CHAPITRE XynU 'à(j
deur (i). Sa femme est la vertu môme. Il n'y a qu'une voix sur son compte. Elle a eu la bonté de me parler de ma belle-sœur. L^ambassadeur a été poli , et n'a pas eu trace de cette morgue qu'on s*est plu è trouver en lui... Je crois qu'il aime et veut le bien. Nous avons vu le cardinal Litta » le cardinal Délia Somaglia^ à qui j'ai servi de diacre à Paris» et demain» nous dînerons chez le cardinal Pacca. Il n'y a ici aucune nouvelle; mais nous en avons lu de tristes de France (a). »
M. de Simony était arrivé à Rome à l'époque oîi l'on faisait d'immenses préparatifs pour la réception de l'empereur d'Autriche, François I*'. Toutefois , ce ne furent ni ces fêtes brillante» données pendant son séjour, ni les souvenirs dupeuple*roi , ni les monuments de sa grandeur, qui eurent le privilège de l'émouvoir et de parler à son cœur. Une dame protestante, liée d'amitié avec M"* de Villeps» et qui vit souvent M. de Simony pendant son séjour à Rome , nous raconte ainsi les impressions que produisait sur son- fime , cette prodigieuse variété de scènes ci d'aspects qui frappent le voyageur en parcourant les rues de Rome : ■ Il appréciait tout avec son
(i) f« comte de Blaeat d'Aolpt.
iH) M. de Simony fait alluiion «as diflieultéi tarvenoef entre la cour de France et celle de Rome , relatÎTeiaeot àroiëctttion du- Concordat de ISIT.
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ecior ,'ei quoique MOfeBl Ma puial de Tiie ic tài pat le mien , je ne p e u y aii «l'enqiéGlier 4*«4* mirer cette simplicité extrême avec bqaeUe cet e#pnt sapérieur tradaiiait lout eu bieu* el iam doute •pirituaiiaait des dmaet qui me Metadeat souTeol. le me souviens cependant qu'il n*apprçuTipl pas la marche du ministère de Ke VII; mois il n*était venu chercher à Kome que do Té* dtficatioD » et je crois qu*3 n*y a trouvé q«o oais. Nous y étions A Tépoque des fîtes que le Pipe donna k l'empereur d'Autriche, filtes.d*un genre tout nouveau. Les usages permettaioal aux ecclésiastiques d'j assister. Ces deux Messieurs ne voulurent en voir aucune, et cependanâ. je ne me souviens pas d*avoir eôtendu sortir de leux bouche une seule parole qui e6t tant soit peu Tair de bifimer eenx qui , là-dessus , ne pensaient pas comme eux...« a
M. de Simooy était intéressé par des fttes d'un autre genre. Son bonheur, comme il nous l'apprend lui-même , fui de prendre part A ces pieuses cérémonies , k ces paatiques de reygton si fréquentes dans la capitaie du monde chrétien , et qui sont ai propres à ranimer la foi et à nourrir la piété.
« Nous sortons d'une cérémonie qui n'a pas eu l'éclat de celles que les curieux viennent chercher à Rome» mais que nous avons trouvée bien touchante. Ce sont les obsèques d'un saint
religîeax dominicaîa , qui , après qutire-TÎogt^ quatre aos de travaux et de vertus, vieot d'eutrer dans la vie des saiflts. Le speclacle de tous les frères raogés autour de son cercueil , le Ion pénétré dont ils récitaient leurs prières» ces versets de la Satiite-Ecriture qui peignaient si bien le bonheur d'une vie consacrée au Seigneur et consumée dans son service » la douceur de cette parole si bien sentie : ffœc requies tnea in seculum êceuli, etc., c'est id mon repos h ja» BMiis; ce lieu sera ma demeure , car je Tai choisie parmi les enfants de Dieu... Non moriarsod vivatn... non, je ne mourrai pas; je vis aa contraire d'une vie nouvelle , et je rendrai témoignage à la poissanee et aux miséricordes de laon Sauveur... tout bous a émus jusqu'au fond de l'âme. J'ai éprouvé les mêmes sentiments ,dimanche dernier» à la profession d'une relrgieuse de Saint-François de Sales. Je n'ai pu j retenir mes larmes ; mais ce n'étaient point celles de la douleur, au contraire, c'étaient celles d'un cœur qui ne suflBi pas i ses sentiments. La grandeur du sacrifice , l'bérmsme avec lequel il était fait, le ciel qui j prenait pari, la récompense dont il devait être payé , même en cette vie , par les douceurs de la vie religieuse , Thonneur qui ep revient à J>ieu , les avantages •qu'en retire la société des- fidèles» tout cela me ravissait. I^ai revu, ensuite ù la grille cette heureuse épouse de J.-CL;.
