‹ Vie de mgr. Dupanloup (volume 2)Chapitre 100 sur 326 · Souvenirs de Saint-Nicolas · texte numérisé non relu

Souvenirs de Saint-Nicolas

il sut la faire prendre en haute estime par tous, élèves et maîtres, ce qui fonda sa réelle et très heureuse influence dans la maison. L'élite des élèves des deux premières classes seulement, des classes littéraires, la composaient ; mais il y avait les candidats et les aspirants, de telle sorte que l'Académie apparaissait à tous comme un noble but à leur ambition, et comme l'appréciatrice autorisée des travaux que chaque classe, même les classes de grammaire, même les classes élémentaires, était admise à lui présenter et à faire inscrire dans ses cahiers d'honneur : tout cela était pris très au sérieux, ses séances privées, surtout ses séances publiques. Mettons sous les yeux du lecteur les unes et les autres : « Dans un petit salon blanc et or, sur les parois duquel, dans des médaillons encadrés de palissandre, apparaissent les portraits de tous les grands hommes du siècle de Louis XIV, une douzaine de jeunes gens sont assis en cercle. Le jeune homme qui préside est le directeur de l'Académie. D'un carton posé devant'lui il extrait un papier qu'il remet au scrutateur assis à sa droite, et il lui donne en même temps la parole : « La classe de cinquième, dit le scrutateur de l'Académie, nous adresse une traduction, dont l'auteur, H. de S..., est un de nos candidats ; en voici le texte latin. » Il remet des exemplaires du texte à ses collègues, qui le lisent attentivement ; puis le scrutateur lit à haute voix et lentement la version du candidat. Après chaque phrase, le directeur recueille les avis. Quelques discussions s'engagent. Elles étaient plus sérieuses et approfondies encore, comme en font foi les procès-verbaux, quand il s'agissait de quelque composition littéraire l. »

Yoilà une séance privée ; voyons maintenant la petite Académie au jour de ses solennités.

Chacune des trois périodes de l'année scolaire, avonsnous dit, se terminait par un solennel examen ; chaque examen était suivi d'une grande séance académique. « Sur une estrade élevée dans la grande salle, entre les

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