CHAPITRE VIII
et décadence des Romains. Une autre lui présenta le petit office de la sainte Vierge traduit en grec. On faisait aussi •des prodiges de mémoire. Tel élève s'engagea un jour à réciter d'un bout à l'autre \e Rudiment, et tint parole. Tel élève présenta librement à un examen le Petit Carême de Massillon, un autre le 24e chant du Télémaque, un autre toutes les racines grecques. Exploits exceptionnels sans doute, mais qui ne se produisent que là où les vaillants efforts sont en honneur, et qui laissent au moins comme profit l'estime et l'amour du travail. Quelquefois des défis étaient portés d'une classe à l'autre, et amenaient des résultats extraordinaires. Un jour, les rhétoriciens, qui savaient qu'il avait été fort en vers latins, voulurent composer avec lui-même. Le sujet de la composition était le fameux songe d'Atrée de Crébillon : « J'essuie mon front de souvenir, dit l'un des concurrents, à la pensée des sueurs que me coûta le désir de traduire à mon gré le dernier et le plus remarquable vers de Crébillon :
Et le songe a fini par un coup de tonnerre.
« Mais il resta vainqueur, et dut remporter (pour une autre occasion) le beau Virgile qu'il avait offert comme prix de la lutte *. »
Tout à Saint-Nicolas concourait à maintenir en grand honneur le travail et les succès littéraires ; mais parmi tant de stimulants, dans le détail desquels nous ne pouvons entrer ici, il en est un qui nous paraît caractéristique de l'esprit qui animait cette maison, et sur lequel, à cause de cela, nous nous étendrons quelque peu ; nous voulons parler de l'Académie. Dès la seconde année de sa direction, quand le niveau des études eut été relevé par l'énergique moyen que nous avons dit, par ces vaillants efforts et ces classes redoublées, l'abbé Dupanloup annonça à ses élèves cette fondation, qu'il plaça sous le patronage de M«* de Quélen, et il leur en lut et expliqua le règlement, l'esprit, la raison d'être ; et selon sa coutume,