ÉTABLISSEMENT DE CETTE MAISON EN FRANCE
VERTUS , PlàTà DES PARENTS DÇ M^^ DE SIMONT.
^ous croyons devoir commencer la vie Igr de Simony , par faire connaître Tancienneté fc l'illustration de ses ancêtres. Bien qu'on pa* Hisse faire aujourd'hui bon marché des avantages iQ la naissance» on nous permettra cependant de ire d'un saint prélat» qui du reste n'a voulu tirer Dn mérite que de ses bonnes œuvres et de ses '^rtuSf qu'il avait l'honneur de descendre d'une ^ticienne et noble famille. Après tout» il n'y a ni isage, ni coutume» ni décret^ qui puissent faire |ii*on cesse de porter un nom recommandable kt hbtorique.
Nous parlerons d'autant plus volontiers des ancêtres de Mgr de Simony» que sa profonde ttiodestl^ on le sait» lui a fait garder pendant
s VIE D£ MONSBIGIfiUB D£ SIMORT.
toute sa vie, le silence le plus absolu sur ces titres de gloire humaine* Personne ne fut moins infatué que lui des distinctions de la naissance» ni moins désireux de la considération qui pouvait lui en revenir. Ce n'est pas qu'il n'estimfit ces distinctions , mais il ne pouvait souffrir qu*on les fit connaître ou sentir autrement que par une plus grande élévation de sentiments» et par une plus grande noblesse d'actions. Ainsi, pour n'en citer ici qu'un trait, lorsqu'il entra dans la maison de Sully , pour diriger l'éducation du jeune duc, on fut plusiears années sans savoir qu'il était de famille noble, et on ne l'appelait pas autrement que M. Siraooy. C'est par le môme principe , qu'en têie des maximes de conduite qu'il rappelait le plus souvent au jeune duc de Sully , il avait cette belle pensée de Charron : c Ceux n'ont en soi rien de recommandable que ceti noblesse de chair et de sang, la font fort fi loir , l'ont toujours en bouche , en enflent joues elle cœur.... mais c'est pure vanité, U leur gloire vient par de chétifs instruments , utero, canc^tug paHu, et est ensevelie sous tombeau de leurs ancêtres. Comme les crioaii poursuivis ont recours aux autels et sépnlcret morts , et anciennement aux statues des reurs , ainsi ceux-ci destitués de tout mérite ( sujet de vrai honneur ont recours k la mémoiK
armotrie de leurs ma)eors. Qae sert à un eugle que ses parents aient une bonne vue et iiD bègue réloquence de son aïeul ? »
La maison de Simony» originaire de la Toscane, . une de ces maisons de nom et d'armes qui se it formées dans les temps anciens avec l'héréé dos fiefs et sont derenues célèbres par la eur et les exploits militaires de leurs chefs, s révolutions continuelles qui ont agité en tout is les états d'Italie» le sac des ?illes et des iteaux ne permettent d'établir une filiation n interrompue dans cette famille qu'5 com* ocer de la moitié du XIII* siècle.
I. La ville de Sienne , seconde ville de la Tosle , et une de celles qui ont produit le plus de inds hommes en tout genre, fut selon toute parence, le berceau de la famille de Simony de la plupart de ses alliances. C'est dans une ces guerres si fréquentes alors entre les petits i» d'Italie » que nous Toyons paranre te plus ;ien représentant de cette maison» le chevalier vnaud de Simony. En laSi, les villes de »rence , de Sienne , de Lucques et de Pisloja , >ique en guerre entre elles, étaient toutes réu- 8 contre la ville de Pise, leur rivale. Le com- ; fut sanglant, et Reynaud de Simony y fut tué premier jour d*août 1201. Son corps fut enré dans la chapelle de St-Pierre qu'il avait idée Tannée précédente dans la vieille calhé-
4 VIE DE MOlfSEIGRSUR DE SIMON Y.
drale de Sienne. On voit encore ta tombe dam cette église arec cette inscription :
BIC JACBT IITHALDUI DB IIMOIT EQCEI QUI HÂHC CIPBLLÀII lORDAVIT ASIIfO 4230 OCClSUf ZST BILLO ANHO fAlUTlS d231 PRIMA AUCOITI JlXQOlBtCAT IR FACB (1).
