‹ Vie de mgr. Dupanloup (volume 2)Chapitre 118 sur 326 · De V Éducation, t. II, liv. III, chnp. îx · texte numérisé non relu

De V Éducation, t. II, liv. III, chnp. îx

dix rivaux étaient là, leurs cerceaux en arrêt, gardant toutes les avenues de leurs prisonniers : le prendrait-on ? délivrerait-il? Après quelques minutes d'une fiévreuse anxiété, tout à coup il lance avec une vigueur et une adresse égale son cerceau à travers tous les cerceaux adverses et délivre ! Applaudissements universels ! Il était, comme partout, vainqueur.

C'est ici le lieu de redire une de ses paroles: «Rien n'est petit dans une chose où tout est grand. »

Il attachait donc aux jeux des enfants la plus grande importance : « Et sous le nom de jeux j'entends, disait-il, non seulement les jeux proprement dits, mais encore toute récréation, tout relâche, tout divertissement; j'entends le plaisir procuré aux enfants, la dilatation du cœur, la joie des âmes, la vie rendue heureuse dans une maison, par tous les moyens possibles. » Il a dit sur tout cela des paroles délicieuses et profondes: « Pour être capable d'une éducation libérale, ne faut-il pas que les enfants se sentent libéralement traités, qu'ils soient à l'aise, qu'ils soient joyeux près de leurs maîtres, dans l'asile de leur jeunesse? Et n'est-ce pas sur l'amour des jeunes gens pour leurs maîtres, pour la maison qui les élève, que compte surtout notre éducation ? Ne veut-elle pas être avant tout une éducation par l'amour? Qu'elle soit donc aussi, s'il m'est permis de le dire, une éducation par le bonheur ! Qu'elle s'applique à faire plaisir aux enfants, à les récompenser du travail et des courageux efforts par le plaisir ; qu'elle leur ménage une vie à la fois sérieuse et douce, laborieuse et joyeuse ; qu'elle s'applique à les récréer incessamment, à les charmer, à les enchanter ; qu'elle leur laisse de ses récréations, de ses promenades, de ses fêtes de famille, pour leur vie tout entière, de doux et ineffaçables souvenirs : qu'elle crée ainsi et à jamais des liens de cœur entre les élèves et leurs maîtres, entre les enfants et la maison qui aura été pour eux une famille, et à laquelle ils auront du le bonheur de si vives et si pures joies dans les plus riantes années de leur vie. »

C'est pour ces raisons élevées, et d'autres encore, qu'il voulait, de toute nécessité, en récréation, faire jouer.

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