‹ Vie de mgr. Dupanloup (volume 2)Chapitre 272 sur 326 · La Souveraineté pontificale, chap. xn · texte numérisé non relu

La Souveraineté pontificale, chap. xn

Ce fut au milieu de ces luttes terribles, le 18 juin, que M. de Falloux déposa sur la tribune le projet de loi que la Commission nommée par lui avait élaboré pendant quatre mois. Mais poursuivons.

Tout n'était pas fini. Nous étions à Rome : qu'y ferionsnous? A quelles conditions y ramènerions-nous Pie IX? Des conditions, le Président crut devoir en prescrire à Pie IX, dans sa trop célèbre lettre du 18 août, au colonel Edgar Ney. Après l'insertion inattendue de cette lettre au Moniteur} du 7 septembre, en désaccord avec le Président sur un point si grave, M. de Falloux n'hésita pas à remettre sa démission, et il ne consentit à la reprendre, sur les instances du Président et de ses collègues, qu'après avoir obtenu du prince une note qui, insérée le 10 au Moniteur, dégageait complètement la responsabilité du ministère. Pie IX, dans un Motu proprio du 14 septembre, exposa lui-même la somme de libertés qu'il entendait donner à ses sujets. Cet acte souverain fut discuté à la tribune française.

Un débat solennel s'ouvrit dès la rentrée de la Chambre, au mois d'octobre 1849. Vne Commission avait été nommée pour examiner la demande des crédits nécessités par l'expédition de Piome; M. Thiers en lui le rapporteur. Etonnant retour des choses d'ici-bas î On vit l'auteur des interpellations de 1845 écrire ce mémorable rapport, chef-d'œuvre de netteté, de raison calme, de bon sens, de logique, de haute et sage politique, qui demeurera, comme l'a dit avec raison M. de Montalembert, l'honneur de sa vie :

« Toutes les raisons politiques, morales, religieuses, disait-il, devaient porter la France à intervenir à Piome. Elle y a envoyé une armée. La faction qui a dirigé depuis deux ans les événements de l'Italie, au lieu de prendre la France pour arbitre, lui a violemment résisté. Nos soldats, toujours dignes d'eux-mêmes, ont emporté tous les obstacles, comme ils le faisaient jadis à Lodi et à Arcole, et n'aurions-nr.us obtenu de notre expédition que cette nouvelle manifestation des vertus guerrières de notre armée, nous ne devrions pas avoir de regret, car, pour

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