CHAPITRE XIX
DE 81II0ET YICAIBE «ànàBAL DE M. DE LATlt , £?&QUE DE CHABTBE8. — IL EST NOIllli AUMO- MIEB DE M. LE COMTE d'aBTOIS. — M. DB LATH
ABCHEVàQUE DE BEIMI. NOMINATION DB M. Dl
SIMONT A L'ivàCHi DE SOISfONI. — SES EiSII- TANCBt. *— SON ACCEPTATION. — iLOGE QVI M. DE YILLkLE FAIT DE SON SUCCESSEUR.
flL JOE SiMONT coDtinuail d'édifier les paroisses ^ de Sl-Marlin Osmonville el de Monterollier , par le spectacle de ses vertus simples et modestes. Livré tout entier aux bonnes œuvres qu'il avait entreprises et qu'il soutenait par son zèle et par sa charité, il était loin de penser aux dignités de l'Eglise et ne songeait qu'à vivre inconnu dans rhuinble campagne qu'il habitait. Il était le seul qui ne se doutât point du bien qu'il faisait , car selon le précepte du divin Maître» sa main gauche ne sut jamais redire h sa droite ses pins chari*'
tables actions. Mais ses bonnes œiitres ellesmêmes lui donnèrent malgré lui une célébrité qu'il n'ambitionnait pas , el vinrent Tarracher à une solitude qui eût fait tout le bonheur de sa vie. Le concordat de 1817 venait de recevoir son exécution , au moins dans ce qu'il avait d'essentiel. M. de Latil , aumônier de Monsieur » comte <l*Artois , évéque d'Amyclée » inparttbus, depuis 1 816, et nommé è Tévéché de Chartres en 1817, avait enfin reçu ses bulles quatre ans environ après sa nomination. Le 8 novembre 18s 1 » il prit possession de son siège , rétablit son Chapitre , et composa son administration. Avec ses deux grands vicaires titulaires » il s*ad joignit comme grands vicaires honoraires » MM. les abbés de Simon y et de Bonal^. M. de Simony reçut en même temps le titre d'archidiacre de Chartres. M. de Latil était presque compatriote de M. de Simony , et l'avait connu avant la Révolution. Une étroite amitié ne tarda pas à se former entre eux. M. de Latil voulut que M. de Simony demeurât avec lui, et qu'il devint le confident habituel de ses desseins^ c J'ai le bonheur, écrivait HT. de Simony (le 10 décembre 1891) , de vivre avec des gens qui tous valent infiniment mieais que moi et avec qui je puis , è chaque instant , gagner beaucoup. Mgr, en particulier, est en* Gore meilleur et plus facile k vivre que je ne me Tétais figuré ; ainsi tout irait bien- si j'avais lieu-
So8 ▼!£ DE MORSBIOIIBOB DB 8tl01lir.
par des personnes diflTérentes » c'est ce ce accord à signaler en lui un tempérameiit a ble de toutes les vertus , et une immuaU sévérance dans tous ses devoirs » ce qui jours été regardé comme le chef-d'œurr grâce » et le signe le plus certain d'une ém sainteté.
M. de Simony s? ait été nommé par 1 Latil » supérieur de plusieurs communauté gieuses » et spécialement des Carméli Chartres. Sa tendre piété» la sagesse esprit » la connaissance qu'il avait acqu voies intérieures, le rendaient plus propre eun autre i diriger sûrement ces fimes et craintives , ces victimes innocentes qui molent chaque jour à Dieu pour Texpiat dérèglements du monde. Nous laisserons vénérable supérieure de cette communauté à ta mémoire de M. de Simony , le tribut vénération et de sa reconnaissance.
• Mgr de Simony I nous écrit-elle, a n partout la bonne odeur de J.-C. et y a pendant son séjour h Chartres, h réputaii< saint; cependant il n'a point fait de choses ordinaires que Ton puisse citer, il tfichait c celui dont il est écrit : • Il ne criera point fera point entendre sa voix au dehors , e.
dit de lui-môme : apprenex de moi que doux el humble de ccsor. b Sa vie, en efle
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humble et cachée , ton sourenir est le souvenir r d'un homme simple et modeste , bon et doux , T charitable et miséricordieux , d'une conscience déh'cate et timorée. Cette môme impression est É restée dans notre communauté qui n'a eu le bonr heur de posséder ce respectable supérieur que pendant huit mois; nous n'a?ons plus nos anciennes " mères qui ont eu des rapports plus fréquents a?ec ' lui , de sorte que nous ne pouvons rappeler aucun fait particulier. Mais son nom est toujours c resté en vénération parmi nous , souvent nous i parlons de lui dans nos récréations avec le regret % de n'avoir pas vécu plus longtemps sous sa conr duite toute paternelle. Il a eu la bonté de nous a visiter en i836, époque où nous nous établissions i dans notre nouvelle maison qu'il visita avec ,t beaucoup d'intérêt; il nous témoigna la console lation qu'il en éprouvait et ses touchantes paroles s me sont restées gravées dans le cœur surtout celles qui exprimaient son attrait pour la vie 12 cachée : t Oh ! mes filles , nous dit- il , que vous ï. êtes heureuses » que j'envie votre bonheur» et ■I que bien volontiers je quitterais mon évéché « pour goàter la paix et le repos de la vie reliie gieuse ! »
m Pendant que M, de Simony s'occupait ainsi de
toute espèce de bien , il reçut de la cour une
li marque de faveur qui fit voir la haute estima
U qu'on y avait de son mérite et de ses vertus. M. de
5ia VIB DE ttOll«BI6ffB0i Pfi SIHOKY.
