‹ Vie de Mgr de Simony, évêque de Soissons et LaonChapitre 54 sur 67 · CHAPITRE XXII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXII

RÉVOLUTION DK l83o. — PB(JD£NCB KT SAGI^ B&SEBVB DB H0NSBI6NBDB DE SIMOMY. — - SA CONDUITE TI8-A- VIS DU NOUVEAU GOUVEBNEHENT.

CONSEdJ qu'il donne AUX PBStBES DE SON

DIOCkSE.

JL'oBAGE qui se formait depuis plusieurs anoées sur la mooarcbie venii|:r:d*édater. Un nouveau trône s'était élevé sur 1^ débris de l'ancien. Ob ne fera pas sans^ doute un trime à Mgr de Simony de n'avoir point applaudi à la révolution de juillet. Il n'avait pas toujours approuvé la marche du gouvernement de Charles X , mais il avait un c€Bur trop reconnaissant pour ne point regretter la chute malheureuse d'un prince qui l'avait comblé de bienfaits^ et il aimait trop sincèremenl son pays pour ne pas gémir de voir la France rentrée dans la carrière des révolutions • le droit d'insurrection de nouveau légitimé et le pouvoir dépouillé de cette force , de ce respect , de cette

hI^l^ ïiE DL iioNsmc:»Bti> tx. s[ito>r.

stabilité sans lesquelt il oe peut riea pour la pdii et le boDheur dei peuple*. U eut d'aîUeur* k diplorer conme évdque , lei excbt d'impiété \m k uél^rent eo pluaîears endroiu i l'iniuguntÏM de* oDUTellei ÎDstituiioni politïquu.

Au milieu dei peiuei et des appréheoiioni légïtimos que dut éprouver son cœur <len& des cir- CODstancei aiiliî difficilei, Mgr de Siiuouy dono* des preUTei de ce calme , do celle patience . àt c« courage que la toi iaspirn et que fcrlifie l'habi tade de la pridre «t de Id coofiBoce ca Dieu. AIod auiii il recueillit les fruits de la prudence el de la Mg« circoaspection qu'il s'était toujours impoaéea. Au milieu des troubles de U terre, il cobtinua- d'être pour tous les partis , l'homme da iM, Les regHK) lui étaient perorti*; Ibdii K M Im ffloferiMer iklM s«A CttUr, of dMiti* «<Mi- IMtMMt au OMVMM |p>averilAalÉMril(>|Hii 4rit6t tolérance chi^tieoaa, et d'unAflfilit'MséMKU^'ft.

Le* otrcoOaiances oommaildaiflill dti laAjreft d* ci^couspeotieù et de résarre, Mgr de Simàirf èorifil \ tous Im curé* da dîdcèiâ pour ttftir éoi* •eiller cette prudence, cdt esprit de Mge ëoudetceédHoe. de modération et de ddUced^ dan têo*^ leur* rappért* avec l'autdrité. ^n- d« plui ■âge, de plu* dieturéquo cette lettre, kpths \ett ANir accordé téns le* ptfuveJr* doflt il* pô^tniflu tkiQit bettfîB daii lai oirMii*f«M6«s «o- IMllei , il ajouait : • D»a« Me «MlliHttM lUMi

Il violente que celle <pi*éprou?e en ce moment la France • des inquiétodes ne peuvent manquer d*agiter nos esprili. Mais» mon cher curé 9 rtppelons-y les pensées de la foi , et bientôt ils auront retrouvé le calme. Quelles que puissent être nos épreuves , nous seron» toujours heureux » si chaque jour , en nous présentant à Dieu » pour i&y ^ remettre notre sort entre ses mains , nous pouvons dire avec vérité , ainsi que le prophète : /% Tuus sum ego, salvutn me fae» Au nom de notre j divin Maître, je recommande h mes coopérateurs m la simplicité envers Dieu par une conGance Cliale et un dévouement absolu à sa gloire et au salut des âmes qu'il nous a conCées , et la prudence pour ne jamais donner occasion à de justes reproches. Ne nous occupons des discordes civiles» que pour les apaiser» et quelque chose qui nous arrive» montrons-nous les véritables disciples de Jésus- Christ» par une fidèle imitation de sa patience» de sa constance et de aa charité. >

Cette lettre indiquait Tesprit qu'il apporterait dans ses rapports avec les nouvelles autorités ; un principe» dont il. ne se départit jamais» fut de mesurer toutes ses paroles» toutes ses démarches selon les. règles decett6 prudence et de cette charite toute chrétienne « qui s'assujettissent à tout san» murmures »» pourvu que la foi demeure intacte » et ne. M permettent pas de condamner les cxigeacesvauaqueHes ijpeut être utile de se sou*

