‹ Vie de mgr. Dupanloup (volume 2)Chapitre 170 sur 326 · CHAPITRE XIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIII

bien. Il faut connaître st>n caractère. Moi, c'est la vivacité, l'entraînement. C'est déplorable ; fâcheux sous tous les rapports , nuisant à tout , en chaire, au confessionnal, avec enfants et maîtres. De îa fermeté sans vivacité m'est extrêmement difficile. » Le défaut reconnu, voici le remède. « Il faut redoubler de vigilance. Me calmer, me modérer en tout ; suspendre mon action ; agir en tout doucement, gravement ; Mutare vocem ; m'arrêter tout court...

» Ce qui m'irrite le plus souvent, ce sont les défauts du prochain, en tant qu'obstacles an bien. Ce sont la mes grandes croix. Voir le bien empêché, ruiné, par ceux qui devraient et pourraient le faire ; comme aussi mes mécomptes dans le bien, dans les bonnes entreprises. Eh bien, là encore, être doux, paisible, silencieux : prendre mon parti, avec douceur et humilité, du bien qu'il ne m'est pas donné de faire. »

Que l'on scrute ces dernières paroles : il y a là, pensons-nous, toute une révélation de son zèle, des vrais motifs comme des ardeurs de son action ; et aussi de ses luttes, vigoureuses, contre sa généreuse nature, pour ladoucir et la maîtriser : que de fois nous avons été témoin de ces efforts victorieux ! Où est la vertu? dans l'absence des défauts, ou dans la fidélité à les combattre? L'homme sans défaut, où est-il? L'homme sans cesse occupé à se vaincre soi-même, voilà l'homme vertueux. Et quand nous l'entendrons parler si éloquemment de la lutte chrétienne, nous saurons d'avance qu'il parlait de ce qu'il pratiquait.

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