‹ Vie de Mgr de Simony, évêque de Soissons et LaonChapitre 60 sur 67 · CHA.P1TR£ XXVII · texte numérisé non relu

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xèle et à 80D déf ouemem t le 5i mai 1847» il crut devoir dépoMr sa démisMon aux pieda du Souverain Pontife. Cette nouvelle ne pût demeurer si secrète que le bruit ne s*en répandit parmi son clergé. Mgr de Simony présida luimême encore i tous les exercices de la retraite ecclésiastique ; avant de se séparer» un de Messieurs les doyens , organe de tout le Diocèse , lui exprima les regrets et la douleur que la nouvelle 4le sa démission excitait dans tous les cœurs. Mgr de Simooy» vivement attendri» répondit avec une émotion qu'il cherchait en vain b dissimuler» que Dieu seul savait ce qu'il lui en coulait pour rompre des liens plus forts que la mort , mais qu'il fallait remettre tout entre les mains de sa Providence; que du reste , quelque f&t le lieu de sa retraite» son cœur demeurerait toujours au milieu des siens. Tous alors fondirent en larmes» luimême avait peine à retenir les siennes. Les enfants ne pouvaient quitter leur père» et le père ne pouvant s'arracher du milieu de ses enCsnls» semblait leur dire aussi : Que faites-vous donc en pleurant et en aflligeant mon âme. (Acte xxi.) Je ne vous oublierai jamais ; je vous porte tous dans mon cœur et vous y vivrez jusqu'k mon dernier soupir.

depuii II loBgtenpf de la iBi|[nificence que la prëteoce dé aei paôtifiM donnait à tes tolcnnitdi. Auitt»-quoiqae depniâ cette d|ioaiie bien des joari te toiciit ëcoaléi, la nouTelle de ta nort a die pour toote fa fille un joar de Tëritable denil.

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Le 95 août suivant» la démiMÎOQ de Mgr de Simbny fut acceptée par sa sainielé Pie IX, qui lui écrifit à cette occasion» un bref rempli des témoignages les plus honorables et les plus justement mérités. En agréant cette démission» le Pape investissait Mgr de Simony de pouvoirs spéciaui qui lui permettaient de gouverner le dii>cèse jusqu'à riostallation de son successeur. Mgr de Simony remit alors aussi sa démission entre les mains du Roi. Mais une pensée préoccupait vivement son cœur» sa sollicitude paternelle embrassait l'avenir, et il se demandait à qui désor* mais allait être confiée la conduite de son cher troupeau. Aussi voulut-il lui donner une dernière marque de son affection en désignant lui-même au choix du Roi» celui qu'il croyait le plus capable de lui succéder » et de perpétuer le bien qu'il avait cherché à faire. Ses saintes prières , celles d'un clergé qui n'avait d'autres désirs que les siens» obtinrent de Dieu que le vœu de son cœur (ât réalisé, et le 19 novembre 1848» le Ministre des cultes lui écrivait directement pour qu'il apprit le premier» et qu'il annonçât loi-même iÉ M. de Garsignies, sa pc;omo(ion à l'évéché de Soisaons» haute distinction qui était accordée au rare mérite de M. de Garsignies, autant qu'à l'autorité de sa recommandation. Si quelque chose était capable d'adoucir les cuisants regrets du clergé et des fidèles, en présence de la retraite

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d'un pontife <i ?énéré» c'était de ie yoir remplacé par celui qu'il avait comme choisi lui-même à TaTance pour son successeur. Aussi, cette nou- ▼elle fut reçue partout avec les témoignages de la plus vive reconnaissance» pour le pouvoir, qui avait déféré aux vœux du clergé et du peuple réunis h ceux du premier pasteur. Une expérience de plus de dix ans des affaires du diocèse , une connaissance intime du clergé » un zèle infatigable , étaient le gage et Tassurance des biens que présageait une élection si sage et si vivement désirée.