II. Il ne sera pas sans intérêt de remarquer que ie monument le plus ancien que nous voyons érigé par la maison de Simouy, est une chapelle consacrée au Prince des Apôtres , dans la cathédrale de Sienne; et le premier titre de cette famille» un acte de donation , par lequel Melitius de Simony , fils de Reynaud , donne k la même église une ferme ou métairie. Héritier de la pieuse magnificence de ses pères qu'il a môme surpassée, Mgr de Simony pouvait dire en toute vérité • comme le grand Ap6tre : « Dieu que ma famille a toujours servi et à qui je suis dédié par met' ancêtres. » Deus eut servio a progeniioribu9 {^^ — II TiM. c. I. v. 3.
ilL Hugues de Simony» fils de Melitius» épousa
(i) Ci-£h Rfvnaad de Simony, chevalier, qui fonda cette chapelle, ran 4230, et fut tué à la guerre. Tan de aalut 1231, le premier jour d*Août. Qu*il repose en paix.
(2) Cet acte de donation eit un parchemin écrit en latin reTétu d'un acel et conire-icel en cire rouge. Sur le scel ett un cheTalier, la lance en arrêt, armé de toutes pièces et monté sur un palefroi bardé; le scel est pendant à un cordon de soie bleu et roo|^e , couleur de Pécu de la famille de Simony, qui était primitivement, en termes de blason, partie de goeules et d*azur. Cet armes se yoicnt encore sur la tombe de Rrynaud , sur le
cHmîrmB u S
3 1 ft Clara Poltii , d'une noble iamille de la Tille ienne d'où est sorti Ambroise Politt , qui après r enseigné le droit pendant trente ans sous 3ni de Lancelot Politi » prit celui de Catarin evenant prêtre, parut arec éclat au Concile rente et mourut archevêque de Conza.
\ Thiebaud de Simonjr jeta un nouTeau esur la maison de Simony , par son alliance
scel et contre-acel de Tacte de dooation , et daot quatre iti différente da vitrail de b ehapelle de St-Pierr«*. '*hirognipluim ett d*aataot plut authentique qu*il est tire Iëp6l publie et revêtu de toutes les formes requises. Le e&tttellemeiit :
.CHIBOfiâAFaUM.
MJii êii omnibus tam prcBsentiboê guam futuris, çiiod ego W de Siwumy , Sques , et vsor mea Eugemia Petrueio , ft, Hugo^Maitinu$^Domicelli,ei pyella ma Felieia, eom» ts et damtu Scdesûe Sancti Pétri Svenv, domum seu de Franca , eum- toto honore , tub espresea condiiione Molibet anno vigilim defënctomm erunt decantaim^ prima nsis teptembriê, pro animabue patrie mei Regnaldi, genineof Protperm^ pro me et uMore mea , pro fUiis et (Uiabus Hœe aeta sumt in villa de Franca et data sub chirogra- « décima guinta ealendis januarii. anno ab incarnatione ii MCCLXXXXll.
I soit connu à tous tant présents que futurs, que moi , M de Simony, chevalier, et ma firrame Eugénie Pélrucio, s Hugues. Martin. Damoiseaux, et ma jeune fille Félicie, os et codons à l'Eglise de St-Pierre de Sienne , notre lou métairie de Franca, a? ec tous les droits hoooriGquet, Texpresie condition que le premier jour du mois de nbre de chaque année, on ebantera les vigiles des morts et âmes de mon père Reynaud^ de ma mère Prospère , i, de ma femme, de mes Ùl$ et ûlle.
préfentes lettres ont été faites à la métairie de Franca, inées sous le seing , le quinzième jour des calendes de r de Tan douxe cent quatre yïagi douze de l'Incarwa e Notre-Seigncur.
