De la Pacification religieuse
quand il a dit cette parole, tant applaudie alors, et tant citée depuis, qu'avec les hommes il cherchait d'abord non ce qui divise, mais ce qui rapproche. D'ailleurs, prêtre avant tout, il ne pouvait pas ne pas mettre l'Église au-dessus d'un parti, si honorable et cher qu'il fût, La profonde horreur que lui avait inspirée la révolution de 18c0, avait donc peu à peu fait place à des dispositions plus pacifiques envers les hommes du nouveau régime; sans abdiquer ses préférences, il avait cessé d'être hostile. La majorité du clergé en était là; le Pape avait donné l'exemple. « L'Eglise, disait Grégoire XVI en 1837 à M. de Montalembert, est amie de tous les gouvernements, quelle qu'en soit la forme, pourvu qu'ils n'oppriment pas sa liberté. » Certes, les progrès de la grande bataille engagée ne pouvaient pas le laisser en arrière: et l'attitude libérale de M. de Montalembert ne pouvait plus l'effrayer. Non encore mêlé aux combattants, attendant, plein de réserve, le moment de combattre à son tour, il tressaillait au bruit de la lutte, dont il suivait avec un intérêt passionné toutes les phases, et, vrai homme de guerre par nature, <, plein de feu, de résolution et de coup d'oeil1 », avant même de descendre dans la lice, il comprit à merveille la tactique qui convenait. Simple prêtre, sans prééminence hiérarchique, il n'avait pas encore écrit, et par son activité, son autorité personnelle, nécessaire à tous, consulté de tous, il était un de ceux qui menaient la campagne. A partir de 18i2, où l'on voit recommencer sa correspondance avec M. de Montalembert, celui-ci n'aura pas d'allié ni d'ami plus précieux.
Un autre nom est ici inséparable du sien : le nom du P. de Ravignan. Entre ces deux prêtres éminents, l'entente avait toujours été parfaite et l'amitié sans nuage. Nous avons dit l'admiration de l'abbé Dupanloup pour le jeune magistrat qu'il avait vu à Issy déposer sa toge, et recevoir avec lui-même, de leur commun père et ami, M=r Frayssinous, une première bénédiction. En se ren-