ChaboDA était deveou premier aumônier de la
ducbetse de Berry (avril iSus], M. de SHdod]
fut appelé i le remplacer en qualité d'aamioiei
par quartier de Monsieur, comte d'Artois. Il re^n
la nouvelle de cette nominationr» qiii devait influe
sur sa vie entière, sans aucune démonstration di
)oie. Ce n*est pas qu'il ne fût sensible à Thonneu
de faire partie de la maison d*un prince , en qu
ses ennemis même s'accordaient à reconnaître le
plus nobles qualités de l'esprit et du cœur, jointe
à une reli^on sincère et à un grand amour d
bien ; mais les séductions de la grandeur et de I
puissance*, même vues de loin, effrayaient so
âme bumble et modeste. 11 se fit dès lors une loi d
ne paraître à la cour que lorsque ses fonctioi
exigeraient sa présence, et de ne jamais sollicite
aucune iâveur personnelle , résolution à laquell
il tint constamment pendant toute sa vie.
Mais plus il fuyait les honneurs, plus l hooneurs le recherchaient. Monsieur , coni d'Artois, lui donna plus d'une fois, et en publi* des témoignages d'estime et d'affection . Tous , ce n'est lui seul, y voyaient le signe certain d'ui élévation prochaine h la première dignité ci sanctuaire. Cependant les nouvelles prématuré* que des esprits inquiets ou intéressés s'empre: saient de répandre, aussitôt qu'un si^e devenu vacant, lui inspiraient de véritables frayeurs. A commencement de Tannée i8a3. , on s'occupa <
nommer aux sièges épiscopaox «fai éUMBt éUtnilivement conser? es » et dont les premiers titulaires étsient morts, oa démissionnaires» ou transférés il d'autres sièges. Quinie nominations res*^ laient à faire. M. de Simooy fut propesé povEir mi des sièges Tacants* L'annonce d'an meilleur dont on l'eût menacé , n'eût pas fait sur lui une impression plus vive : on- peut en juger par ces quelques lignes qui n'étaient point destinées à Toir le jour, et où se rèfèlenldans toute leur sincérité les sentiments que lui inspiraient sa profonde bu« milité.
ff (is iauTier iSe3.) On Ta nommer fingt^ quatre éTêques qui n'auront pour lutter contre le mal et soutenir le bien que le secours d'en haut. C'est jbien assex, diras-tu» ma bonne sœur. Oui » pour ceux qui sauront l'iuToquer et ^ s'en rendre dignes. Hélss I on parle de moi et je crains encore d'être le plus léger dans la ^ balance. Que ne m'est-il permis de calculer» ma ^^ liberté que )e perdrai » mon insuffisance que Je " mettrai à découvert » ma tranquillité qui sert '^ Lien compromise » mon obscurité enfin qui était ^ mon bien » j'aurais bientôt dit: non. Si l'on ^ me dit absolument d'aller » j'irai » mais quel
* sacrifice I... »
'^ Les deux ordonnances qui nommaient aux dif- ^ fércnts sièges , suspendirent pour un temps les
* alarmes de M. de Simony. M. Milbaux » grand
5 1 9 TIB M MOX&EIGHBUB BB SIMOITT.
▼îcàiredeReonea (i), l'aTait remplacé sur la liste pour réfêoh^ de NaTers* M. de Simony apptaudit d*aulaQi plus hautemeat à la sagesse qui avait présidé aux choix des sa)eU» qn*il sefélicilait ioiérieiireiiieni de n*y ayoir pas été compris.
• J'ai été placé sur la liste, mais une main plus amie m*ea a fait jrayer » Deo graiiaê. Puisse , mon. nom, ne se plus trouver sous la plume de celui, qui eocourt une si grande respoosabjlité I Nevers aura dans M. Milhaux un homme d*uoe grande vertu ; il tirera , j*espère , des pierres même des enfants d'Abraham ; c'est un diocèse à tirer du néant : il Cillait une autre mi|in que la mienne, n -
L'année suivante, M. de Goucy, archevêque de Reims , étant mort, U voix publique désignait l M. de Latil pour son successeur, c Voilà Tarche- I vêque de Reims au ciel , écrivait M. de Simony , | car c'était un saint prélat, cela ravira-t41 le mien è Chartres ? c'est probable , car tout dit qu'on doit l'y nommer. J'en serai Aché pour lui, et encore plus pour Chartres; fâché pour moi,
(i) M. JeaD<Baptitte- Nicolas Milhaaz, né i Reooetf le 25 novembre 4756 , devint tapérieur du. grand séminaire et grand rieairede Rennes. Il fut nonmë é?éqae de Nevers en d82S. Le dioc^e deNerers, précédemment réuni à celai d'Autun , cit un de ceui où la disette de prêtres se faisait le plus sentir. Dans le peu de temps qu'il gourema ce diocèse . M. Milhaua montra l>eaucoup de séle et d*activiié , forma des séminaires , et prit des mesorei efficaces pour réparer les pertes du Sacerdoce.