6 nz D£ 1I0K£BI€1IBVB DE SIMOIfT.
en i347» avec Dona-Magdalena Picolominî , de cette illustre famille qui donna aux armées d'Italie de célèbres généraux, aux sciences d'habiles philosophes , à l'Eglise» deux évoques aussi savants que pieux , et deux papes : le célèbre yEneas Silvius , pape sous le nom de Pie II , el son neveu Pie III , tous deux pctiis-neveux de Magdeleioe Picolominî.
V. André de Simony, (Ils de Thiebaud , fut gouverneur de la citadelle de Sienne en i4i5« Son fils aîné, Pierre de Simony, lui succéda dans cette charge , et devint le chef de la branche aSnée qui resta en Italie.
VI. François de Simony second fils d'André, vint s'établir en France, à la suite et comme chambellan de Jean II • duc de Lorraine, ûU aine de René, roi d'Anjou, lorsque ce prince, après d'inutiles efforts pour recouvrer le royaume de Naples, repassa en France l'an i464* Nicolas d'Anjou , fils de Jean H , étant nu>rt sans postérilé, René II petit-fils du roi René par sa mère Yolande, hérita du duché de Lorraine, et con* tinua sa confiance à François de Simony , qu'il avait en très-grande estime. A la fameuse bataille qui se livra devant Nancy, le 5 janvier i4;7* et où Charles le Téméraire, duc de Bourgogne, fut tué et ses troupes défailes , François de Simony fut gravement blessé en combattant vaillamment aux. côtés de Réué duc de Lorraine.
Sa bravoure , son mérite, et la charge qu'il exerçait le firent entrer dans une des premières familles de Bourgogne, par son mariage avec Guillemette de Taceponne de Vicanne. François de Simany devint ainsi le chef de la branche de Simony établie en France.
Vil. Martin do Simony, son fils, épousa en 1494 t Marguerite de Combles, qui lui apporta de grands biens; mais une des clauses rigoureuses du contrat de mariage fut que Martin de Simony et ses héritiers adopteraient à l'avenir les irmes de la maison de Combles. Ces armes qui étaient celles de Mgr de Simony, portent: écartelé Hi premier quartier d'or; au deuxième de gueules, i une étoile d'or ( Mgr portait à l'étoile d'argeni) ; lu troisième d'azur; au quatrième d'argent; k a croix de sinople brochant sur le tout.
VIII. — XV. Huit degrés ou générations réparent Martin de Simony de François de Si- Bony , né en 1733, et père de Mgr de Simony.
Pendant cet espace de temps cette famille, qui le partagea en plusieurs branches , contracta les liliances les plus honorables avec des maisons listinguées dans la noblesse et dans la magistrature. En 1626, nous voyons Claude de Simony, marié à une demoiselle de Monchette, tante or^aternelle de Bossuet, évéque de Meaux, et en 1684» Bossuet lui-même et son frère donner leur consentement, par acte notarié, au mariage
8 VIE OiE MOMSfilfilfBllA DB SIIIOKT.
de leur cousin germain» Bernard de Simony.
