‹ Vie de mgr. Dupanloup (volume 2)Chapitre 175 sur 326 · CHAPITRE XIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIV

Il est vrai, et nous l'avouons sans peine, a dit l'abbé Dupanloup lui-même, ceux qui nous ont précédé dans la carrière vécurent quelque temps dans la défiance des modernes institutions; cela se conçoit; les moyens violents, les excès et les erreurs..., les crimes, avaient trop ensanglantés les principes. » Mais : « nous avons appris! ajoutait-il... On n'a plus le droit de nous dire qu'insensibles à la marche du temps, sourds à la voix de l'expérience, nous ne comprenons pas les mœurs et les idées de la France nouvelle1. » L'éclatant succès des Conférences de Notre-Dame, et le rétablissement en France des Frères prêcheurs, la liberté des Ordres religieux conquise par un appel hardi à l'opinion publique, étaient pour lui, comme pour tous, des lumières. Ajoutons que les relations amenées par son ministère et par ses fonctions de Supérieur du Petit Séminaire, en s'étendant ec en pénétrant peu à peu dans les diverses régions de cette société mêlée, l'accoutumaient de plus en plus à cette large indulgence envers les hommes, qui fut si remarquable en lui, et qui n'est qu'une forme de la charité sacerdotale. En contact, en dehors du monde légitimiste, avec des hommes tels que M. de Broglie et M. Mule, en pouvait-il méconnaître la noblesse d'esprit et la hauteur d'àme? C'est M. Mole qui, remplaçant a l'Académie française M?r de Quélen, avait dit ces belles paroles : « Le clergé sera le sublime conservateur de l'ordre public en préparant les générations nouvelles à toutes les vertus ; car il y a moins loin qu'on ne pense des vertus privées aux vertus publiques, et le parfait chrétien devient aisément un grand citoyen. » Combien de fois aussi l'abbé Dupanloup ne s'est-il pas plu à répéter ces paroles de M. Guizot : « Le catholicisme est la plus haute école de respect qu'ait vue le monde. » Il s'eiïorçait donc d'être, selon ses propres expressions, juste, équitable, indulgent pour tous, sans distinction de partis, ne refusant à personne la vérité, la justice, la charité : sentiment qu'il a exprimé plus tard à l'Académie française avec délicatesse

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