346 ▼!£ ^^ HoxsxioMiiri n sihout. |

melire. Dâiit let premier» )omT% qui suiTireDl b réf^tieti de latHet , qiteh|tte» jeanes gène li fn le pelrielisme evait oioBié la tète , el qoi eolea* daiestla liberté à Icurfrçoa» te prëamtèrtii af«e UD drapeao tricolore , poor l'arborer aor k porte de soq palais. Une persooae attediée à aaa •ervice Toalut les éloigtter afec nenaoea» Mgr dt SiflieDj» entebdant quelque tomolte , deaeaaéi ce que c'était » fit entrer cea jeniiea gesa » Im refui arec calme, av<ecdotteear, maia «vee dit gaité , i*informa de ce qo'ib ? o^laioBl» et aar leur répenae il les remercia gracieuaeiDeAi el lev paya géoérettsement le drapeau , en leor faiaaat obtenrer' qu'il n'était pas juste qu'un autre que loi en ftt les frais.

Quelque temps après, un malheureux accrédila le faux bruit que Mgr de Simooy a?ait faii eaclMf det armes dans son parc de Mercin , qui aerrait de campagne au séminaire. Chacun sentait tout le ridicule d*une pareille imputation. Cependant le commandant de la garde nationale Fint oiEcieusement représenter à Monseigneur rindispenaaUe nécessité de faire une visite pour imposer silence auxmalyeillants, confondre la calomnie» et empêcher qu'on n'en vtnl à piller les quelques meublef du château de Mercin. Mgr de Simony consentît à tout de la meilleure grâce. Le parc et le chiteau furent visités dans toutes leurs parties. Ee délateur qui prétendait avoir tout ra , était à la

GflAPinift XXII. S47

des ▼isiteiira. Il leur indiqua pkiêieurs ea^ ;s où la terre paraisaail nouTeHement reoroée*; Il quelques fouilles qui n^atuenèrent d'aulfe Itai que celui qu'on arail prévu. I>eè pierres Hïi été extraites de ces différents endroili * réparer les chemins vicinaux , de là les sou^

de la malveillance , et les prétendues armes lées. L'accusateur était confondu » sa Ifiche mnie allait lui faire perdre une place de e dont il avait besoin pour vivre. Lechari- ) prélat, autant au-dessus de la Tengeance que 1 crainte» employa tout son crédit pour la aire conserver » le laissant pour toute punià sa conscience, et à la honte d'avoir osé ]uer son évêque et son bienfaiteur, gr de Simony , dans ses conversations fa- ^es , appelait ces petites tracasseries 1^ *s de la liberté; il ne fut pas longtemps

en recueillir les fruits. Dès les premiers s dé la Révolution , il avait été question de tre les bâtiments occupés par le séminaire de n , à la disposition du ministre de la guerre, printemps de i85i , une ordonnance vint per sérieusement de la même mesure le j^rand inaire de Soissons. Le sous-préfet pressait ; vivacité l'exécution de celte ordonnance.

de Simony, après quelques observatioils ses de sagesse , de douceur et de fermeté »

t cru devoir céder pour le momoiH , et déjà

548 TI£ DB MONiBreUBIIR M SIHOKT.

il était confenu que les bâtimeott da grand se mioaire toal eiilier aeraioot éTacuAs» è Texceplioa de la chapelle. MM. lea directeurs el lesélifes, au nombre de cent , étaient obligés d'aller s*éUiblir dans la maison dite des Gapacina , où Tiogi* cinq éièfeslk peine peuvent loger ooaiaiodémeBL On ne pouvait d'ailleurs imaginer de mesure pb désastreuse pour le grand sémiuaire, doDl roccipation » disait*on » ne devait être que temporaire. En effet , la disposition d'une caserne o'a rieo de commun avec celle d*un grand séminaire , et il devait résulter de là des «dépenses énormes, lorsque les bAtiments du grand séminaire seraient rendus è leur première destination. M. Téconome du séminaire, après avoir pris l'avis de Mgr. alla représenter toutes ces difficultés à Tautorité militaire , et lui proposa de prendre Taile gauche du séminaire, qui venait d'être construite toot nouvellement, sur remplacement de Tancien petit séminaire de Soissons» et qui n'était pas encore eo* tièrement distribuée. La sagesse de ces propositions, Tesprit de conciliation qui les avait dictées, et le nom de Mgr de Simony » vénéré de tous, les firent accueillir favorablement par le cooh mandant du génie , et par l'intendant militaire. Une partie des bâtiments fut seule occupée psr la troupe. Restaient les inconvénients d'un voisinage aussi rapproché et si peu en rapport avec les habitudes de paix et de calme d'une maisao

