‹ Vie de mgr. Dupanloup (volume 2)Chapitre 267 sur 326 · Séance du 4 juillet · texte numérisé non relu

Séance du 4 juillet

» Pour moi, Très Saint-Père, sans entrer prématurément dans de si graves intérêts, je n'ai, en ce moment, à cœur qu'un désir, celui de pénétrer Votre Sainteté de la conviction de mon plus filial, de mon plus inaltérable dévouement.

» La France tressaillera d'allégresse lorsque le pied du Saint-Père touchera son sol, et, si la position que j'occupe actuellement permet que je sois le premier à le recevoir, veuille Votre Sainteté croire que je serai le premier surtout par l'inexprimable émotion de mon âme.

» Veuille le Très Saint-Père agréer d'avance l'hommage de ces sentiments si profondément sincères, et avec lesquels je suis et demeurerai toujours, de Sa Sainteté » Le très humble serviteur et fils,

» Alfred de Falloux. »

Mais au milieu de quelles luttes, en dépit de quelles passions soulevées, s'accompliront ces deux grandes choses ! Nous ne rappellerons ici qu'un souvenir, celui des dernières séances de la Constituante, des dernières convulsions, si nous pouvons ainsi dire, de cette Assemblée expirante. Ce n'était rien de moins que des menaces de guerre civile qui grondaient sur la Montagne à la séance du 24 mai 1849 : dernière éruption de ce volcan, avant de se refermer. C'est dans le mémorable discours qu'il prononça alors, que M. de Falloux laissa tomber ce mot qui mérite de rester historique, contre les hommes d'anarchie, ces hommes, dit-il, « qui ne sont capables de rien et qui sont capables de tout ». Après cette séance où, selon la comparaison d'un journal démocratique du temps1, M. de Falloux avait été semblable à un guerrier luttant seul contre des assaillants, à la tête d'un pont, M. de Montalembert, noblement ravi de ce triomphe de son ami, écrivit à l'abbé Dupanloup : « Le succès incomparable, et encore plus mérité que complet de cet admirable Falloux, vous aura rempli de joie. Quant à moi, c'est le seul jour de joie que j'aie eu depuis mon en-

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