De /' Education, liv. IV. chap. i
CHAPJTRE VIII. 159
culquât avec plus de force à ses collaborateurs que cette nécessité de faire leur œuvre par dévouement, et par conséquent par amour. « Soyez pères, disait-il sans cesse ; ce n'est pas assez, soyez mères l. »
Et dans ses entretiens avec ses collaborateurs, il n'y avait rien qu'il leur prêchât plus souvent et avec plus de force que la nécessité d'un absolu et constant dévouement : « Amas me? Pasce agnos meost Messieurs, tout est pour vous dans ces paroles... Oui, aimez-les, ces chers enfants, si aimés de Notre-Seigneur, rachetés de son sang, destinés à de si grandes choses, soit dans le monde, soit dans le sacerdoce ! Croyez-moi sur parole, non, vous ne trouverez jamais un plus digne objet de votre plus tendre amour, ni même, si vous savez l'entendre, de vos plus ambitieuses pensées. Il m'est péniblede vous le dire, mais je le dois : Si vous n'aimez pas, demandez à Dieu l'amour, ou éloignez- vous; car vous ne seriez pas faits pour un ministère, où avant de vous confier des enfants et de vous dire : Pasce agnos meos, Jésus-Christ vous a dit : Amas me?... Ou plutôt non : puisque Dieu vous a amenés ici et a choisi pour vous le plus noble, le plus pur, le plus beau des ministères, ne vous retirez pas, mais voyez à quoi vous êtes appelés : Videte vocationem vestram, fratres ! Élevez vos âmes, élevez vos cœurs : Sursum corda1 ! »
De là ses exigences avec les maîtres comme avec les enfants.
Des maîtres, il voulait l'identification, pour ainsi dire, de leur vie avec celle de leurs élèves ; et, en effet, l'éducation de l'âme n'est pas une chose qui se fait en tel lieu, à tel moment, ni de haut et de loin, mais partout, toujours, à l'occasion de tout et à l'aide de tout.
C'est ce qui lui faisait dire : « Il faut qu'un maître fasse attention à tout, depuis l'âme d'un enfant jusqu'aux cordons de ses souliers ; » et il en donnait cette raison profonde : « Rien n'est petit dans une œuvre où tout est