^6 YIB D£ IfOMBieRBllE M SlIIOlfT.
elle venait remercie^ le cardinal qui a?aît fail U cérémonie. La joie rayonnait sur sa figure et faisait honneur à la couronne virginale qu*eik portait. •• Yoilà , ma chère , les speelades que l'aurait désirés pour Texcellent couple qoe j*si vu partir mardi dernier, et non pas ces cohues où vingt mille étrangers , la plupart mécréants, viennent porter le scandale et font rooorir la piété. Ce sont presque les seuls qu'ils aient vus, aussi en ont-ils emporté des impressions défavorables. En général » ils n*ont pu voir ce pa js que du mauvais côté : des cérémonies lumokoeuses, des églises remplies de curieux et son de fidèles. fis ont eu à traiter avec des gens qui spécuieat sur les étrangers et se font un métier de les trooi' per. Ils ont interrogé la classe la plus ignorante du peuple; tout cela ne pouvait former dans leur esprit des préjugés favorables. Je leur si raconté ce que nous avons éprouvé véritablement de tout opposé. Je leur ai donné des raisons, je crois satisfaisantes, de ce qu*ils n'avaieoft pu comprendre ni expliquer ; ils ont paru m*eotendre, mais quelque chose sera-t-il parvenu t leur cœur ! G*est à notre Dieu à le faire, c*esti lui qu'il faut sans se lasser le demander.
t On est aussi effrayé ici qu'en France du progrès des doctrines révolutionnaires ; et cette France, tout abattue qu'elle est, fixe encore les yeux et les espérances des bons commr
GBAPITEB XVIII. fgy
des méchaoU, Le Saint-Père se porte bien; nous aurons le bonheur de rapprocher encore une (bis avant de partir... »
On voit par les réflexions qui terminent cette lettre , que tout n'est pas également édifiant k Borne 9 6t que M. de Simony ne se faisait pas iU lusion sur las abus criants qui régnent dans la capitale du monde chrétien. II avait seulement soin» en esprit juste, de dégager la cause de la religion des abus et des vices de cette population romaine , qui spécule indignement sur la pieuse curiosité de ses nombreux visiteurs.
M. de Simonj, qui faisait tourner toutes ses démarches à Tavancement du règne de Dieu dans les âmes » s'était prêté volontiers à des rapports fréquents arec la famille protestante dont nous avons parlé» dans l'espérance d'être utile à deux jeunes époux dont il admirait les excellentes qualités, mais dont il déplorait les préjugés en matière de religion. U crut qu'une correspondance suivie pourrait servir à les dissiper» et achever ce que de simples conversations» pendant son séjour à Rome , avaient commencé. Les offres de son xèle touchèrent vivement les personnes qui en étaient l'objet» elles ne purent s'empêcher d*j voir la plus forte preuvo du l'intérêt que M. de Simou; leur portait. Un autre motif leur fit accepter la discussion qu'il leur proposait » c'était la haute idée que cette &miUe s'était faite de la vertu de
IqS vie de MONSfilCNEUR DE SIMOKT^
M. de Simony el de M"^ de Villers. t La coosidéralioQ et rattachement que }*ai pour cea perionnes, écrivait M"* d*E..» donnent un trop grand poids à leur désir pour ne pas j céderp leurs ▼ertus leur donnent le droit de me dire d'examiner la religion qui les a faites ce qu*ellea sont; et si M"* de Villers et ses filles n'étaient pas ce que je connais de plus parfait sur la terre • je refuserais d'entrer dans aucune discussion sur cet article, •
Nous regrettons de ne pouvoir donner qu*aDe légère idée de cette correspondance » qai noai fait connaître M. de Simony sous un noureao point de vue. Nous n'en pouvons extraire que quelques passages plus propres à en faire saisir le caractère et tout ce que le cœur de M. de Simony renfermait de bonté, de zèle et de charité.
c Je ne saurais » Madame , vous exprimer de quels sentiments m'a rempli votre dernière lettre. La confiance que vous voulez bien m*y témoigner» la candeur et la générosité de votre fime qui s'y reflètent , tout m'a profondément pénétré, et si j'eusse obéi au premier mouvement, sur-le-champ j'eusse pris la plume pour vous marquer ma sensibilité; mais la discrétion m'a retenu el j'ai difl*éré pour ne pas être importun. Vous voyez , Madame , combien peu vous devez craindre d'abuser» comme vous le dites, de mon temps et de ma patieuce : comment ne vous con-