CHAPITRE XXL
GAâACTkBfi «ànàBAL DB l'ÉNSGOMT DB HOIItBf- 6XBVE DB tlBOIIT. <— tAGBB DB CBABLBt X. — 1IOM8BMIIB0B DB MVONT tMRB L*BXBOiÉ »bt irâoUBS DB FBARCB, tOB VlBDiMDDAJICB DV FOOVOIB TBH90BBL. — XtaOIBB DBS iTftQVBS CORTBB L£8 OBDONRAMCBa DB l8t8. -r bAtA- BLIMBHBIIT DO TITBB DB L*iGBMB DB I.A01I.
Là Episcofat de Mgr de Simony , dont il nous reste à parler , embrasse depuis son inslallaiion jusqu'à sa démission , une période de Tingt-trois ans. Il commence avec le sacre de Charles X»
qui eut lieu quelques jours après , pour finir le jour même où la ré?.olulion de Février renversait un trône élevé dix-huit ans auparavant » par une autre révolution » celle de juillet.
Nous ne nous dissimulons pas les. difficultés qu*ofire cette partie de la vie de Mgr de Simony» à celui qui veut en retracer le tableau. Ce qui fait son plus grand mérite fait notre embarras i
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nous Toutont dire celle consUnle et admirable unirormîlé des mêmes actions comme des mêmes ?ertiis. Sans doute » le plus bel éloge que Ton puisse faire de la Tie êpiscopale de Mgr de Simony , c'est de dire qu'elle a été une suite non interrompue de bonnes œuvres, une pratique codliniéeUe de toutes les vertus qui font les saints évéques. Mais après tout , comme Ta remarqué un célèbre écrivain : t L'éloge de la simple vertu est comme un beau portrait , quelque parfttte qu'en soit l'exécution » il frappera bcMucoup moins qu'une physionomie passionnée dans un tableau d'histoire (i). » Quoiqu'il en soit . ne nous plaignons pas que Mjgr de Simony , dans le cours d'un long épiscopat , ne nous offre aucun de ces iaits eixtraordinaires , aucune de ces actions éclatantes qui émeuvent, qui intéressent plus qu'elles n'instruisent. Qu'il nous suflSse de le voir dans nne des plus hautes dignités de l'Eglise , donner l'exemple des vertus , que jusque-là il avait pratiquées à l'ombre du sanctuaire. Le lien d'où brillent ces vertus est plus élevé , mais œs vertus conservent leur même caractère de simplicité , de modestie , et jusque dans les actes publics de son administration , on ressent toujours les goûts , les instincts et comme le par fum de la vie cachée. Mgr de Simony^ par la na«
(I) La Harpe , Cour$ de Liitérëlvre,
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iure de son àaie et par tes haftitadei de pr«ç; |^ dence te Uni confia niaient à l'fcart de louletlM] affaires , de tous ces débats » de ces discuasioMs qui donnent quelquefois de la cilébrité, niaU,j presque toujours au détriment de la paix dé«t les éféques sont les premiers ministres • et d| Tautorité toute dirioequi leur est ^confiée. Bsclusivement; renfermé dans le cercle de ses feac* lions épiscopales , Mgr.de Simony crojait que le goufcrnement d*un Diocèse offre un champ' asseï ▼aste au zèle d*un évéque , sans qu*il eût beseis de chercher ailleurs un aliment à son adÎTilé. Mais làencore il fuyait arec le plus grand sein teol ce qui arait l'apparence de l'éclat ou de l'ostèDlalion ; il redoutait par-dessus tout • cel art d'admioislrer qui veut tout innover , tout démolir, tout reconstruire. U créa ou rétablit , il est vrai, un grand nombre dinstilutions utiles à soa clergé et à son diocèse i mais il le fit Idu jours avec tant de maturité , que plusieurs j voyaieni plutôt Tœuvre du temps et des circonstances, que le fruit de tes conseils et de sa haute sagesse. D'ailleurs ^ Mgr de Simony » loin de revendiquer la gloire qui lui revenait des actes de son admi* nistration , n'avait qu'une seule pensée , ceilSp d'en dérober , d'en effacer promptement le sou«L venir. Redoutant la publicité comme l'écueil de L l'humilité , il ne voulut jamais que l'on communiquât aux journaux ou revues eccléiiaiti^Mes ,
