Ibid., t. III, Épilogue
grand. » Mais c'est pourquoi le dévouement le plus complet y est nécessaire ; et de fait, à Saint-Nicolas, le dévouement de tous était admirable : l'âme de l'abbé Dupanloup passait en quelque sorte dans leurs âmes. « On prenait de nous des soins dont la prévoyance scrupuleuse allait jusqu'à l'invraisemblance. Quel intelligent et continu dévouement !... Tout le personnel de nos maîtres vivait de notre vie, subissait notre règlement, mangeait, travaillait, se récréait à nos heures, se couchait seulement plus tard et se levait plus matin ; nous appartenant à tous les moments de la journée, menant avec un dévouement, une vérité, un courage bien profondément honorables, la vie commune des écoliers, dans un ministère relativement obscur l. »
Aux enfants il ne demandait pas de moindres efforts de volonté et d'énergie pour l'éducation de leur àme que pour celle de leur intelligence. L'éducation morale, en effet, consiste à développer tout ce qu'il va de bon, de noble et de généreux dans l'àme des enfants, et à en extirper tout ce qu'il y a aussi au fond de ces natures, où tout croît pêle-mêle, de bas, de vil et de mauvais; c'est une œuvre à la fois de dilatation et de compression. Or, l'éducation donnée par l'abbé Dupanloup avait éminemment ce double caractère : elle était généreuse et vigoureuse, c Un sentiment noble dominait et entraînait tout2. » Ce sentiment, c'était l'amour des élèves pour leurs maîtres : se sentant aimés d'eux, à leur tour ils les aimaient; or, tout est la: n'a-t-on pas tout gagné quand on a gagné le cœur? C'était l'amour du devoir, posé à la base de tout; ce qu'il appelait « l'éducation des consciences ». C'était l'honneur, enfin, élevé à Saint-Nicolas jusqu'à la hauteur d'une institution.
Cette institution, c'étaient les Xotes, qu'il a lui-même définies : « Une institution pour gouverner les jeunes gens par l'honneur. » « Ce qu'on peut à l'aide de cette institution , comprise et pratiquée comme il convient.