CHAPITRE XXIII
réuni dans l'Assemblée la majorité nécessaire à son adoption1. »
Nous avons déjà dit avec quelle netteté et quelle rapidité M. de Falloux, dès son entrée au ministère, marcha au but, en nommant, dès le 4 janvier 1849, sa Commission. La pensée qui avait dominé dans la constitution de cette Commission ressortait d'elle-même des noms qui la composaient. C'était une pensée de conciliation et de pacification; la pensée même que l'abbé Dupanloup défendait avec tant d'éclat, à savoir que, après de si longues querelles, en face du commun péril de la société et de l'Eglise, il était temps de s'entendre et de travailler de concert au salut du pays. M. de Falloux a fait remarquer lui-même - comment l'Université, les partisans de ia liberté d'enseignement et l'Etat, étaient représentés dans cette Commission : l'Université, par MM. Cousin, Saint- Marc-Girardin, Dubois (ancien fondateur du Globe), Poulain de Bossay, Bellaguet, Michel; les catholiques partisans de la liberté d'enseignement, par MM. de Montalembert, de Melun, Laurentie, Henry de Riancey, Roux-Lavergne, de Monlreuil, Augustin Cochin, l'abbé Sibour 3, l'abbé Dupanloup; l'Assemblée, l'Etat, pour tenir, en cas de contlit, la balance entre les prétentions diverses, par MM. Thiers, Freslon, de Corcelles, le pasteur Cuvier, Eugène Janvier, Peupin, Fresneau, Bûchez et Corne. Ces deux derniers, après quelque hésitation, donnèrent leur démission, et ne furent pas remplacés4.
On le voit, toutes les opinions, toutes les tendances les plus diverses se rencontraient en la personne de ces hommes, tous combattants des anciennes luttes, mais
1. M. H. de Lacombe, les Débats de la Commission de 1849, p. 8.