‹ Vie de mgr. Dupanloup (volume 2)Chapitre 150 sur 326 · CHAPITRE XII. -2 il · texte numérisé non relu

CHAPITRE XII. -2 il

l'avons dit : deux pendaift qu'il était à la Madeleine, deux pendant qu'il était à Saint-Roch. De même qu'il avait rédigé un Manuel des Catéchismes, Supérieur d'un Petit Séminaire, il crut devoir faire aussi un Manuel des Séminaires, ouvrage non moins utile aux Supérieurs qui sauraient s'en servir, que l'est aux catéchistes l'autre Manuel. Puis, songeant que ses élèves étaient de futurs prêtres, il s'occupa de préparer pour eux trois ouvrages singulièrement utiles encore, et intitulés, le premier : La craie et solide vertu sacerdotale, extrait des œuvres de Fénelon; le second : Méthode générale de catéchisme, 'en deux volumes in-8'\ recueillie des ouvrages des Pères et Docteurs de l'Eglise, depuis saint Augustin jusqu'à nos jours, et qui forme une précieuse bibliothèque pour tout prêtre, pour tout catéchiste sérieux : le troisième enfin : la Rhétorique sacrée, également extrait des grands maîtres. Ainsi les premières publications d'un homme qui devait dans la suite tant produire par lui-même, ne sont guère, on le voit, que des recueils : ce qui montre qu'il cherchait en cela non la renommée, mais le solide bien. Il méditait cependant d'autres travaux plus personnels : la Vie de M-! ' Borderies, qui lui tenait si fort à cœur; une grande étude sur M. de Talîeyrand : un récit authentique de sa conversion était en effet désirable, et cette étude pouvait être un acte de haute justice, comme de haut enseignement ; un troisième ouvrage qui, fait par lui, eût été assurément d'un grand intérêt, sur Fénelon et le duc de Bourgogne ; et enfin un livre qui manquait, disait-il, à l'Europe, un traité de l'éducation. Tels étaient ses projets.

Mais tout à coup une grande diversion à tous ces chers travaux lui fut imposée par M*r A tire. Ce prélat, homme de doctrine, s'était préoccupé beaucoup, dès son élévation sur le siège de Paris, de l'état des études dans son diocèse. L'enseignement secondaire était merveilleusement relevé au Petit Séminaire: restait à créer un enseignement littéraire supérieur : c'est ce que le prélat tenta plus tard par la fondation de l'école des Carmes: la théologie élémentaire était entre les mains sûres aussi de MM. de

Sainl-Sulpice ; mais l'unique débris encore debout des grands foyers de la haute science ecclésiastique dont Paris était autrefois si riche, la Faculté de théologie à la Solbonne, était, par les conditions de son organisation, dans un état languissant. Ce qu'il eût fallu, c'eût été de la restaurer par une réorganisation opérée de concert avec Rome: eu attendant. M- Affre voulut au moins la raviver en lui donnant une pléiade de nouveaux et brillants professeurs-: l'abbé Dupanloup, que son talent de parole désignait pour ce choix, fut donc nomme Professeur d'éloquence sacrée l.

Ainsi ce maître de la jeunesse montait pour ainsi dire tous les degrés de renseignement, depuis le plus humble, les catéchismes, jusqu'au plus élevé, une chaire de Faculté : le voila enfin, non plus seulement devant la jeunesse chrétienne, mais encore en face «le la jeuni incrédule qui. des chaires de la philosophie rationaliste au Collège de France et a la Faculté de> lettres, \ grouper autour de la sienne. Mais il pouvait se tenir debout devant cette génération dans tout l'honneur de la parole sacerdotale. Professeur éminent, il l'était, a la façon des grands maîtres que ce siècle avait vus, de ceui qui sont a la fois professeurs et orateurs. Son nom faisait espérer un enseignement porté tout d'abord sur les sommets; les grands ellétsde la parolesur les grandes foules; on pouvait de plus être sûr de retrouver sous le professeur le prêtre, donnant de haut au siècle de fortes leçons. Cette attente ne fut pas trompée. Il ne lit que passer a la Sorbonne, mais dans ce rapide p I maigre les

réserves que nous ferons, il laissa derrière lui un sillon de lumière : là, comme partout, il fut au premier rang.

Quand Mb* l'archevêque de Paris inaugura solennellement dans l'église de la Sorbonne la nouvelle Faculté de théologie, ce fut l'abbé Dupanloup qui eut l'honneur de porter la parole. Ii prit pour sujet de son discours : la

1. Ce fut alors que M. l'abbé Maret, depuis évêque de Sura et archevêque de Lépante, et doyen de la Sorbonne, fut nommé à la chaire de philosophie.

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