>; cuAPiTBs XXII. 349

de prière et d'éludé (i). Mgr de Simonyï viveuient ailecté de l'élat de gène où était placé son grand séminaire , se détermiiM malgré le principe qu'il s'était fait de ne jamaia solliciter aucune faveur du gouvernement» à faire le voyage de Paris ; il exposa au ministre loua les inconvénients d'une telle cohabitation et obtint immédia*» tement une ordonnance de restitution » qui , malgré les nouvelles diiEcultés soulevées par quelques ofliciers du Génie » reçut son exécution.

■<>i«^-i-*— — *— II I

ii) Cette mejure impreMioDiia Tifement M. Tabbë Maréchal , alors supérieur du Grand Séminaire. Le profond chagrin (|u*il en conçut , \oiai à une grande fatigue des nerfs | détermina chex lui une cruelle maladie qui résista opiniâtrement à tous les reméUei, el, après trois ans de siHiffrances , Tenlcfa à Tàge de 4^ ans, à la Yénération et à l'affection de tout le clergé et de ses nombreux amis. M. Alphonse- Michel Mar^ chat , était né à Laon , le 40 janTÎer 1796 « d'utie famille oà la piété et la vertu étaient héréditaires. Ceux qui l'ont connu d^ son enfance ont toujours rendu un témoignage mianime i Tinnocence de sa TÎe, à son es|)rit droit et à des habitudes de gravité et de dignité qu'il a toujours conservées. Il a laissé les plus honorables souvenirs au séminaire de Sl-Sulpice,oàil •à vait reçu les ordres ; et il suffit de dire aue c'est sur la recommandation de M. Dudaux, cet homme ii vénérable et si vénéré, (lu'un an après avoi^ reçu le sacerdeac, étant vicaire de la cathédrale , il fut nommé ,*par M« de Villèle, évêque de Soissons , supérieur du Grand Sémmaire. M. l'abbé Lequeux, son compatriote, son collègue, son ami, et depuis son successeur, lui fut adjoint comme directeur du Grand Séminaire et professeur de I héologie morale. M. Maréchal remplit les fonclioDS de sopé* rieur pendant douze années entières avec une application et une régularité qui ne se sont pas démenties nn seul jour, et qui étaient devenues proverbiales. Atteint, dans le cours de 1832, de cette maladie qui devait le conduire au tombeau, il ne 6t plus que languir, en donnant constamment l'exemple d'une édi- Gante et louchante résignatioOr Mgr de Simonj 1 avait nommé chanoine titulaire de la cathédrale et nromotenr du diocèse. Il mourut le jour de Nuél de Tannée ihèi*

9âo VIE DE MOlfSElGKEVB Dfi SIIIOKY.

li nesi pas besoin de rappeler les accusations qu'on foramlaii alors chaque jour contre le clergé, qu'on Irouyaii «fficbées partout , qu^Mi portait iDéme k la tribune » sans qu'une seule pût être prouvée» et les circulaires injurieuses qui soumettaient & Tinquisilion d'employés subalternes ce qu'il y avait de plus moral dans la société. Dans toutes les lettres qu'il écrivit k ses curés » comme dans tous ses entretiens avec eux « Mgr de Simony leur conseilla de n'opposer à ces attaques que la patience^ la foi , une confiance inébranlable , une prudence extrême h éviter tout ce qui pour ruil être' une occasion do division et de désordre, ul en observant plus que jamais les règles d'une sDge retraite 9 d'une vie humble et cachée , d'un zèle uniquement appliqué au salut des âmes.

