre respira p tout h la fols une tendresse paternelle et une ^ mule et austère franchise qui ne pouvait rien ■ dissimuler de ce qui était répréhensible, , « Dans le trop court séjour que j*ai fuit pri*s de toi , mon bien cher eubni, j'ai eu à peine 19 quelques moments pour l'ouvrir mon cœur et re- V ccvoir les témoignages de ta cdnGtince. Combien .1 de choses il me resterait à te dire et à combien (t de douceurs et de consolations je renonce en te p quittant si tôt. Je ne veux pas cependant partir n tout entier d'auprès de loi , et je veux que ce ( petit papier te tienne lieu , en quelque manière ,
^s64 ^IB BB VOBtElCIIBll M ftSIOKr.
de c% eonteiiler fidèle , de ee père tendre » de cel ami siDcère qoi s'éloigiie de toi» ea te Unsietit son cœar. Je sais sur qae to aimeras à le cmuoller ce cœor, dans les aris qae sa tendresse lai inspire de te laisser comme an précis et an mfmorial de nos conversations intimes.
« Reçois-les» cher enfant , avec les mêmes sentiments q*ie je te les donne, et )*ose croire qae ta troareras alors autant de doucear à les fluÎTre que }*ai de consolation h penser qaVn t'j conformant » tu te rendras cher à Dieu et aax hommes, et que ta acquerras cette paii qui Tant mieux que tout For et que toas les plaisirs d« monde... .••
« Après Dieu , cher fils , je te recommande U mère, elle t*a fait ce que lu es, et si tu Taos quelque chose » c*est ft ses tendres soins que ta le dois , jamais aucun sacrifice ne peut acquitter ta reconnaissance. Respect, déférence, soins i tendres , attentions délicates , supports , services i journaliers » ton respectueux et soumis , ce sont i des devoirs étroits dont rien au monde ne peut i te dispenser. Son bonheur dépend de toi, et une peine qui lui viendrait de ta part serait une [ ingratitude monstrueuse; sa vie d*ailleurs est eo | les mains, et souffrir de ta part pour elle, qui I est si sensible , c'est mourir ! Sa tendresse qui t*est si bien connue, 500 cœur qui ne vit que pour toi, et ce témoignage si doux que lu te
GBAPITIB XTII. i6$
rentrât à ioi-mème que la mère te doil son bonheur» ne sulBront-ilt pas pour te dédomma^ ger de qoeiques efforU que tu feras sur loimême , de quelques prifations que lu l^imposeras.
t Ai-je besoin de te parler d*une épouse que le ciel t*a donnée dans sa bonté. Tu possèdes un trésor et une amie; une femme que Dieu luimême l*a choisie est un dépôt cher et sacré sur lequel tu dois veiller jour el nuit. Son bonheur doit être désormais ton outrage» el Ion élude journalière doit être de lui plaire et de lui faire couler d*heureux moments dans la pratique de la loi du Seigneur; cette loi , c'est lui-méme^qui fa tracée dans ton cœur, (es exemples doivent tendre sans cesse à en rendre plus profondes les impressions ; el, cher ami» ne t'attends pas que loui sera fleur dans un ménage même que Dieu a béni, tu sentiras plus d*une fois la pointe aiguë du chagrin; mais lu es homme et chrétien , en lâoUil datan* tage pour Rapprendre à souffrir? Prépare donc ton cœur contre tous les maux do celle Yie; niais veille sur loi, pour en épai^ner même les plus légers h une épouse qui s*attend à Iroover près de toi el la sagesse el la tempérance d*aQ homme et d*un chrétien, la douceur» le support» la compLiIsance, la charité, ce lien véritable des cœurs. Qu'elle ne se ressente jamais des élans d*uo caractère naturellement dominant el entier»
S66 TIB DB II0BSB1G2CEU& M SIIIORT.
mais qu'elle ne trouve jamais près de loi que ce Ion qu'ÎQipire la tendresse, la confiaucc, Testime» le respect môme» cher ami » et la considé ration. Malheur à toi si tu regardais jamais autrement ta femme que comme une compagne que le ciel t'a donnée pour te rendre heureus en faisant sou bonheur. Si tu apercevais jamais en elle quelques faibles, quelques défauts (et qui est ce qui n*en a pas?) G*est par la patience, par des a?is toujours assaisonnés de tendresse et d'égards que tu dois en triompher, jamais par iVm* pire et la rudesse. S*il en est que tu ne puisse» surmonter, ton devoir est de t*y accommoder suivant les règles de la prudence rt de la charité.
« Il est encore des hommes qui auront aflaire h toi , des domestiques , des ouvriers , des pauvres, dans quelque dépendance qu'ils soient de toi , n'oublie jamais qu'ils sont les frères : c'est la marque d'un petit esprit de commander avec | empire , de reprendre avec aigreur, de traiter avec dureté ceux sur qui nous avons quelque pouvoir. Respecte en tout homme , quel qu*il soit , la qualité d'homme . d'enfant de Dieu , de frère. Accoutume toi a commander avec bonté, à corriger avec douceur, et les maux que tu ne pourras pas guérir en autrui , supporte -les avec patience. Souviens-toi de tes propres défauts et tu supporteras sans peine les fardeaux des au-