‹ Vie de mgr. Dupanloup (volume 2)Chapitre 279 sur 326 · UEvèque d'Orléans, par M. de Falloux, p · texte numérisé non relu

UEvèque d'Orléans, par M. de Falloux, p

La première vérité proclamée par cette Commission, et dont il faut lui faire honneur, c'est la nécessité sociale de la religion, et ta part indispensable qu'elle doit avoir dans l'enseignement de la jeunesse. Nul sur ce point ne fut plus explicite que M. Thiers, et voici comment il motivait son retour sur ce point à des idées meilleures : « Oh! je comprends que quand il fait beau, quand l'air est calme et la mer tranquille, on sommeille volontiers, surtout si le capitaine est éprouvé et l'équipage soumis. Mais malheur à qui dort quand la mer est houleuse, la tempête déchaînée, car la perte devient imminente. Nous y sommes, sur cette mer agitée, depuis trente ans. Imprudents que nous étions! nous avons dormi, et voilà que les vents se sont élevés «bien violents et que nous avons failli sombrer dans la tempête. A l'œuvre donc résolument; plus d'illusions en présence de dangers trop réels, car les conséquences en sont déjà bien terribles. Hélas ! ce n'est qu'en échouant que nous nous sommes sauvés du naufrage complet * ! »

M. Cousin ne tenait pas un autre langage : « Dans l'instruction primaire, disait-il, nulle appréhension. Que le curésurvei Ile toutes les parties de l'instruction et non pas seulement Je développement du catéchisme, car en apprenant à lire on peut donner aux enfants de mauvaises doctrines. Si l'on pense, en effet, qu'il n'y a pas de véritable et solide instruction primaire si elle n'est basée sur la religion, comme d'un autre côté il n'y a pas de religion sans clergé, ne l'emprisonnons donc pas dans les murs du temple, appelons son intervention au dehors, et donnons-lui sans aucune crainte une action forte dans l'enseignement primaire -. »

En conséquence de cet unanime sentiment, pour ce qui est de l'enseignement primaire, la Commission se trouva d'accord a demander que la religion fùl placée à sa base. On ne concevait pas alors qu'un peuple civilisé put, ou bannir de ses écoles la morale, ou la séparer de l'idée religieuse. M. Thiers allait plus loin, il eût voulu que l'on

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