‹ Vie de mgr. Dupanloup (volume 2)Chapitre 219 sur 326 · II traduisait au sens accommodatice · texte numérisé non relu

II traduisait au sens accommodatice

prophète, comme celle du P. de Ravignan, mais pleine de force et de noblesse : quoique si différents, sous ce rapport comme sous tant d'autres, en ce qui est de la puissance oratoire, ces trois hommes sont égaux, et nul dans ce siècle ne peut en cela leur être préféré : pas même le P. Mac-Carthy, si majestueux, ni l'abbé Frayssinous, si correct et si digne. Quant à l'abbé Dupanloup, sa physionomie, dès qu'il apparaissait en chaire, était comme transfigurée et rayonnante : singulièrement mobile et expressive, toutes les émotions de son âme y passaient et repassaient: ses yeux, d'ordinaire pleins' de douceur, brillaient et lançaient des éclairs; sa voix claire, vibrante, sympathique, exprimait, avec une souplesse et une variété merveilleuses d'intonation, toutes les nuances de la pensée et du sentiment: le geste, ample et magnifique, était d'une autorité souveraine. Assis d'abord, et dans les moments calmes, non en face de l'auditoire, mais un peu de côté, le bras gauche ramené sur le bord de la chaire, quand tout à coup il se levait, il était superbe ; quelquefois peut-être un peu trop véhén ent: il eut à s'observer sous ce rapport ; et c'est ce que lui disait avec justesse et franchise un des hommes qui alors l'admirait et l'aimait le plus, M. le baron de Fréville1; car pour la prédication, comme pour toutes choses, il aimait et recherchait les conseils; c'était même une de ses résolutions formelles : (( consulter de modo prœdicandi ». Mais il avait fini par ramener le geste, même dans les moments les plus inspirés, à une mesure harmonieuse.

Improvisait-il en chaire? Pas habituellement, du moins dans les grands discours; cependant, afin de donner place aux soudainetés de la parole, ses sermons, pas plus que ses cours, n'étaient entièrement écrits, et nous restent la plupart à l'état de notes, très développées, mais inachevées; ses accablements incessants ne lui ont jamais permis d'y mettre la dernière main. Nous ne pouvons pas n'en point placer quelques fragments sous les yeux du lecteur. Nous choisirons trois extraits, empruntés à trois

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