M. Paul Thureau-Dangin
constitutionnel du pays. Cela aujourd'hui paraît simple ; c'était hardi alors eu égard aux habitudes de l'ancien clergé, et après l'abus qu'avaient fait La Mennais, Lacordaire, et lui-même, de cette tactique libérale. Mais il pouvait invoquer à l'appui de ces bonnes raisons de grands exemples : O'Connel et l'Irlande, et les catholiques belges. Converti à ces idées après un voyage en Belgique, l'éloquent évèque de Langres.Ms1" Parisis, se plaça résolument au même point de vue, c au point de vue constitutionnel et social », selon le titre d'une de ces nombreuses brochures qu'on le vit alors publier coup sur coup, avec une activité et un talent remarquables. Peu à peu les évèques et les catholiques les suivirent sur ce terrain. Ainsi parlaient leurs organes; et le Correspondant, qui venait de reparaître après dix ans d'interruption, et l'Univers, feuille de création récente, seul journal quotidien qu'eût alors le clergé, et le vieil et pacifique Ami de la Religion lui-même. Prudent par nature, quoique ferme, en très bons termes avec le roi, mais non pas jusqu'à lui sacrifier sa conscience, le nouvel archevêque de Paris, M&r Affre, qui avait cru d'abord et longtemps à l'efficacité des observations secrètes, fut lui-même entraîné. Le mouvement était magnifique. C'est alors que Ton vit paraître l'abbé Dupanloup. Jusque-là, appliqué à créer dans son Petit Séminaire les fortes études que nous avons dites, ce qui était une excellente manière de servir la cause de l'enseignement ecclésiastique, il n'écrivait pas encore, mais déjà il agissait, et le moment approche où il va prendre, pour ne plus le quitter, son poste de combat, et renouer avec M. de Montalembert, dans ces luttes communes, une des plus belles amitiés qu'aura vues ce siècle, et qui les honore l'un et l'autre au même degré.
Nous avons dit l'attrait qu'avaient éprouvé l'un pour l'autre, dès leur première rencontre à la Pmche-Guyon, l'abbé Dupanloup et le jeune comte de Montalembert : l'aventure de V Avenir elle-même n'avait rien enlevé à l'abbé Dupanloup de son affection pour lui. Après l'Encyclique Mirari vos, leurs relations s'étaient refroidies. Mais depuis, le temps avait marché, apportant avec lui