Dans différentes parties de son diocèae , il se rencontra y comme ailleurs » des administrateurs légers.el capricieux qui» sans autre raison que leur mauvi>is vouloir , firent retrancher ou diminuer le traitement des desservants, s'occupèrent de discipline ecclésiastique , firent ouvrir de force les églises, condamnèrent les curés h y entendre des airs patriotiques, et voulurent régler la liturgie ; quelques-uns s'imaginèrent aussi que le moment était venu de satisfaire leurs mécontentements particuliers • et do demander le chan^ment de leur curé, filgr se contenta d'éclairer l'autorité supérieure» sans répondre à aucune demande* U

CnAPITRB XXII. 35 1

pensait avec raison qu'un évéquc, uni avec ceux qui sont dépositaires de raulorité civile^ peut plus facilement remédier aux difficullés et faire le bien ; mais fidèle gardien do Taulorité que Diea lui avait confiée , il ne pouvait souOrir qu'on lui dictât ce qu'il devait fairo , et qu'on voulût lui forcer la main pour le déplacement d'un de ses prêtres. Sa conscience était comme un poiht d'arrêt qu'il n'outrepassa jamais , et contre laquelle venaient échouer toutes les demandes , toutes les sollicitations. « Dieu a placé les évéques pour gouverner, disait«il , cl ils sont responsables à Dieu de l'exercice de leur autorité. » Toutefois, cette fermeté était toujours tempérée parla douceur, et plusieurs fois ses lettres, pleines de sagesse et de modération , calmtTent les haines et les ressentiments, et rapprochèrent es cœurs. Plusieurs magistrats avouèrent qu'ils vaient vu tomber leurs préventions devant les iges représentations d'un évéquo dont ils adiraient et vénéraient la piété touchante, le fugoent droit, le xèle prudent, la charité t^dre. ) toute occasion, il cherchait à insf^irer à ses ^és cet esprit de conciliation et d'égards vii4ides autorités communales. On en trouvera trouve dans le petit trait suivant qui nous a' transmis par un des prêtres les plus distindu diocèse.

\ maire d'une commune , au lieu de ' s'en-

353 VIE DE MOKSEIGKEUR Dfi SlHORT.

tendre de vive voix avec le curé de la paro

lui avait écrit pour qu'il eût k célébrer un se

onniversaire de juillet » à dix heureê précise

curé avait annoncé de son c6té que la mess4

rait lieu k neuf heures; aussi quand arrivèn

uiunicipalilé et la garde nationale, Toffice él

à peu près terminé. De là /exaspération gén<

et par suite , dénonciation au. préfet qui rei

à i'évécbé. Quelques jours après, Mgr deSii

ayant eu occasion de voir le curé de cette par

il lui montra avec bonté la plainte dont il

l'objet; celui-ci expliqua le motif de sa conc

et le sage prélat lui adressa ces paroles vrai

remarquables : c Vous vous êtes trompé »

cher ami ; ce monde, dépourvu le plus soi

de foi /et très-ordinairement d'éducation,

manque sans en avoir l'intention. Si nous vo

relever un défaut de convenances, dont

peut avoir comme nous le sentiment , il ne

prend pas notre remarque , et ne voit dans

conduite qu'un affront qu'il no nous parc

pas. Promettez-moi qu'ù votre retour voui

k^endre visite à voire maire, i Le curé le lui

mit et apprit, en effet, dans sa visile, que le i

était loin de soupçonner que sa lettre renfd

une injonction 5 son pasteur.

CtfAFtTftB XXIlY. 353

CHAPITRB XXIII.

CARACTkBB DB l'aDHINISTBATION DB II0NSBI«BBIIB

vE smoiiT. — SA tbbdbbssb pour lbs paItabs

OB SON DIOCkSB. -^ BSTIHB Qu'iL FAISAIT DE SON CLBBGÉ. — GB QU*1L RBCOHHAlfDAIT SORTOUT POUB LE SVCCks DU «IBISTbBB y LA PATIBBCB ET LA PRlkâB. — COMVBlfT IL BBHPLISSAIT LB DEVOIR DE LA BÉPBIHABDB. — IMPRESSIONS Qu'iL PRO- DUISAIT DANS SES TISITBS PASTOBALES. — • IL PUBLIE LES NOUTBAIIX STATUTS DU DIOCkSB. — ^ IL RÉTABLIT LBS CONFiRENGBS ET LES BETRAITES CCGLisiASTIQUES. — IL ÉTABLIT UNE CAISSE DB SECOUES POUR LBS PRÂTRBS ACis OU INFIRMEi.

