CHAPITRE IX
l'un de Notre-Dame des Champs, l'autre, aujourd'hui encore de Saint-Philippe du Roule ; il les avait connus tous deux à son académie de Saint-Hyacinthe et il les avait décidés à entrer dans le sacerdoce : M. Du Chêne, jeune avocat plein d'avenir, dont il fit un professeur de rhétorique éminent; M. Cathelin, littérateur de mérite; puis M. l'abbé Richard, professeur d'histoire, plein de savoir et de méthode ; M. l'abbé Guesnier, homme excellent, aujourd'hui aumônier de la maison de la Légion d'honneur de Saint-Denis. Ajoutons M. l'abbé de Geslin, M. l'abbé Mège, M. l'abbé de Chauliac. Tels étaient les prêtres les plus remarquables de cette pléiade que l'abbé Dupanloup sut grouper autour de lui et en qui il sut faire passer son âme : « Xous étions tous encore jeunes comme lui-même, nous disait l'un d'eux, et pleins d'enthousiasme ; mais c'était lui qui soufflait Ja flamme. » Du reste, un bel hommage leur a été rendu, ainsi qu'aux prêtres de Saint-Sulpice, par une bouche non suspecte: « Pendant treize ans que je suis resté aux mains des prêtres, a écrit M. Renan, je n'ai connu que de bons prêtres. » L'œuvre qu'ils firent à Saint-Nicolas a été mémorable. Elle reste leur honneur et celui du sacerdoce. Elle a témoigné, dans les luttes du temps, et ce témoignage subsiste, en faveur de l'éducation donnée par le clergé. Elle a laissé un souvenir impérissable, non moins qu'une ineffaçable empreinte, chez tous ceux qui en ont reçu le bienfait, qu'ils y aient été ou non jusqu'à la fin fidèles. Elle a mérité à l'abbé Dupanloup le titre le plus glorieux, celui de « grand éducateur », d' « éducateur sans rival f ».