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^ faiis qui pouTaient loi dire hoDorablea^ el sur observation qu'on lui faisail , que le Diocèse de oissons élait un de ceux dont on parlait le loins : «Tant mieux, répondait-il, il importe eu que nous soyons connus des hommes, pourvu ue nous soyons connus de Dieu (i). »
Mgr de Simony était 5 peine arrivé dans sa ville ^iscopale , qu*il reçut du Roi une lettre (lo mai) ir laquelle ce prince Tinvitait à remplir les onctions de diacre à son sacre qui devait avoir eu à Keims , le sg mai. C'était un des privil^es 3 Tévéque de Soissons^ doyen et premier suffra- ' int de la province de Reims , d'assister comme iacre au sacre des Rois de France , et de les sarer lui-même , au défaut de l'archevêque de leims ; c'esl ainsi que Jacques de Baxochcs avait cré St Louis, à Reims , en iss6; Milon de Ba*. »cbes, Philippe le Hardi, en 1971 ; et Simon egras , Louis XIV, en i653.
Quelque soit le changement qui s'est fait deuis ce temps dans nos institutions et aussi dans os idées, la cérémonie du sacre de nos rois *en reste pas moins une des plus belles , une es plus augustes comme des plus sages instituions de la religion chrétienne. Eu effet, par et te cérémonie qui' remontait au berceau même
Cl) Par le même motif il rcfuta tout renicigneiDent aux kteurs de la Biographie du Clers^. On lui 6t entendre alorf Ue l'on compoierait ta yie tant documcnti. Mgr de Simony ft contenta de répondre : Qu'its fanent ce qti*iU veulebl.
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de là moiMirchia friDçaiM , Tl^ise , sani prétendre • comne od Ta dit (SniMenieDt , conrérer aux princes on pouvoir et des droits qu'ils te^ naient:déjà des lois fondamentales du rojaume, leur décoorrait la sodree d*ob décoofe toute puissance, en?ironnait leur autorité de la majesté de la religion , el rappelait è tous que c*6St Dies qui donne ans Rois, Pesprit do sagesse, de conseil et de force , qui fait Tappui des trônes , li gloire des Etats , et le bonheur des peuplée.
Mgr de Simony assista rairclMTéqne de Reinif dans cette imposante cérémonie qui afih réooî dans Tantique métropole de Reims tout ce que la France avait de plus illustre. M. de Latil, craignant de ne pouvoir achever lui-même la cérémonie, avait prié Mgr de Simony de se réserver pour le suppléer au besoin. Nous ne décrirons pas ici la pompe et la magniGcence de cette journée. Il n'y eut qo*une voix pour louer la foi vive du monarque fils atné de TEglue, son attitude pleine d'humilité comme chrétien, et en même temps sa dignité comme Roi. Pour ôter tout prétexte ^ de» gens disposés à voir de Texcis ou de l'abus dans les formules les plus innocentes et lef plus consacrées par l'usage , on retrancha du cérémonial du sacre tout ce qui n^était plus en harmonie avec le nouvel ordre de choses , comme aussi toutes les anciennes formules qui pouvaient recevdr un s<;ntf contraire aux droiu
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|ue les Rois de PrailCe tenaient de leur naissance il des lois da royanme.
Mgr de Simony reçut Charles X à son passage Uns la ville de Soissons, a?ant el après le sacre. Sl son retour, Charles X s*arréU quelques heures lans celte ville» fut complimenté à la porte de a cathédrale par Mgr de Simony, et lui répondit m termes qui montraieot la haute idée qu'il lyail de son mérite et de ses vertus.