Ju£ caraclère particulier de radminlslralioa de xMgr de Simony fui la prudence , la douceur el la boulé. Il voulait gouverner son diocèse comme une famille dont il était le père , el n'y avoir d'autre ascendant que celui que donne une plus grande charité. Aussi son commandement fut toujours modesle, son aulorité douce et pacifique*

354 Yl£ 1>E MOKSBIGR^UA D£ SIMOKY.

Les actes de son administration u*eurei)l jamais rien d'impérieux ni de violent , jamais rien d'arbitraire ni de précipité. Les règles sacrées de l*Egliso, la snge lenteur de la vénérable antiquité, l'esprit de la charité furent les principes invariables de tous les acles de son épiscopat. Celte douceur et celle bonté étaient d*autani plus remarquables dans Mgr de Simony , qu*il était plus naturellement jaloux de son autorité» et impatieol de tout ce qui lui était contraire. Mais depuis longtemps les inspirations de la vertu avaient remplacé chez lui celles de la nature. On le pressait un jour de terminer une affaire par un coup d'autorité qui eût mis fin à toutes les difficultés. Il s'y refusa constamment en faisant cette réponse remarquable : c Chez nous les affaires doivent se traiter moralement. » Ces paroles ne sontelles pas le commentaire le plus littéral de ces paroles du Sauveur : c Les rois des nations les do minent , mais il n'en sera pas ainsi parmi vous ? • De ce principe naissait en lui une tendresse de mère pour tous les ecclésiastiques placés sous ses ordres. C'était sur eux qu'il étendait de préférence ses soins 9 ses affections, ses espérances, comme sur ceux qui soutenaient avec lui les pénibles fonctions de l'apostolat. Ils le trouvaient en tout temps disposé à partager avec eux les peines » les dégoûts , les contradictions et les succès attachés à l'cj^ercico de leurs fonctions. Le

ciiApnru-: xxiii. o,).)

UioiuJro J cuire eux clait accueilli avec les |jIuï» grauds égards et oe sortait jomuis sans atoîr reçu quelques-uns de ces encouragements qui consolent et rortifient. Les peines qu'ils éprouvaient détenaient ses peines personnelles, il s'en occapalt sans cesse, il voulait que tous ses prêtres vinssent déposer dans son sein leurs douleurs , lui faire connaître leurs besoins, et ceux qui eurent en lui cette confiance, trouvèrent-ils jamais un ami qui sut mieux les comprendre et les consoler.

Il apprit un jour qu'un d'entre eux cherchait la somme de mille francs pour remplir quelques obligations de famille; il le fit venir et lui dit : je viens d'apprendre» mon cher ami, que vous aviez quelques embarras domesliiqûes^ il me ferait pffine que, pour j faire face, vous ayez recours à d'autres qu'à moi, votre évéque et votre père? prônez ce billet, vous me le rendrez plus tard, si vous le pouvez: Et il lui remit en main un billet de mille francs, d'un, air aussi indiilërent que s*il ne se fût agi que de la somme la plus modique, lui laissant h peine le temps de lui ex» primer sa reconnaissance et lui demandant avec une bonté touchante des nouvelles de ses parents. Six ans plus tard, la môme persomte lui àjaat reporté cette somme , en lui témoignant avao sa reconnaissance la crainte d'avoir retardé quelques-unes de ses bonnes œuvrea; Ngk* de Simony prit le billet, le déposa en souriant dans son se«

S5C yifi bfe HÔKSEIQXBIIR DB SmOHTé

crélaire , et s'informa do nou? oau avec io plu^ grand inlérét de Télai de sa fatniile. Quelqix temps après la révolulion de i8So, alors quel d'injusles préfenlioos rendaient le clergé loot | entier solidaire des torts de quelques-uns de se» membres , un curé du diocèse était harcelé par ses créanciers et se trouvait hors d*étatdele$ satisfaire. Mgr de Simony Payant appris « s*eBipressa de satisfaire et le débiteur et ses créanciers, en versant entre les mains de ces derniers ia somme de 1,700 fr.

Ce ne sont pas assurément les seals traits de générosité et d*eicquise délicatesse que nous pourrions citer. On nous a assuré qne Mgr de Simony donna plusieurs fois» jusqu'à deux et trois mille francs, à des ecclésiastiques qui lui faisaient connaître leur position Cicheuse ; et qu*à d*aotre$ il envoyait annuellement de fortes sommes poar subvenir et leurs besoins , disant souvent que tout ce qu'il avait était moins à lui qu*à ses coopéraleurs , qu'à ses enfants.

L'estime que Mgr de Simony faisait de soo clergé était égale à sou affection ; il ne mettait rien dans son esprit au-dessus de ses prêtres, et sans l'aire jamais de comparaison blessante pour d'autres diocèses, c'était pour lui une des plus douces satisfactions que d*entendre les prédicateurs de retraite , les évéques qui le visitaient, rendre hommage aia lumières , aux vertusjt & 1<

Page 1