CHAPITRE VIII
deux portes d'entrée, le directeur et les académiciens, la poitrine ornée de la croix d'or, siégeaient sur de vieux fauteuils de velours vert, en grande tenue de costume et de gravité, faisant face à l'assemblée. En bas de l'estrade, d'autres fauteuils, rangés autour de l'hémicycle, étaient réservés aux personnes du dehors invitées au nom de l'Académie à ses séances. » Et des hommes du plus grand nom, le P. de Ravignan, le P. Lacordaire, M. de Montalembert, M. Yillemain, M. Mole, M. Ozanam, même des hommes de guerre, le maréchal Oudinot un jour, ne faisaient pas difficulté de venir honorer et encourager les essais de ces jeunes gens. « Derrière ce premier rang de spectateurs, toute la maison ; derrière encore, un piano, et nos chanteurs. Quand tout le monde était arrivé, le directeur de l'Académie déclarait la séance ouverte, et donnait la parole au secrétaire. Celui-ci appelait successivement les élèves désignés pour lire devant la docte assemblée leurs productions, insérées déjà aux livres d'honneur de l'Académie l. » Telles étaient ces séances. On conçoit quelle émulation de travail l'abbé Dupanloup mettait par là dans sa maison. « Ce qu'il était, c'était un éveilleur incomparable : pour tirer de chacun de ses élèves le summum de ce qu'il pouvait donner, personne ne l'égalait. » Le fait est que le niveau des études à Saint- Nicolas remonta promptement, que ces études étaient a très distinguées, très littéraires ».
M. Renan qui dit cela ajoute pourtant qu'à Saint-Sulpice ces études étaient peu prisées, et traitées d' « enfantillage ». Non, les Sulpiciens ont plus de sens que cela ; ils savent, comme d'autres, l'importance pour un prêtre d'une haute culture littéraire; mais ils savent aussi que chaque chose a son temps. Saint-Sulpice était le temps de la théologie, et des préoccupations littéraires, alors qu'il fallait s'occuper de doctrine, eussent été en effet des jnrenilia, des enfantillages, contre lesquels il était bon de prémunir de jeunes esprits que l'austère méthode scholastique pouvait étonner ; mais cela n'impliquait aucun