Mgr de Simony, quoique honoré de Testime et le la conCance de Charles Xt et en liaison itroite avec les premiers personnages de la cour* lemeura toujours étranger aux passions et aux ntrigues qui s'agitèrent en tout sens autour de ;e prince , bon jusqu'à la faiblesse et qui , tour à our, par des concessions que la crainte lui arrahait , et par des résistances imprudentes « enourageait l'audace de ses ennemis. Aussi , tanlis que les organes de l'opposition libérale et Qli-religieusa dirigeaient chaque jour leurs traits jivenimés contre quelques-uns des premiers paseurs de TEglise de France , le nom de Mgr de iimony fut toujours respecté, et la calomnie ressaya pas même de l'atteindre, tant il fut ittentir à éviter ce qui pouvait compromettre on ministère par un impruddnt mélange del ntéréts de la terre avec les intérêts du ciel.
Deux fois seulement, il sortit de la sage réserve |u*il $*était imposée , parce que l'honneur de la
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religion lui en faisait «n dètéir. En i6è6 , VmW de Lamennais Tenait de p'ablllèr son llVre : ïh U BMgim eonéidttie cfi»^a $$$ tUplHf^U mtfee l'ardre 'politùiue et civil. ÏI paraissait n^iroir ea pour bot» dans cet 6iJtrage, ^ne d^annàler presqu'éntièremènt le jtôilTOir tètiiporiel . en le pfaçant dans une dé(>endàncè'a1ifdtue Se là paissanée spirituelle. Son Èftè JTut AéÊM aux tribo naax qui le condamnèretlt. Bn ifitiDe temps les éTêques de France furènft iAilïCés ^ se proooncer iiir une affiirrè qui les r^rdait Ik plus toste titre. Quatorîe d^i^re eux , réunis k Phna» rënbuVelèreot èxpÊcilémeht , par un exposi& dé teurs senlîments » la doctrine de la déclaration de i68a*» sur l'indépendance absofue des Rois dana l'ordre temporel , et d'une manière générale celle des trois autres articles. Cette déclaration reçut l'adhésion immédiate de trente -quatre autres évèques, parmi lesqueia était Mgr de Simony^ et successivement celle de presque tous tes autres é?êques de France.
Mgr de Simony n'avait point hésité ii protester avec ses collègues dans l'épiscopat contre des opinions funestes à la religion par leur excès même , et qui tendaient à la rendre odieuse en lui attribuant sur l'autorité des princes des droits exagérés et arbitraires. Il n'héiita pas davantage h réclaimer contre les énTahisséments du pouvoir temporel , lorsqu'il le vit empiéter sur
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les aiuibulious esseutielleâ de ia puissance ccclédiaslique» parles fameunes ordonnances du i6 juin i8t8 : l'une qui excluail les Jésuites de l'é^ ducation de la jeunesse , Taulre qui imposait des enlra?es saqs nombre aux petits séminaires.
Quoiqu'on ait pu dire contre la légalité de ce Mémoire, adressé, au Roi par les évéqiijes de France » il est certain qii'ii a toujours été dans les traditions de l'Eglise que les éréques élèrent la voix t sait pour éclairer les fidèles, soit pour avertir l'autorité , soit pour défendre les droils de la religion , soit enfin pour protester contre des mesures inquiétantes» Qr, telles étaient justement les ordonnances (1q i8t8. De concessions en concessions faites auj^ Qimegiis de la religion » Charles X en était réduit» pour les satisdire. k dépouiller les premiers pasteurs de l'Eglise d^uo droit inhérent à leur caractère» exigé par la nature même deachoaes» proclaoaé par les conciles, reconnu par les décisions du conseil et même par des arrêta du Parlement , celai d'être seuls )uges de la nécessité^ du nombre, de la forme» de la direction des écoles destinées à perpétuer le sacerdoce , et les bienfaits d'un ministère qui a pour objet unique lé salut des àmts.
