‹ Vie de mgr. Dupanloup (volume 2)Chapitre 190 sur 326 · Délail à nous donné par M. de Rotz lui-même · texte numérisé non relu

Délail à nous donné par M. de Rotz lui-même

était désolé : «Où en sommes-nous donc, Monsieur l'abbé et vénérable ami, écrivait-il le 2 octobre 1844 à l'abbé Dupanloup, permettez-moi de vous le demander, et consolez-moi, si vous pouvez, de cette déroute générale qni entraîne l'Episcopat et les fidèles depuis le rapport de M. Thiers: mais surtout donnez-moi des nouvelles de la réponse que vous préparez à ce fils de Voltaire. Je serais désolé que vous y ayez renonce; il importe absolument de ne pas permettre à cette œuvre de sophisme et de mensonge d'opprimer plus longtemps l'intelligence et la conscience du pays. »

A cette lettre l'abbé Dupanloup fit la réponse suivante :

t 6 octobre 1844. Je partage vos gémissements, vos inquiétudes : le découragement est universel; de récents voyages m'en ont encore convaincu ; mais je crois fermement qu'il ne doit pas être avoué :cet aveu le constaterait, le légitimerait. Ni l'Univers, ni vous, ni moi, ni personne ayant une autorité quelconque en cette affaire, ne doit avouer ce découragement ; ce serait presque lui donner l'existence : ce serait, si vous me permettez l'expression, lui donner le jour. Il n'ose pas s'avouer publiquement ; il est même timide à s'avouer en particulier; n'en faisons pas un fait certain, avoué, universel, incurable.

» Il n'est pas incurable ; je n'ai pas la prétention de le guérir ; mais je vous avoue que j'y travaille de toutes mes forces dans ma réfutation de M. Thiers. Je crois qu'on n'y peut travailler qu'indirectement ; autrement on proclame soi-même le sauve-qui-peut, et il y a déroute.

» J'ai été, je suis même encore souffrant ; je travaille peu, mais il faudra que je sois anéanti pour ne pas répondre à ce misérable rapport. Je ne puis exprimer la profonde indignation qu'il m'inspire. J'ai déjà fait beaucoup, mais cela est long.

» Quelque chose de vous serait excellent ; mais pas de reproches aux catholiques ; au contraire, des espérances, des encouragements, des consolations fortes. Vous voyez que je suis toujours dans le même système. Rien de triste et d'abattu. Saint Jean Chrysostome dit avec un sens profond : Animas diabolus mœrore occidit. »

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