‹ Vie de mgr. Dupanloup (volume 2)Chapitre 113 sur 326 · Dictionnaire de Pédagogie, par M. Buisson · texte numérisé non relu

Dictionnaire de Pédagogie, par M. Buisson

nous n'avons pas vu l'abbé Dupanloup placer la discipline morale la plus forte? Et surtout, qu'on veuille bien le remarquer, mettait-il toute la piété dans ces pratiques? Xe les appuyait-il pas aussi sur la plus solide instruction? Quant au reproche de ne pas former des citoyens pour l'Etat, ou des soldats pour la patrie, j'ose dire que les élèves formés par lui et par d'autres répondent victorieusement. Ces accusations sont donc aussi légères que graves: nous ajouterons qu'elles sont aussi malhabiles que mal fondées, montrant trop où est la faiblesse de nos rivaux et notre force. Il est vrai qu'aujourd'hui un étrange progrès a été fait; logique, du reste, si ces accusations étaient recevables. On veut bannir de l'éducation toute religion, et Dieu lui-même. Et on prétend néanmoins enseigner une morale. 0 sophismes! ô utopies! ô expérimentations lamentables, non pas sur des âmes viles, hélas! mais sur cette chère jeunesse française! Ainsi passent quelquefois, sur la terre, comme dans l'espace, des coups de vent qui amènent des nuages : la clarté du jour un moment disparaît; le bon sens public s'éclipse; il fait nuit dans un peuple comme dans un ciel. Mais les ténèbres n'ont qu'un temps. Quand la lumière nous sera rendue, peut-être alors verrons-nous, fasse Dieu que cène soit pas au spectacle de nos ruines ! l'immensité de notre erreur. Alors, épouvantés, on rappellera dans l'éducation la religion bannie, on rendra Dieu à la jeunesse: on se souviendra des grands instituteurs chrétiens : le nom de l'abbé Dupanloup, invoqué par ceux qui voudront ressaisir les saines traditions pédagogiques, brillera alors comme un phare sur le rivage.

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