Lés rntentions du Roi étaient droites et entraînaient è sa suite un ministre » évêque luimême, et plus malheureux que coupable. Mais la pensée secrète de ceux qui avaient dicté les or*
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donnances , n'en était pat moins one pensée hostile à la religion. Refroidir les vocations naissantes» dégoûter les jeunes gens et les jeunes prêtres d'une carrière où Pentrée setde présentait tant de difficultés, les effrayer en ne leur offrant en perspective que des humiliations à recueillir/ que des mépris à supporter » en an mot, dépeupler de fait tes petits séminaires poor ôter au sacerdoce le moyen de se recruter et de se perpétuer , tels étaient les motifs secrets et non avoués qi)i avaient préparé sous main la ré* daction des ordonnances , dirigées en apparence contre les seuls jésuites.
Mgr de Simony, plein d'une respectueuse soumission pour les droits du souverain » crut cepeo* dant que le silence des évoques serait dangereux dans cette circonstance et qu'on s'en prévaudrait pour persuader an peuple qu'on n*avail rien voulu diminuer des droits inhérents au sacerdoce. Il signa le Mémoire rédigé par le cardinal de Glermont-Tonnerre, archevêque de Toulouse, doyen des évéques de France» au nom de Pépiscopat français. Ces courageuses représentations étaient justifiées par les tristes fruits que portaient déjà les ordonnances. Des mesures aussi pleines de défiance et d'arbitraire avaient jèlé l'alarme et l'anxiété dans tous les petits séminaires. Plusfeurs évéques avaient reculé l'époque de la rentrée pour voir si les difficultés qu'on leur sus-
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citait s'applâoiraient dans Fintervalle. Ènfio ane transaclion iotemol. Le goufernemenl coàsemit à ne poiol presser l'exécution do certains articles plus odieux. Les huit écoles ecclésiastiques, dirigées par les Jésuites fureoi fermées. Les séminaires du diocèse de Soissons étaient tous dirigés par des prêtres séculiers. Le gouvernemeât se contenta de déteraûnery par une ordonnance do 29 septembre t le nombre des petits séminaires , c'est-à-dire qu'il maintint ceux qoi se trouvaient établis (1). Une autre ordonnance agréait les nominations que Mgr de Simony avait fjites des supérieurs ou directeurs de ces trois écoles.
Le souverain pontife* dans le Bref qui accompagnait le concordat , avait exprimé le désir que le tilre des anciens siégea qui étaient supprimés, ne (ùi pasenlièremenl éleiùt. Quelques évoques avaient déjà obtenu de joindre au titre de leur siège le titre des sièges qui, parles nouvelles dé^ marcations» sont compris dans leur juridiction. Mgr de Simony, dont le diocèse comprend Tancien diocèse de Laon tout entier, demanda do'
(I; Le diocèfe de Soitions comple troii peliti lëmiiuiim': celui de Laon , oui comprend les clattef lupërieuret depati la quairiéioe jotqu à la rhétorique inclusivement, ceiiK de Notre* Dame de Lieue , pour le I<aonnois , et d*Oulcliy le ChAleau , pour le Soi5sonnaif, où font les clasiet inférieures , depuis la nuitième jusqu'à la cinquième. De plus, depuis 4936, la asaltrite des enfants de chœur de la cathédrale de Soisioufl afourni au« •éminaires dioc<fiAini de nombreus sujets.
H% VIB DE HOMiBlfiMElUl J5B SIMOHY.
pouvoir unir à ton titre celui de l'église de Laoo, de cette église si ancienne» qui avait un chapitre si nombreux , de si brillantes prérogatives , et qui voyait ses pontifes s'asseoir à côté dy trône de nos rois. Léon Xll/par un Bref du 17 juin 1 StS, qui commence par ces mots : InUr cœierat, ordonna que le titre de l'église de Laon fftt rétabli » et uni à perpétuité b celui de Soissons » de manière que les évêques de Soissons pussent prendre i l'avenir le titre d'évéque de Soissons et deLaont
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