‹ Vie de mgr. Dupanloup (volume 2)Chapitre 25 sur 326 · CHAPITRE IL · texte numérisé non relu

CHAPITRE IL

les plus constantes et les plus douces de sa vie, Plus tard, à Issy, à Saint-Sulpice, quand il avait besoin de repos, c'était là qu'on l'envoyait : « Il était reconnu que Courcelies était son infirmerie1 ». Mme de Borie était pour lui une seconde mère.

Laissons-lui raconter « les délices de Courcelles ; ces jeux, ces parties de campagne, dès quatre heures du matin ; ces courses à Sagy, à Courdimanche, à Poissy, à Montgeron, à Puiseux surtout, à Vaux, sur l'Oise, à Pontoise : nous étions toujours en mouvement; il n'y eut jamais rien de pareil : ces découvertes de pays nouveaux avaient pour moi un charme extraordinaire ; mon horizon s'étendait... La rivière, la belle pièce d'eau, nous étaient d'un très grand agrément... Nous faisions des promenades en bateau sur la Yione, vers Poissy, au soleil couchant. Mais rien n'égalait pour moi les frais et solitaires ombrages du parc, ses allées touffues... Je faisais des vers latins sur tout cela. Je chantais Antoine l'aveugle, nos courses en bateau, Adolphe de Borie : dulcissime Adolphe. Au fond, quel innocence ! A cet âge ! Pas une pensée ! pas une ombre !... Je l'admire profondément à la réflexion, et j'en bénis Dieu. »

Au milieu de ces vifs divertissements, il y avait deux choses qu'il n'oubliait pas : le travail et ses exercices de piété. Cardes lors il était d'une fidélité inflexible à son règlement, celui qu'on lui avait tracé au séminaire pour les vacances ; et rien ne l'en pouvait détourner, « II est terrible avec son règlement, » disaient quelquefois ses jeunes amis; mais eux-mêmes devaient s'y plier pour jouir de leur condisciple. « Je travaillais, a-t-il écrit, six heures par jour régulièrement, trois heures le matin et trois heures le soir. Je faisais le matin quelques petites promenades solitaires par derrière l'église ; je lisais pour ma méditation les sermons de Bossuet, que j'avais eus en prix ; quand j'apercevais à travers les arbres le clocher, je disais: « Notre Seigneur est là ! » J'éprouvais une douce joie à cette pensée. »

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