Il restait à solliciter de Mgr de Simony une dernière faveur» c'était , qu'après at oir conféré l'onction sainte à son successeur» il voulût bien choisir sa retraite au milieu de ses enàints » et » comme le lui exprimait si dignement le Chapitre de la cathédrale , qu'il leur (bt donné de continuer le combat du Seigneur sous l'influence de ses vertus et dans la communion de ses saintes prières.

La réponse que Mgr de Simony fit à cette lettre » doit trouver ici sa place; elle est pour le Chapitre de l'église de Soissons » un dernier et riche souvenir de l'épiscopat de Mgrde Simony^et un précieux témoignage de sa foi » de son humilité et de sa tendre affection pour tout son clergé.

< Dans la nécessité que me dit l'affaiblissement de mes forces , de résigner en des mains

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conaistoiré du 17 janvier 1848 , le jour de 5on lacre fut fixé au a5 féTrier , jour ob l*EgU5e célébrait cette année , la fête de aaint Mâtbias » ipôtre. L'évéque conaécrateur devait être Mgr le Simony , assisté de Mgr Gousset , archevêque le Reims , et de Mgr Mioland , évoque d'Asriéns. C'était à Mgr rarchevéque de Reims qu'apparleaaitle droit de conférer au nouvel élu Tonction ipiscopale ; mais Mgr Gousset » par un sentiment l*exquise délicatesse » qui fut apprécié de tous , léféra cet honneur à Mgr de Simony , et voulut Itre son assistant. Toutes les mesures furent crises pour donner à cette imposante cérémonie :oute la pompe et la majesté possibles, et en rendre la vue accessible au grand nombre de personnes qu'elle devait attirer dans la cathédrale de Soissons. Une estrade fut dressée ft l'extrémité de la nef, contre la grande porte du chœur. On y avait élevé deux autels , et disposé le tout (de manière à ce que les cérémonies du sacre pussent s*y déployer dans toute leur magnificence. Le 95 février, malgré les préoccupations si graves que le bruit des événements accomplis la veille è Paris , ne pouvaient manquer d*excîter , la Tille épiscopale prit un ' aspect inaccoutumé. L'immense basilique put à peine suffire à cette immense multitude accourue de toutes parts pour être témoin de cette belle cérémonie qui retraçait les plus beaux jours de l'Eglise , et par son

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oaracière antique • et par le concours d*oo nonbreuz clergé • et par la réunion de aepc des phli illosirea prélata de l'Eglise de France ; c*éteieoC , oi|tre Ic trois évâques consécrateurs , son Bni* ne^ce le Cardinal Giraud , archeréque de Cambrai ; l^r dePrilly , évéque de Châlons ; Mgr Gh gnotti, éféque de Beauvais» et Mgr de Margnerye, éfêque de St Fiour. La procession se rendit , de la cbapelle du grand séminaire au palais épti« copal , et en sortit sur deux lignes majeslueoses , composée des élèves du grand séminaire , d'aa grand nombre d* ecclésiastiques du Diocèse eldei Diocèses voisins; die se terminait par ranjgosts corlége.des sept pontifes , qui marchaient ki mftre en tête » autour de celui qui , simple prêtre eocore » allait devenir leur collègue et leur frère dans Tépiscopat. Nous n'essaierons pas de retrt^ cer ici cette touchante et magnifique cérémonie qui unissait si étroitement au pied des autels, deux évéques , Pun plein de jours et de vertus , l'autre plein de zèle et d'espérances. L'église de Soissons n'avait plus à craindre le deuil et les embarras de la viduité; le jour qui lui enlevait un évéque sage et pieux , lui redonnait un premier pasteur rempli du même esprit et orné par avance de toutes les vertus pontificales. Une des scènes les plus attendrissantes fut celle où le nouveau pontife , d'une voix émue , et les yeux pleins de larmes , donna sa première bénédiction

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h 'Celle innombrable mullilude , pu» s'agenouiU lanl Ipoi» (ou devast son «ugoste consécralecir , lui (ouhaîla de longues années, selon la prescription Jtt pontifical , ad multoê annas. Dieu devait exaucer ces vœux , mais comme le dit BoMuet , d'une -manière plus haute que ceUe que nous entendions » en donoant » ft un an de dislance è cet humble et ^eux pontife , ^ur les années passagères de celte* vie y -ces années éternelles qui ne connaissent ni limites » ni fin.

