‹ Vie de Mgr de Simony, évêque de Soissons et LaonChapitre 46 sur 67 · CHAPITRE XVIII. S · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVIII. S

sacferais-je pas volootiers l*uo et Tauire lorsque )e serais disposé à vous donner mon sang 1 croyez donc bien que la correspondance qui s'établit entre nous ne sera point assez active à mon gré et que )e n'aurai jamais qu'un regret, celui de ne pas la rendre assez intéressante pour vous attacher aune discussion qui l'est tant par son objet, et vous engager à ne l'abandonner que quand ce qui nous divisera en fait de croyance aura été pleinement éclairci.

M. de Simony entre ensuite en discussion et commence par opposer la nécessité de Tautorité de l'Eglise en matière de foi , au principe des protestants » l'interprétation privée de l'Ecriture. Toute cette lettre et celles qui suivent sont admirables de précision » de force dans le choix des raisonnements; de délicatesse, d'urbanité dans la forme; on y voit partout l'empreinte d'une religion éclairée , qui ne voulait point imposer ses convictions, mais qui n'aspirait à régner que sur des cœurs persuadés et soumis.

M"** d'E... dont toutes les lettres dénotent un esprit élevé et un cœur excellent , ne pouvait assez témoigner sa reconnaissance à M. de Simony pour le temps qu'il voulait bien consacrer à ces discussions , mais elle craignait à bon droit que la partie ne fût pas égale.

c Je suis un peu effrayée de l'entreprise que )*ai commencée , je n'ai ni les lumières ni Tins-

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trociion nécedsâire» poor répondre à ro$ Afcelions ; étant parfaitement coDTainciie el heorewe datis ma croyance, je n*ai jamaia créuaé éaas cet fujet8*lft , âof8i toia-jé complètemeol noriee , et lors même que qnelqoes^nei de Toa'raiaeof me sembleraient tictorieuaet , mon ignorance m'engagerait encore à me défier de moA impreision puisque certainement plusieurs ergumeati que Ton peut alléguer en fafeur de ma foi me sont inconnus ; ainsi , la partie est si inégale qn*il me semble presqu*impossible d'arriver janDais h uKi résultat satisfaisant ; mais alors . ai naa^ré tant de difficultés , je suis persuadée , eroyei qoe je vous Tavouerai franchement et que je ticberai de mettre de c6té tout amour^propre et tout orgueil humain. •

M. deSimony avait d'autant plus d'indulgence pour les personnes qu'il voyait dans l'erreur, qu'il était persuadé que plusieurs protestants pouvaient être dans une bonne foi si parfaite qu'elle ne leur permet pas même de douter. Mais dès lors qu'on acceptait l'examen , il voulait qu'on rélevât de part et d'autre au-dessus d'une question d'amour-propre » et que le désir de la vérité | fût le seul motif de la discussion. Il ne se peut rien de plus délicat , de plus sensé , de plut raisonnable, de plus fort que ce qu'il oppose aux appréhensions que cette dame lui manifestait. Il prend acte de êcs craintes et de ses aveux , ri la

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