Celle illustration qui venait à la maison de Simony de son oucienneté» de ses services militaires , de $eé dignités et de «es alliances ii*étaii pas la seule qu'eût héritée François de Simony, .seigneur de Broutières. Il tenait de ses anoétres, «t transmit à ses enfants un sentiment profond de ^et honneur qui est la vie même du gentilhomme: un courage à toute épreuve, un désintéressemeni qui préférait la pauvreté à 4ine bassesse , uo ^mour de la vertu qui no se démentit jamais* François de Simony, né en 1720, était le premier de onze enfants. Trois de ie$ frères, tous trois, capitaines d'infanterie, furent tués dans différentes batailles; ilentra lui même très*jeune au service du Roi comme lieutenant ; son régiment ayant été réformé à la paix, il suîvit, en qualité de p£(ge , le marquis de la Ghétardie , ministre ^plénipotentiaire de France à la cour de Russie « près l'impératrice Catherine. De retour en France en 1745» il fut nommé lieutenant dans le régiment de Tournaisis, fit avec distinction les campagnes d'Italie« reçut un coup de feu à la jambe uu siège de Torlone. et un à la tête au siège de Cazal. A la bataille de Plaisance, il défendit avec intrépidité le passage d'un ravin contre la cavalerie allemande, et reprit sur l'ennemi trois drapeaux. Il n'avait alors que vingt-cinq ans. Ces deux actions lui méritèrent les plus grands éloges de
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8 part da maréchal de Maillebois , généralissime les troupes françaises , la croix de St-Louis , et t le brevet de capitaine avec une compagnie au )éme régiment de Tournaisis. Lors de la paix énérale d'Aix la Chapelle (1748) , il pasêa en orse avec son régiment, dont le colonel le mar- Liis de Cursay , était chargé de travailler avec le linistre de France à Gênes , à pacifier les troues de celte lie; il y resta jusqu'à la rentrée des oupes françaises» en 1754* En 1 753 , il obtint la place d'aide-major de la ace dcToulon, grade qui venait immédiatement »rcs celui de gouverneur. Pendant trente ans l'il en exerça les fonctions , M. de Simony '^ouit •ostammeut de l'estime et de la confiance gêné* le , et donna l'exemple de toutes les vertus, ilgré l'agitation et la licence des camps oii il ait passé une grande partie de sa jeunesse , il ait su conserver la pratique de ses devoirs [igieux; il en faisait hautement profession ^ Qs 8*inqu!éter de ce qu'on en pourrait dire ou nser. Il disait, comme Turenne, qu'il ne crailait pas plus les phrases de ceux qui se conduiient autrement que les boulets de canon. C'est cette école de la religion et de l'honneur qu'il rma ceux de ses fils qu'il destinait comme lui i service du Roi. Deux d'entre eux : Louis-iMarie Louis-Viclor de Simony , furent successivecnt enseignes, lieutenants, capilaines de vais-
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seau» et moururent contre-amiraux. Un troisième» Charles de Simony » lieutenant dans le régiment de Royal-Louis, fut tué au combat do cap Brun , près Toulon» le i5 octobre 1793, n'ayant encore que dix-huit ans. Trx>is autres moururent en basage. Jules-François de Simony, dont nous écri» vons layie» fut le septième de douze enfants (1), que M. de Simony eut de son union avec Marie- Charlotte d'Astour » et celui que Dieu se réservait dans cette famille vraiment patriarchale.
Cette vertueuse épouse, fille d'un capitaine des vaisseaux du Roi » avait perdu sa mère dès ses premières années. Son père ne pouvant veiller lui-même sur son éducation » l'avait placée sous la direction des religieuses de St-Sauveur de Marseille , et recommandée à MM. de Sabran et de Gastillon » ses amis intimes. Elle se félicitait plus tard do ce qu'ayant été privée si jeune des soins maternels , elle avait trouvé d'autres mères dans les religieuses de Marseille, e|* iy|g
{i) Les fœara de Mgr de Simony , au nombre de cinq , furent Marie- Françoiie de Simony, depuis M»* Estalle ; Mad^ leine Eusénie , M*« Durand ; Ursule-'Vicloire , M*« de Vilfera ; Mélanie-Louite , M»« de Roquefeuil , et Adélaïde. A Texception de cette dernière , morte trés-ieune et de M»< de Villeri , morte en 4842 , let autret loeura de Mgr de Simony, dont deux let atnëes , lont encore exiitanlei. M. le comte Alphonse de Simony, filf du contre-amiral Louis- Victor de Simony, et marié à une de ten cousines , M«ii« Elisa de Yillers, est aujourd'hui le chef de cette branche de la maison de Simony, et le seul qui en porte le nom.
1 % VIE DE MONSfilGMECn DE 8I1I0KT.