Dans l'après-midi , M. le supérieur du grand séminaire vint à la tôte de sa communauté » pt^éaenter è Mgr de Garsignies * cette pieuse famille devenue désormais la sienne » et réclamer peur elle ses premières bénédictions. Tous les évéques quiavaient assisté à la cérémonie étaient présents. Mgr de Simony # se dérobant aux honneurs que ses vénérables collègues rendaient si justement à son âge et è sa sainteté , se tenait à l'écart comme le dernier d'entre eux. On le pria de bénir le premier ces enfants bien- aimés sur lesquels il avait tant de foU appelé les grfices du ciel. L'humble prélat s'y refusa constamment, c Je ne suis pas digne , répondit- il » de les bénir en présebce de leur évêque , de leur métropolitain » «t d'un prince de l'Bglise , je veux au contraire recevoir avec eux les bénédictions qu'on va leur donner , et i l'instant il s'agenouilla et inclina sa tète vénérable sous la * main de celui qu'il venait de

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consacrer de ronciioo de» pontifes. Ce ne fut qu'après s*élre rele?é qu'il consentit , sur de nouvelles instances , è bénir ses enGints touchés jusqu'aux larmes, d'une vertu si achevée» et d'une humilité si profonde.

Après avoir résigné dans les mains de son sutcesseur la charge de l'autorité pastorale » Mgr de Simony se rendit au vœu qui lui avait été exprimé; il fixa le lieu de sa retraite au milieu des siens , et vint abriter ses derniers jours près dt l'école du sacerdoce , près du grand séminaire, objet continuel de sa sollicitude et de son affile- 1 tion. La proximité de la chapelle du séminaire, ' qui touchait à ses appartements, était un attrait pour sa piété , et tous les jours il venait y lefer vers le ciel des mains innocentes pour celle pieuse famille qu*il édifiait par ses exemplei et dont il consolait la tendresse par sa préseûce.

Sa vie, dans cette humble et modeste retraite qu'il s'était choisie 9 fut plus que jamais une fie de prières, d'union à Dieu, d'humilité et d'abnégation. Il cherchait de toutes manières à se faire oublier , mais sans y pouvoir parvenir. Plus grand encore peut-être depuis qu'il était descendu volontairement de cette première place qu'il remplissait si bien , il était entouré de plu> de vénération et d'hommages , et tous voulaient lui rendre au centuple les honneurs auxquels il avait si humblement renoncé. Chacun pouvait le

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vîsiler dans sa retraite , goûter avec plus de liberté que jamais les charmes de sa douceur, dô son affabilité , respirer le parfum de 9e$ vertus , eC admirer cette simplicité vraiment exlraordinaire qui régnait dans tout ce qui Tentourait* Mgr de Simony trouvait du reste , dans sa vertu^ tt>ut ce qui lui était nécessaire ; et Tinoocence de son âme , son goût pour la solitude , le bon em« pioi de son temps , le rendirent toujours inaccessible à Tennui , le fléau de ceux qui se sont dé* chargé.^ du poids des affaires. Aussi» une personne qui le visitait lui ayant demandé s'il ne s'ennuyait pas d'être si souvent seul, il lui répondit cette parole, qui peint toute son âme et résume toute sa vie : • Je n*ai jamais su ce que c'était que de s*ennuyer. • De même encore» indépendant, par vertu et par le sentiment de aa dignité , Mgr de Simony acceptait , il est vrai » avec reconnaissance , toutes les marques de déférence et les services que quelques prêlres s'empressaient de lui rendre dans sa retraite, comme de l'accompagner aux offices de la cathédrale » ou du Séminaire , ou bien encore h la promenade; mais il ne les demandait jamais» et ne paraissait pas même les désirer. Un d'entre eux » qui l'avait accompagné dans une de $e$ promenades, lui ayant dit un jour : t Monseigneur, si vous avies besoin de moi par la suite , je me ftrai un honneur d'être i vos ordres, t

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